Sheila Sisulu : La Sud-africaine qui lutte contre la faim
La directrice adjointe du Programme alimentaire mondial vient d’achever une visite au Cameroun. –
En quittant le Cameroun lundi 11 mai, la directrice adjointe du Programme alimentaire mondial (Pam), Sheila Sisulu, n’a pas manqué auparavant, d’exprimer sa satisfaction, au terme de sa visite effectuée en terre camerounaise. Une visite de cinq jours qui a conduit cette Sud-africaine de 61 ans, dans les locaux du Premier ministère et dans quelques autres ministères où elle dit avoir eu des "échanges fructueux avec les autorités camerounaises", ainsi que chez des Organisations non gouvernementales (Ong), présentées comme les principaux donateurs du Pam. Car, comme le souligne l’ancienne ambassadrice de la "nation arc-en-ciel" à Washington aux Etats-Unis, poste qu’elle a occupé pendant deux ans, "le Pam vit essentiellement des dons de ses partenaires".
Cette tournée, qui l’a également menée dans la partie septentrionale du pays, avait pour but de remercier le gouvernement camerounais pour le soutien multiforme accordé aux actions du Pam sur son sol. Surtout que le Cameroun offre des locaux pour abriter les différents bureaux de cette agence onusienne à Yaoundé, et dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Ainsi que des magasins pour y stocker leurs vivres. Sheila Sisulu, la première femme à occuper le poste de directeur adjoint, s’est notamment distinguée dans ses actions en faveur des couches défavorisées dans son pays. Enseignante de formation – elle a été professeur dans un lycée de Soweto – cette dernière a longtemps milité contre l’Apartheid, jusqu’à l’élection de Nelson Mandela comme président. En 25 ans passés à servir son pays, elle fut conseillère spéciale du ministère de l’Education nationale et membre de la commission pour l’élaboration de la nouvelle législation intérieure du pays.
Priorité
Ella a d’abord été responsable du Pam chargée des relations avec les autres agences de l’Onu et des Ong, avant de devenir dès janvier 2008, la directrice adjointe charger d’élaborer des stratégies de lutte contre la faim, le sida et la tuberculose. "Dans de nombreux pays en voie de développement, la faim peut déterminer et modifier l’avenir. La faim a créé une situation de vulnérabilité qui augmente non seulement la transmission du Sida, mais aussi les possibilités de contracter la tuberculose. Nous avons besoin d’un consentement mondial pour éradiquer la faim", déclarait-elle en 2007 lors d’une interview. Pour cette dernière, le Cameroun, comme d’autres pays, n’a que "peu de possibilités" d’atteindre pleinement les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) tant que la faim n’aura pas été éradiquée.
"Cet objectif doit être notre priorité", ajoute-t-elle. C’est dans cette optique que le Pam a mis sur pied en 2007, de commun accord avec le Cameroun, le Plan cadre d’assistance des Nations unies (Undaf). Ce programme qui va s’étendre sur une période de cinq ans (2008-2012) met l’accent sur la sécurité alimentaire des enfants à l’école. A ce sujet, la ministre de l’Education de base, Haman Adama, a demandé au Pam, que soient créées des cantines scolaires dans la région de l’Est où le taux d’analphabétisme est l’un des plus bas du pays. Une demande que Sheila Sisulu prendra certainement en compte, elle qui souhaite "réduire de moitié, le nombre d’individus souffrant de la faim dans le monde".
Josephine Abiala

