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Les vrais ambassadeurs itinérants du Cameroun sont nos artistes-musiciens!

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Les vrais ambassadeurs itinérants du Cameroun sont nos artistes-musiciens!
28/12/2013 - Lu 3245 fois
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S’il existe un corps professionnel dans notre pays qui a su se distinguer par son sérieux et son professionnalisme depuis de nombreuses années (de la période pré-indépendante à nos jours) et ce malgré les difficultés que rencontre la profession au quotidien, il s’agit bien des artistes-musiciens Camerounais.

 

 
Qui ne se rappelle pas de Nelle Eyoum, Anne-Marie Nzie, Talla André Marie, Jean Bikoko Aladin, Francis Bebey, Eko Roosevelt, le Grand Manu, Ekambi Brillant, Dina Bell ? Qui ne s’est pas trémoussé sur les belles mélodies de Nkodo Sitony, Ben Decca, Henri Dikongue, Henry Njoh ou Blick Bassy?
 
La musique est une œuvre de l’esprit et son expression artistique s’adresse aux sens, aux émotions et à l’intellect. Ceux qui par maladresse ou méconnaissance méprisent les artistes-musiciens sont à plaindre car il leur serait tout simplement honnête d’admettre leur illettrisme musical face au mécanisme de composition d’une œuvre artistique réussie telle que «Epoupa » de Dina Bell ou « Massoma » d’Ekambi Brillant.
 
Les camerounais qui considèrent les musiciens comme des voyous ou des ratés de la République sont tout simplement des irresponsables ou à la limite des personnes à plaindre. Peu de camerounais sont en mesure d’atteindre un tel degré d’excellence dans la composition d’une œuvre telle que celle d’Ekambi Brillant dans leur corps de métier sur le triangle national ou à l’échelle internationale.
 
Les artistes camerounais sont pour la grande majorité des génies et devraient mériter le respect de tous, ou tout au mieux, être glorifiés comme l’ont été Roger Milla hier et Samuel Eto’o aujourd’hui.
 
A ce jour, c’est avec un certain malaise que nous suivons ce triste feuilleton entre la Ministre des Arts et de la Culture (Minac) et  Prince Ndedi Eyango. La Minac a adressé, le 13 décembre 2013, une mise en demeure et une demande d’explication sur la double nationalité dont est soupçonné Prince Ndedi Eyango, artiste musicien et Président du conseil d’administration (Pca), nouvellement élu, de la Société camerounaise de l’art musical (Socam).
 
L’histoire retient que l’artiste camerounais Prince Ndedi Eyango décida de changer d’air aux États-Unis en 1993, las de nous faire vivre de fortes émotions au travers de chansons venues d’ailleurs comme « You Must Calculate ». C’est pendant ce bref séjour américain qu’il décide de prendre des « papiers administratifs américains» afin de lui faciliter ses différents mouvements dans son pays d’accueil.
 
De retour au Cameroun, Ndedi Eyango décide de se lancer dans la gestion des affaires publiques, avec en ligne de mire la gestion du droit d’auteur. Une fois élu, le Pca est ainsi sommé de s’expliquer sur sa citoyenneté américaine incompatible, selon les textes de la Socam, avec la fonction qu’il s’apprêtait à occuper au sein de cette administration.
 
Quelle démence cette histoire ! Car que valent « des documents administratifs américains »  face aux innombrables œuvres de l’esprit produits par le Prince des montagnes de Nkongsamba et protégées par le droit d’auteur au Cameroun ?
 
La Minac a la chance de démarrer un tel litige après le verdict de la Fédération internationale de football association (Fifa) car sa lettre aurait été un argument conséquent pour la Tunisie qui contestait avec acharnement la qualification des lions à la coupe du monde et le Cameroun n’irait certainement pas au Brésil en juin prochain.
 
Autant l’affaire «  SOCAM » entre la Ministre Ama Tutu Muna et Prince Ndedi Eyango sur la double nationalité de ce dernier est absurde, autant le Cameroun et la Fifa ont su ridiculiser récemment la Tunisie par rapport à leur requête sur une supposée nationalité allemande de Joël Job Matip et Eric Maxim Choupo-Moting, deux joueurs de l’équipe nationale de football
 
De cette observation,  ce qui semble intéressant à souligner afin de relever l’incongruité de Tutu Muna, c’est la réponse de Sidiki Tombi à Roko, le Secrétaire général du Comité de normalisation de la Fécafoot. Dans un volumineux dossier envoyé a la Fifa le 25 octobre 2013, Sidiki Tombi à Roko écrit qu’il est important de relever qu’un Camerounais d’origine ne peut être déchu de la nationalité camerounaise au sens de l’article 34 de la loi N° 68/LF/3 du 11 juin 1968.
 
Cet article dispose que « l’étranger qui a acquis la nationalité camerounaise peut, par décret, être déchu de cette qualité ». Tel n’est pas le cas pour ces deux joueurs qui sont camerounais dès leur naissance. Sur la perte de la nationalité camerounaise : « compte tenu du fait que le gouvernement camerounais, qui agit par décret en matière d’acquisition ou de perte de nationalité, ne leur a pas retiré à ce jour les passeports camerounais qui leurs ont été délivrés et les considère toujours comme des Camerounais à part entière.
 
De fait, nous souhaitons que la Ministre publie, si possible, le décret qui a déchu Prince Ndedi Eyango de sa nationalité camerounaise. En l’absence d’un tel document, il serait préférable d’éviter d’ouvrir la boîte de Pandore greffée à la double nationalité dans notre pays. On se devrait plutôt d’apprécier un Monsieur comme Prince Ndedi Eyango, « meilleur artiste camerounais de l’année 1987 » selon le Ministre de la Culture de l’époque, de s’intéresser à la gestion de la musique dans notre pays. Il a été un génie avec ses « Montagnards » et il a su lancer, avec Preya Music, les jeunes qui font notre fierté aujourd’hui dans le domaine musical à l’instar de Longue Longue ou Jacky Kingue.
 
Les musiciens camerounais sont nos véritables ambassadeurs itinérants…comme Milla ou Eto’o. Ils sont d’ailleurs plus itinérants que nos footballeurs car leurs musiques « voyagent » plus que notre football.
 
Ne tuons pas le génie camerounais, ne tuons pas nos idoles, permettons à nos jeunes de continuer à rêver ……
 
Bonne année 2014 à tous les artistes camerounais !

Dr. Alain NKOYOCK
http://nkoyock.net