Camerfeeling
Camerfeeling lance sa première radio 100% culture. News and Culture from Cameroon.
M.

MUSIQUE


M. LUDOVIC GEORGES NJOH MBOULE

Vous êtes ici >> Accueil/Les Dossiers/MUSIQUE /M. LUDOVIC GEORGES NJOH MBOULE
M.
M. LUDOVIC GEORGES NJOH MBOULE
26/10/2015 - Lu 384 fois
  • Note moyenne : 4.00/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Note moyenne : 4.0/5 (4 notes)

Joe. Le frêle et doucereux bambin. C’est un garçon de l’an de grâce 1953. Une année parmi celles du début des années 50, charnière pour le mouvement syndical, une de ses passions et son engagement d’adulte et la lutte pour l’indépendance.

 

 

C’est l’année où Stéphane Prévitali, l’auteur de Je me souviens de Ruben, témoignage sur le combat du héros camerounais, ingénieur français, débarque au Cameroun.

Il découvre à Douala où grandit le petit Joe, ville arc-en-ciel, croisement de couleurs et textures des cultures du Cameroun, le frémissement d’un mouvement musical. Avec des registres du cru. Celle qui sortent de l’humus des terres côtières ; l’ambass-bey, le bolobo, l’essewe.

Ville portuaire aussi, réceptacle des influences et innovations venus d’ailleurs. Les instruments électro-acoustiques, guitares, claviers suscitent des vocations. Le mérengue de Saint-Domingue bruisse dans les faubourgs et les bars. Il y côtoie les effluves de High life du Ghana, de la rumba congolaise et de la sala cubaine.

Normal, des virtuoses en puissance, musiciens vibrants et danseurs intrépides, s’étaient déjà aventuré aux confins des fleuves et des mers pour transmettre leur art. On les appelle alors les Douala-men, au Congo et en Centrafrique. Ils sont des exemples et des modèles. Ils seront ceux qui inspireront cet inusable doigté des instrumentistes, marque de fabrique des musiciens camerounais.

Cet esprit du large, ces infusions, seront le levain du makossa. Rythme composite, qui sédimente plusieurs styles et influences. Produit de la côte maritime du Cameroun, fils d’une escadrille de musiciens de grand talent, dont Nelle Eyoum, le père reconnu, qui s'est répandu dès les années 70 à toute l'Afrique et dans le monde.

Joe Mboule, de son vrai nom Njoh Mboule Ludovic Georges, décédé le 11 octobre 2015 à Douala, Cameroun, avec une délectation d’aficionados et une rigueur de jésuite.

Il en était l’une des figures, au cours de quatre décennies d’une carrière, ponctuée par des collaborations avec des artistes musiciens prestigieux tant africains, qu’européens parmi lesquels, le saxophoniste Nicolat Gueret, Toto Guillaume, Penda Dallé, Ndédi Dibango,Charles Lembè, Ebeny Donald Wesley, Aladji Touré, Ndédi Eyango, Conti Bilong,Philippe Guez, Alex Perdigon, Denis Hekimian, Jojo Kuo, Moustick Ambassa, Jacques Bessot, Claude Vamur et Jean-Claude Naimro du groupe Kassav et bien d’autres.

Comment résister à un si pressant appel de l’hommage, su salut à un tel passionné, homme de talent et d’initiatives ? J’ai choisi de lui consacrer une partie de cette journée.

Abdelaziz Moundé

adelaziz mounde | chronique | edito | joe mboule | makossa | cameroun