Camerfeeling
Camerfeeling lance sa première radio 100% culture. News and Culture from Cameroon.

- SOCIETE


Info

Jean Crépin Nyamsi : MON POINT DE VUE

17/11/2015 - Lu fois
  • Note moyenne : 3.33/5
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Note moyenne : 3.3/5 (9 notes)

 

Chacun d'entre nous a resenti un jour ce malaise : être au milieu du gué, ne plus savoir s'il faut reculer ou avancer, attendre qu'une main amie vous fasse signe.

Les arguments en faveur de cette thèse sont nombreux, à commencer par le plus évident : le monde dans lequel nous vivons ne permet plus d'échapper à l'actualité et, par conséquent, les médias africains, les intellectuels africains et le peuple africain doivent se saisir de ce quotidien pour apprendre de leurs erreurs. Mais, d'autres arguments, tout aussi forts, peuvent aussi faire douter : pourquoi, par exemple, imposer au tiers-mondiste les images et les discours sur la folie du monde riche ?

Le doute s'installe alors. On est au milieu du gué. On a besoin d'un guide, d'une main tendue.
C'est dans ces moments, les yeux pleins de larmes, que je lis et relis les messages des africains dans les réseaux sociaux qui témoignent admirablement du désir de comprendre le monde parfait des autres « démocratie mondiale et maîtres du monde ».

Les événements du 13 novembre 2015 survenus à Paris alimentent les réseaux sociaux au point ou les ressortissants de mon continent « l'Afrique » oublient une chose : la nullité de leur pauvre argument patriotique se manifeste par la puissance médiatique internationale aveuglant leur regard doctriné d'un autre lavage de cerveau, de pauvreté et de misère d'un continent oublié dans les moments sombres et malheureux comme ce que la France vient de vivre.

Les nouvelles technologies nous font entrevoir d'autres manières de penser et d'apprendre de nos erreurs, Mais elles engendrent égalment la confusion, voire la peur ; trop, elles ne constituent qu'une façade.

Entre les anciennes méthodes et les nouvelles s'est creusé un fossé dans lequel les africains tombent tous les jours. Le monde change de plus en plus vite, mais le système, lui, évolue très lentement et rarement dans la bonne direction ; chaque jour, durant chaque heure, le décalage entre ce qu'on donne aux africains et ce qu'ils ont besoin d'apprendre s'accentue.

C'est facile à dire, bien sûr. Tout les africains parlent des événements malheureux de nos jours en France et attendent la réciprocité dans leur pays. Les hommes politiques, les médias, les intellectuels... mentionnent le sujet dans chacun de leurs discours. Comme en religion, il existe dans ce cas des avis catégoriques, rarement étayés par les faits.

Je me pose alors des questions :

Devrait-on donner plus d'importance à tous les sujets, et comment ? Fait-on trop de polémique sur ce qui vient de se passer en France ? Est-ce que les médias nationaux et internationaux évaluent des acquis ou simplement une capacité à comprendre le problème des africains ? Récompense-t-on l'initiative, la compréhension et l'originalité ou perpétuons-nous une tradition vide de sens ?
Vrai, les africains s'inquiètent aussi pour eux. Comment entretenir notre cerveau pour qu'il ne devienne pas paresseux ?

Beaucoup de gens oublient le fondement des sociétés africaines grilladées par leurs dictateurs au service des impérialistes. Ils se concentrent sur la façon, les médias occidentaux et le monde entier s'emparent des événements malheureux de la France. Ils attendent le même traitement et comme le même traitement ne pourra jamais venir, ils versent leur venin sur le patriotisme des français.
Toutefois, si l'alarmisme n'est pas de mise, la complaisance ne l'est pas davantage. Les Africains ne sont pas génétiquement programmés pour réussir et notre place de dernier peut encore s'affaiblir si nous ne la consolidons pas (rire) à l'aide d'individus intelligents et bien formés.

Chers Africains, soyons patriotes dans l'âme et dans les gestes. Nous n'avons pas la puissance médiatique des autres et nous n'avons pas des dirigeants charismatiques. Nous sommes nos médias et nous sommes nous mêmes ambassadeurs de l'Afrique. N'attendons pas profiter des événements malheureusx des autres pour afficher notre patriotisme. Je vais de ce point faire un pont et attaquer un pays, le Cameroun.

Venons en au fait et plaçons le débat au centre de mon point de vue. Comment pouvons nous justifier de ne pas pas bénéficier le même traitement des médias internationaux et l'appui des pays du monde? Un régard s'impose dans le pays du dictateur Biya. Pendant que le président Hollande mobilise les forces et se déplace sur les lieux, le président Camerounais mobilise les Camerounais par le biais de ses ministres et adresse un message de soutien aux militaires. Biya est le premier Camerounais et lui seul peut mobiliser les médias et manifester son patriotisme et ceci boustera le monde entier, Mais non, le dictateur se contente de vivre dans les hôtels hupés en Europe. Alors, chers Camerounais, le malheur empirique de nos problèmes ne se trouve pas en occident, mais chez nous. Pour vivre cette démocratie et pour bénécier le même traitement commençons d'abord par donner des léçons de patriotisme aux hommes qui ont le pouvoir en Afrique et on aura surement cette visibilité mondiale. Tu ne mobilise pas les gens pour te soutenir et tu attends que les gens se mobilisent pour toi ? La peur entoure les Camerounais et ils sont incapables de dire stop au dictateur Biya. Tous les pays Africains chassent les dictateurs du pouvoir. Au Cameroun, c'est un sujet non-lieu et on devient des donneurs de léçons aux autres.

Le Camerounais, seul peuple de la dispora, incapble de parler de l'incompétence de son président, se trouve toujours en première ligne entrain de parler des problèmes des autres pays. Aucune manifestattion d'envergure n'intéresse le CAMEROUNAIS DE LA DISPORA.
L'invitation à une manifestation est échouée d'avance. Le plaisir de subir la gestion dictatotiale de Biya devient une tradition normale. Tous veulent s'encarter dans le RDPC pour des raisons personnelles. Le bonheur et le changement ne sont pas à l'ordre du jour.

Je condamne avec la toute dernière énergie ce qui vient de se passer sur le sol français et les français, patriotes qu'ils sont, ont mobilisé les forces pour rendre cet événement mondial, au point ou le prefet ouf président du Benin décrète une journée de deuil national, alons y comprendre pourquoi.

En nous posant de bonnes questions, nous allons comprendre certains fondements et l'oublie de notre continent.

L'Afrique est-elle maudite ?

Dr Jean Crépin Soter Nyamsi
Enseignant Chercheur
 

Jean Crépin Nyamsi
Auteur : infos sur l'auteur | contactez l'auteur
Partager cette brève scoopeo : Partager cette brève | | facebook : Partager cette brève |
Partager les dernières brèves Netvibes : Partager les dernières brèves | iGoogle : Partager les dernières brèves | My Yahoo : Partager les dernières brèves |