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Nouvelle poussée xénophobe en Guinée équatoriale

Plusieurs compatriotes, comme d’autres ressortissants africains, ont encore été contraints de quitter le pays d’Obiang Nguéma. –

Le 27 mai 2009, 92 Camerounais, suivis deux jours plus tard par une autre vague de 208 autres compatriotes, ont dû partir, à leur corps défendant, de la Guinée équatoriale. Composé essentiellement de commerçants et autres débrouillards, ce contingent de 300 expulsés ont été contraints d’abandonner tout pour retourner dans leur pays, qu’ils avaient laissé, pour aller chercher fortune dans ce nouvel “ eldorado ” d’Afrique centrale. Il s’agirait de personnes en situation irrégulière. Mais officiellement, on parle de départs “ volontaires ”. “ Nous avons eu le temps d’emballer soigneusement tous nos effets. Les autorités des deux pays nous ont évité les tracasseries habituelles ”, s’est en effet réjouit Eric Bassilékin, interrogé par notre confrère La Nouvelle Expression.
Pourtant, de nombreux Camerounais, “ candidats ” à ce retour (forcé ?) au pays natal, ne l’ont pas entendu de cette oreille, qui ont choisi de disparaître dans la nature. Selon des informations relayées dans la presse, sur les 928 personnes recensées, seules 324 ont répondu présent, les 586 autres ayant choisi de ne pas se présenter au départ. Pour expliquer cette curieuse volte-face, les autorités camerounaises parlent de la conciliation des autorités guinéennes, qui n’ont pas mis en pratique les représailles annoncées. L’ultimatum du 11 mai dernier donnait en effet deux semaines aux “ étrangers ” en situation irrégulière de quitter le pays. Par ailleurs, aucune possibilité ne leur était offerte pour la régulariser, pour ceux qui en auraient eu les moyens.
Qu’est-ce qui s’est passé pour que ces Camerounais, après s’être fait recenser, ne se soient plus présentés pour le retour ? L’une des réponses évidente laisse penser qu’ils n’étaient pas d’accord pour rentrer au bercail. Pourquoi ? C’est aujourd’hui la grande question qui taraude les esprits dans certaines familles dont des membres faisaient partie des candidats au retour, mais sont aujourd’hui portés disparus. De toute évidence, il semble que malgré le discours officiel, ces Camerounais n’étaient pas si volontaires que ça de rentrer au pays.
Du coup l’opération de rapatriement apparaît aux yeux de plusieurs observateurs comme une nouvelle poussée xénophobe comme on en a connues en Guinée équatoriale depuis quelques années et dont quelques grandes dates sont revisitées ci-contre. Selon toute vraisemblance, la Guinée équatoriale veut réserver les fruits de l’exploitation de son pétrole à ses nationaux. Les Camerounais, trop ingénieux et entreprenants, n’y sont pas les bienvenus (voir article ci-dessous).
Quoi qu’il en soit, la décision des autorités équato-guinéennes, qui ne concerne pas uniquement, selon les informations du Messager, les Camerounais, vient trahir brutalement les ambitions d’intégration proclamées des pays de la sous-région. Elle intervient en effet à 7 mois d’une étape décisive de ce processus. Réunis à Douala il y a quelques jours, les ministres en charge de cette question ont décidé de la mise en circulation dès janvier 2010, du passeport Cémac. D’aucuns craignent que cette nouvelle escalade ne mette un frein aux bonnes intentions proclamées par les pouvoirs politiques. Même si d’autres pays ne se distinguent pas par une volonté prononcée de montrer la voie de l’intégration, aucun n’a, jusqu’ici, manifesté, à l’instar de la Guinée équatoriale, une telle violence xénophobe contre des ressortissants africains. La Guinée équatoriale serait-elle donc le mauvais élève de la Cémac ? Rien n’est moins sûr. 

Par Frédéric BOUNGOU

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