Camille Nlend :« Les festivals peuvent se démarquer »
Promoteur des « Après-midi des traditions », Camille Nlend justifie la particularité du festival.
Propos recueillis par S.T. –
Du festif et de l’utilitaire pour un festival, est-ce évident ?
On essaye justement de le faire comprendre. Il y a toujours un équilibre à rechercher. Ecouter de la musique et boire une bière a un côté très ludique. Il faut quand même être conscient de ce que si nous prenons du temps pour faire la fête, à côté, il y a des gens qui ont des problèmes. C’est une espèce d’équilibre que nous recherchons. Les festivals ne doivent pas absolument s’inscrire dans une espèce de fidélité. Ça peut être un prolongement ou une démarcation. Il reste au public d’apprécier. Il me semble que nous sommes dans un mouvement où le monde évolue.
Mais ça n’a pas toujours été un long fleuve tranquille…
Il n’y a peut-être pas suffisamment de moyens. Ceux qui sont supposés les apporter, ce sont les entreprises. Or, avec la conjoncture somme toute un peu difficile que connaissent certaines d’entre elles, des événements comme le nôtre sont les premiers sanctionnés. Avec leurs difficultés, les entreprises ne vont pas tout de suite diminuer les salaires. Elles vont d’abord cesser ou réduire leur contribution de sponsor à des manifestations culturelles. Du coup, nous sommes obligés de faire avec le peu que nous avons, ce qui a un impact sur le plan organisationnel. Non pas sur le know-how mais sur le côté matériel de l’organisation. En dix ans, nous avons eu le temps de rôder une équipe.
Avez-vous l’expertise qu’il faut ?
Nous avons une structure qui constitue le noyau dur de l’organisation. Et nous externalisons beaucoup. On va chercher l’expertise ailleurs. Sur le plan de la lutte contre le paludisme, nous allons vers les Ong qui œuvrent dans ce domaine, nous allons vers des mécènes pour récolter les moustiquaires dont nous avons besoin. Mais à chaque fois, c’est la passion qui m’anime. Maintenant, pour les moyens, chacun apporte ce qu’il peut.
Anne-Marie Nzié est annoncée…
Pour nous, Anne Marie Nzié a marqué l’histoire de notre pays sur le plan musical. Etymologiquement, le mot tradition signifie transmettre. Sa présence est très importante dans le sens où elle viendra pour transmettre quelque chose aux jeunes générations. On se propose également d’avoir Rachel Tchoungui qui est une espèce d’intermédiaire entre générations.

