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Etienne Mbappè

18/02/2010 - Lu 2502 fois
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Note moyenne : 1.8/5 (13 notes)

Etienne Mbappè : A cœur ouvert


 A cœur ouvert avec Etienne Mbappè, bassiste camerounais.
Propos recueillis par Marthe BASSOMO BIKOE



Etienne Mbappè, bassiste camerounais de renommée internationale, évolue en France depuis 1978. Comme d’autres virtuoses de cet instrument, sa technique et son rythme ont conquis bien des publics. On lui doit notamment un genre unique, qui transcende les frontières entre les musiques africaines, le jazz, le rock. Etienne Mbappè est aussi chanteur, auteur compositeur. Pendant des années, il a évolué dans le groupe Zawinul Syndicate. Autre corde à son arc, une expérience avec Salif Keita et l’orchestre national Français de Jazz sous la direction d’Antoine Hervé… Avec son premier album, « Misiya », Etienne Mbappè s’est révélé enfin comme un chantre de l’amour, de l’amitié, et de bien d’autres valeurs… Suffisant pour qu’on veuille en savoir un peu plus sur lui, sa carrière et ses perspectives. Entretien sans fausse note.













 En quelques mots, qui est Etienne Mbappè ?

Je suis un jeune musicien (rires), né en février 1964 à Douala. J’ai grandi à Douala et j’ai fait mes études à l’école St Jean Bosco et au collège Libermann. Ma mère exerçait le métier d’assistante sociale et mon père celui de comptable. Je suis resté à Douala jusqu’à l’âge de 14 ans et je suis parti en France en 1978, pour des raisons familiales. Mon père, contraint de vivre en France pour des raisons de santé, a réuni sa famille autour de lui.



Comment est organisée votre vie ?

Elle est organisée autour de mon métier et de ma famille. Ma famille est essentielle à mon équilibre. Chaque fois que je suis à Paris, entre deux tournées, je me rends disponible et j’essaie d’être un bon père et un bon mari.



Comment avez-vous été initié à la musique ?

Un de mes frères aînés a reçu une guitare pour un Noël. C’est lui qui m’a appris mes premiers accords. La guitare a fait le tour du quartier. Lui-même apprenait ses premiers accords des aînés du quartier qui se produisaient dans les cabarets. J’habitais entre les quartiers Akwa et Bali, à Douala.



Quelle est votre histoire avec Manu Dibango ?

C’est une histoire ancienne. J’aime Manu Dibango depuis très longtemps. Et sa musique aussi. Je trouvais qu’elle était différente de la musique traditionnelle camerounaise que je connaissais, de tous les rythmes traditionnels qui sont les bases de nos musiques modernes. Manu sortait du lot avec des morceaux arrangés avec des touches « jazzy », des choses que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre. Mélomane, apprenti musicien, j’étais déjà très attiré par ses sonorités originales, ses arrangements de cuivre, sa rythmique, etc. Je l’ai rencontré à Paris, au milieu des années 80. Manu avait entendu parler de moi et un jour il m’a convoqué en studio pour enregistrer une série d’albums appelée « Negropolitaine ». C’était notre premier contact. A l’époque, je jouais avec Salif Keita, Touré Kounda, groupes africains à la mode. Nous sommes restés très proches. Il adorait le groupe dont je faisais partie « Ultramarine ». Chaque fois que l’on jouait à Paris, il était là et ça me faisait chaud au cœur de le voir venir écouter les jeunes que nous étions. Nous tous étions fans de lui. Je suis très honoré d’avoir participé à l’hommage national qui lui a été rendu.



Parlons de votre discographie.

Mon premier album solo s’intitule « Misiya », qui signifie en langue Douala « des cris ». Je suis venu le défendre dans le cadre de « Jazz sans frontières » à Yaoundé et à Douala en 2005. La sortie de mon prochain disque est programmée pour mars. J’ai prévu de le présenter au Cameroun, avant même sa sortie internationale officielle. Par ailleurs, j’ai eu la chance de participer à de nombreux albums et d’accompagner beaucoup d’artistes sur scène, dans des genres musicaux très différents.



Un mot sur la culture camerounaise…

Le Cameroun bouillonne de créateurs et de talents dans les domaines de l’art. J’ai rencontré des artistes plasticiens et des peintres camerounais lors d’une exposition au centre Doual’Art à Bonanjo, tels que Hervé Nganguem et Joël Mpah Dooh. La culture est présente partout, dans nos chants, nos danses, nos traditions, même culinaires. C’est à nous d’aller la chercher. J’ai eu le privilège de rencontrer Mme le ministre de la Culture et nous comptons beaucoup sur elle.



Votre point de vue sur la piraterie ?

C’est un phénomène regrettable qui pénalise les artistes et au final la créativité artistique. Il est par ailleurs certain que le coût d’un disque est très élevé, inaccessible pour un revenu moyen. Tout cela ne favorise pas la diffusion de la musique dans de bonnes conditions, tant pour les artistes que pour le public.



Vos perspectives ?

C’est faire vivre mon groupe « Su la Take » (« la fin de la souffrance »), porter ma musique dans le monde entier. Bonne et heureuse année 2008 à chacun, puissent nos souffrances être allégées. « Su la Take » pour tous.

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