Georges Gros : « Nous sommes contre lemprisonnement des journalistes »
Le secrétaire international de l’Union internationale de la presse francophone séjourne actuellement au Cameroun.
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Ces enjeux sont multiples. Comme à chaque fois que nous organisons des manifestations internationales, il s’agit de rassembler, en un point déterminé, des journalistes et des responsables de la presse écrite et audio-visuelle venant d’une cinquantaine de pays, des gens qui ont des langues maternelles différentes, qui sont de cultures différentes, qui font le même métier, mais qui le font aussi différemment. Et c’est de venir au Cameroun rencontrer des confrères camerounais, des responsables camerounais et parler de notre profession, de notre façon de travailler, des nouvelles technologies, de la liberté de la presse, de la responsabilité de la presse et des journalistes.
Je voudrais savoir pour quelles raisons ces journalistes sont emprisonnés. Sont-ce d’abord des journalistes reconnus, de vrais journalistes ? S’ils sont emprisonnés, c’est qu’ils ont commis quelque chose…
Effectivement à l’Upf, nous sommes contre l’emprisonnement des journalistes. Un journaliste, c’est un citoyen comme un autre. Il doit obéir à des lois, aux lois de son pays, ce qui est normal. Mais en plus de cela, le journaliste doit avoir une éthique professionnelle et obéir à un code de déontologie. Si ce journaliste en question ne respecte pas son éthique ni son code de déontologie, et s’il se permet de dire n’importe quoi à propos de toute chose, à ce moment-là, il ne fait pas correctement son travail. (Je ne connais pas le dossier de ces journalistes respectifs… là je parle en général) Un journaliste a une responsabilité qui est d’informer les citoyens. Mais on n’informe pas les citoyens avec des choses qui sont inexactes.
Nous sommes tout à fait contre l’emprisonnement des journalistes. Nous avons d’ailleurs écrit aux présidents de toutes les républiques francophones à plusieurs reprises pour attirer leur attention sur cette chose là, car mettre un journaliste en prison pour des délits de presse, c’est porter préjudice à l’esprit de démocratisation qui est en cours partout. Et nous continuerons à le faire.
Nous ne sommes pas pour la dépénalisation des délits de presse. Car, si délit de presse il y a, il peut y avoir en fonction des lois un jugement qui doit être rendu. Nous sommes contre l’emprisonnement des journalistes pour délit de presse. Un journaliste peut être condamné. Mais la seule chose, c’est que nous ne voulons pas qu’il soit condamné comme un voleur de poules.
Qu’est-ce que les journalistes camerounais pourront tirer de la tenue de ces assises à Yaoundé ?
Nous allons faire venir un certain nombre de responsables de la presse de tous pays qui sont confrontés aux mêmes problèmes que ceux que rencontrent leurs confrères camerounais. Nous allons faire venir un certain nombre de hauts responsables qui vont parler de plusieurs problèmes : la liberté de la presse, des relations entre presse et justice, des nouvelles technologies, du développement de la presse, de tout ce qu’il faut pour réguler ce métier de la presse écrite et audiovisuelle.
Pourquoi parler d’un avantage ? Nous sommes à peu près 3000 journalistes répartis dans 130 pays. Je crois que ces 3000 journalises ne se posent pas la question de savoir s’il y a des avantages. Les avantages, c’est de faire partie d’une confrérie, d’être membre d’un même organisme en quelque sorte. C’est ça, le principal avantage. Nous n’accueillons que ceux qui veulent venir. On ne fait pas du prosélytisme à droite et à gauche.
Qu’est-ce qui peut expliquer votre longévité au poste de secrétaire international de l’Upf ?
La première réponse, c’est que je suis toujours en vie. La deuxième réponse, c’est que mes confrères autour de moi ont toujours voulu que je reste à ce poste et la troisième, c’est que je crois que j’ai encore beaucoup de travail à faire et que je n’en ai pas marre. Je continue à travailler avec plusieurs confrères, Alain Blaise Batongue et tant d’autres qui sont membres de l’Union et qui veulent faire avancer les choses.
Maurice Simo Djom

