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Jonas Embon : Le choix du  » one Woman  » show a été contesté

Le metteur en scène présente la pièce qui a été écrite avec le concours de 5 auteurs camerounais. –

Quelle est l’histoire que vous proposer à travers la pièce théâtrale Translatlantic Life dont la première a lieu la semaine dernière au Centre culturel français de Douala ?
Transatlantic Life c’est une rencontre avec l’autre, une rencontre de l’Afrique vers l’Occident. C’est une rencontre que je décris en la transposant sur le rapport de la vie d’une jeune fille qui part pour l’Europe, pour son rêve comme beaucoup d’africains qui pensent que le paradis c’est l’Europe. Malheureusement pour elle, rêve qui est vite brisée par la réalité même de son vécu en Europe. En fait, la jeune fille qui a eu son bac au Cameroun à l’âge de 18 ans est appelée en Europe par son frère. Pour toute la famille, c’est déjà la réussite sans qu’on ne sache où elle va et ce qu’elle va faire. Malencontreusement son frère qui vit en Europe est un proxénète qui va commencer à la placer et va la transformer en prostitué. A un moment donné la jeune fille va chercher des stratégies pour échapper à ces maîtres. Lorsqu’elle rentre au pays, elle croit que ce sera le soulagement, malheureusement elle se rend compte que le retour au pays n’est pas triomphal car tout le monde attend des belles toilettes, des parfums et des euros, choses qu’elle n’a pas. Elle est donc un échec coûteux pour sa famille et ses amis. Elle est rejetée par tous et elle doit se retrouver et se réinsérer dans la société.

Transatlatic Life est construit sur les textes de cinq auteurs camerounais et de six œuvres différentes. Comment avez-vous réussi à rendre ces extraits homogènes ?
Le choix de ces différents auteurs rentre dans la logique de ma recherche. Je fais une recherche depuis près de 2ans sur une transhumance de texte. Dans cette démarche là, mon choix a été orienté sur les auteurs camerounais de la diaspora qui ont marqué la littérature africaine notamment Calixte Beyala dans "Femme nue femme noire" et Léonora Miano dans "Contour du jour qui vient", qui a eu un Goncourt lycéen. A ces femmes, j’ai associé les auteurs du terroirs Hervé Yamguen et Marie claire Dati dans "Boulevard de la liberté" Dati et moi-même avec mes œuvres "Mon papa et Un rêve au soleil". Il y’a un lien entre tous ces textes. Je n’ai pas créé de fissures ou de ruptures avec ces différents extraits. J’ai écrit avec des bouts de textes une histoire cohérente qui a un début et une fin. Pour rendre ce texte homogène, j’ai trouvé des similitudes dans toutes ces œuvres qui pouvaient s’identifier à l’histoire de Transaltantic Life. C’était un travail passionnant et riche avec leurs différentes écritures, l’approche du problème, l’humour et la gravité du ton.

Pourquoi proposer une mise en scène avec Françoise Mouala comme unique actrice pour dire 5 auteurs ?
J’avoue que c’était très compliqué comme choix. Il a été d’ailleurs très contesté par les autres comédiens qui disaient que c’était un choix de style égoïste qui ne permettait à tout le monde de se retrouver sur le plateau. Je voulais faire différent pour mieux toucher et porte le message. Je voulais quelque chose de complexe et difficile pour me permettre d’exploser dans ma créativité. Travailler avec une personne m’a permis de développer le rendu d’un acteur sur une scène parce que non seulement elle joue seule mais elle va le faire sur dix plateaux fondus en un seul. Cela a été plus compliqué à réaliser à définir les espaces à créer les intrigues, les images les plus frappantes pour trouver cette mise en scène définitive qui va être présenté ce soir au Centre culturel français Blaise Cendras de Douala.

Propos recueillis par Marion Obam

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