Reconnaissance : Un hommage académique pour Eboussi Boulaga
Le savant sera au centre de deux « journées d’études » les 24 et 25 juillet prochains à l’université de Yaoundé I. –
"Fabien Eboussi Boulaga ou la liberté de penser". Telle est la thématique qui structurera les 24 et 25 juillet prochains au campus de l’université de Yaoundé I les Journées d’études consacrées à cet intellectuel que l’on ne présente plus. Une thématique qui se déclinera en six aspects qui vont de la théologie à la pédagogie en passant par la littérature, l’édition ou les sciences politiques, tous des domaines dans lesquels le savant s’est illustré au cours des quatre décades qui viennent de s’écouler.
Lecteurs, amis, collègues d’horizons divers, anciens étudiants et même contradicteurs auront ainsi l’occasion de consacrer le personnage que l’on connaît simple, mais peu connu du grand public. L’auteur du maître-ouvrage "La crise du Muntu : Authenticité africaine et philosophie" en 1977 passe pour être un adepte d’un mode de vie ascétique qui le tient à l’écart des mondanités et des intrigues sociopolitiques. Sa rigueur éthique, sa discrétion et son style d’écriture parfois perçu comme abscons malgré un humour caustique le maintiennent dans un confortable anonymat. Cette posture qui, au demeurant, entretient sa légende ne fait pas perdre de vue que l’homme est un géant sur l’échiquier intellectuel du continent, ceci quel que soit l’angle sous lequel on le considère.
Lui qui tout en étant philosophe n’est pas moins expert en sciences sociales, universitaire accompli, savant, et citoyen honorable. Ses collègues disent de lui qu’il "a toujours été soucieux d’établir une relation entre le savoir théorique et le devenir de la société. Le savoir qu’il construit tient d’ailleurs scrupuleusement compte des enjeux politiques, sociaux et culturels de notre environnement."
Durant deux jours donc dans le célèbre amphi 700 de Yaoundé I, un hommage lui sera rendu afin que sa trace ne se dissipe pas dans le temps dans ce pays qui a toujours du mal à payer le tribut qu’il faut à ses hommes de culture au demeurant plus nombreux qu’on ne l’imagine. Lors même que le parcours de Fabien Eboussi Boulaga indique qu’il a apporté une contribution capitale aux recherches sur la philosophie en Afrique, engagé un débat de fond sur les enjeux du christianisme et développé une réflexion originale sur le processus de démocratisation dans les pays du continent.
Par ailleurs, il a aussi enseigné pendant plus de quarante ans au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Congo Kinshasa et aux Etats-Unis d’Amérique.
Pour mémoire, cet hommage survient après un autre à lui rendu il y a quelques années par l’association dénommée "Cercle de philosophie" et dirigée par le philosophe Ebénézer Njoh Mouelle. C’était en 2005 dans la bibliothèque du centre culturel français François Villon de Yaoundé (Ccfv), et dont les actes avaient été produits dans un collectif qui comportait aussi les hommages de jeunes collègues à ses pairs Marcien Towa, Ebénezer Njoh Mouelle et le regretté Meinrad Hebga. Les futurs contributeurs de cette rencontre qui s’annonce comme un moment fort de l’université camerounaise tout court peuvent dès à présent prendre contact avec Ambroise Kom de l’université de Yaoundé I qui travaille au quotidien à la réussite de cet évènement.
Parfait Tabapsi

