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- DROITS D'AUTEUR


Yaoundé : Une marche interrompue par la police

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Yaoundé : Une marche interrompue par la police
11/09/2008 - Lu 1587 fois
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Des artistes ont été interpellés hier alors qu'ils revendiquaient le reversement de leurs droits.
Patricia Ngo Ngouem




Ils comptaient se rendre jusqu'à "l'immeuble Etoile" exposer leurs revendications au Premier ministre. C'est finalement au niveau du marché Central de Yaoundé que leur marche de "protestation" s'est achevée. Entonnant l'hymne "Paul Biya, notre président" et armés de pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Pourquoi tuer l'artiste et sa progéniture?", "Combien, sont morts de misère ? Sauvez-nous !" ou "Pouvoirs publics : sauvez-nous des pirates", le groupe de manifestants - une vingtaine au total - conduit par l'artiste Dieu Ngolfe, a été interpellé par quelques gendarmes et plusieurs éléments de police du commissariat central N°1, parmi lesquels se trouvait le commissaire central en personne. Ce dernier exigeant que lui soit remis le document attestant de la légalité de leur manifestation.

"Notre marche est tout à fait légale puisque nous avons adressé une demande au sous-préfet de Yaoundé 1er", avance Dieu Ngolfe en remettant un papier de format A4 au commissaire de police. Bien que ledit document soit estampillé "Déclaration de manifestation", la décision du commissaire est sans appel : "Tout le monde au poste", lance-t-il à ses éléments. C'est ainsi que Dieu Ngolfe, qui se présente comme le président du Collectif des syndicats et associations des artistes camerounais et "Kadjero", un autre artiste, sont embarqués à l'arrière d'un pick-up de la police, leurs pancartes ayant été confisquées. Les autres manifestants escortés par des policiers, étant sommés de se rendre à pied jusqu'au commissariat. C'est convaincus de la "légalité" de leur action que les artistes ont obtempéré sans opposer une résistance quelconque.

Ignorants que cette "marche" enverra certains d'entre eux derrière les verrous. "Après nous avoir entendus sur procès verbal, le commissaire central a considéré que notre marche était un trouble à l'ordre public", a déclaré Dieu Ngolfe, joint au téléphone hier en début de soirée, soutenant mordicus que ses compagnons et lui avaient reçu " une déclaration de marche". "Ils nous ont présenté une déclaration de manifestation publique adressée au sous-préfet et qui ne leur avait même pas été accordée. Donc, leur marche était illégale", a rétorqué un officier au commissariat central, refusant de décliner son identité. "Nous avions décidé d'organiser une marche pacifique pour exiger que nous soient reversés nos droits afin que nous aussi, nous puissions envoyer nos enfants à l'école", a déclaré le producteur Onambele Lekina, dénonçant l'attitude de la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna.

"Elle a retiré l'agrément de la Cmc pour le donner à la Socam qui n'a aucun répertoire. Elle a bloqué les comptes de la Cmc et maintenant, nous n'avons rien. C'est pour cela que nous marchons". Cette marche, ayant conduit à la garde-à-vue de dix manifestants, a eu lieu peu de temps avant le retour du chef de l'Etat de son séjour privé en France. Doit-on y voir là une coïncidence avec l'arrestation de ces artistes, surtout qu'au commissariat central, on estime que ceux-ci "ont emprunté l'itinéraire du président". En attendant de voir un lien entre les deux événements, ceux-ci seront déférés aujourd'hui devant le parquet.