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Internet : une industrie du sexe en devenir au Cameroun

Rencontres, téléchargements et échanges d’images pornographiques, réseaux de prostitution sont autant de systèmes développés sur Internet. Le marché est en pleine expansion dans le pays. –

Carrefour Ange Raphaël à Douala, mardi 19 mai 2009. Il est un peu plus de 19 heures. L’endroit grouille de monde. Certains sont en train de rentrer chez eux après une dure journée de labeur. Les gérants des cybercafés quant à eux se préparent à une énième longue nuit. Louis Paul en est un. Le large sourire dont il nous gratifie lorsque nous lui annonçons l’objet de notre reportage laisse penser qu’il pourrait avoir beaucoup de choses à dire au sujet du sexe sur Internet au Cameroun. A l’intérieur, vingt trois machines (parmi lesquelles huit dans des box d’isolation) sont toutes occupées par des gens connectées sur Internet. Premier constat : dix huit sont des femmes. “ Généralement, entre 18 heures et 23 heures, nous recevons plus de clients que tout le reste de la journée ”, explique notre hôte. Il connaît bien les habitudes de ses clients, surtout les plus réguliers. “ Celle-là, par exemple, vient ici tous les jours et en a pour au moins deux heures. Au début, je lui servais de moniteur et je lui ai appris à surfer, à tchatcher, etc. ”, explique Louis Paul. Elle, c’est Sandrine, 25 ans, étudiante en 2e année de droit à l’université. Pas du tout gênée quand on l’aborde, elle explique ce qu’elle recherche sur Internet : “ comme beaucoup d’autres femmes, je viens m’amuser à faire des rencontres avec des hommes du pays ou d’ailleurs ”.
Si certaines comme Sandrine souhaitent juste des rencontres, d’autres y viennent pour des choses pas toujours avouables. Dans un autre cybercafé situé non loin de là, une jeune femme refuse catégoriquement de parler. Certainement outrée par notre intrusion dans son box alors qu’elle regardait une vidéo très érotique qu’elle venait de télécharger. La gérante, pas très dérangée par ce petit incident qui a causé des éclats de voix, veut bien faire partager ce qu’elle vit quotidiennement. “ De plus en plus, des gens explorent d’autres choses sur Internet. Dans nos box, il y a parfois des bruits de voix qui nous font deviner qu’une personne vient d’arriver à la jouissance par la masturbation, soit en regardant une vidéo porno téléchargée, soit en interagissant avec un correspondant via la messagerie instantanée ”, raconte en effet Aimée.

A la recherche des sensations fortes
Les personnes rencontrées dans des cybercafés de Douala, hommes et femmes, clients comme gérants, expliquent que “ les gens sont à la recherche des sensations fortes ”. Elles affirment que l’envie de s’adonner à ce type de pratiques est accrue par la large ouverture des populations aux médias occidentaux. Et encore plus par les récits des “ mbuenguistes ”, ces Camerounais qui vivent à l’étranger et qui viennent de temps en temps au pays. Avec ce qu’ils apprennent comme pratiques sexuelles et autres fantasmes, il est facile pour eux de les appliquer dans leur pays d’origine, surtout que les proies sont faciles. Argent et sexe vont de pair. “ Très souvent, ces gens éblouissent les filles avec les euros et réussissent à leur faire faire des trucs sexuellement obscènes qu’ils échangent ensuite sur Internet ”, explique Marcel K., propriétaire de trois cybercafés dans la capitale économique.
Mais, il ne s’agit pas toujours de tromperie, mais aussi de la recherche des sensations fortes, réplique Gisèle, une jeune femme de 27 ans. Cette résidente du quartier Ndogbong raconte qu’elle s’est “ retrouvée en train de tourner des vidéos avec un de mes gars. Nous avions l’habitude de voir ces scènes dans des films ou sur des sites Internet. Et finalement, nous avons décidé de passer le cap ”. Seulement, le gars de Gisèle a posté ces vidéos à des amis…Dans les couples, les comportements sexuels ont profondément été modifiés. Les gens s’adonnent de plus en plus au triolisme, à l’échangisme, au sado masochisme, etc. Même si la quête d’argent est le mobile le plus courant, l’on veut trouver le nirvana autrement “ que nos grands-parents ”. Les plus accros, surtout les hommes, sont d’ailleurs prêts à débourser de l’argent pour trouver des partenaires. Ce qui a rapidement créé ce qu’il convient de dire “ prostituées virtuelles ”. Elles accrochent leurs futurs clients, les conduisent sur la messagerie instantanée, et usent de tous les moyens possibles (strip-tease en live, envoi des photos de nu, etc.) pour extorquer de l’argent à leurs correspondants. Celles qui parviennent à la rencontre physique s’en sortent plus facilement. Seulement, les photos et les vidéos faites au cours de ces rencontres circulent sur Internet. Les jeunes élèves de Saker concernées par le scandale (voire article ci-dessus) ne sont pas forcément des prostituées du Net. Mais, par la force des choses, et surtout des perversions, elles se retrouvent dans le même lot. Dommage !  

Par Alain NOAH AWANA

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