Non classé

Marcel Kemadjou déshabille le quartier Makéa

Dieu n’a pas besoin de ce mensonge, tel est le titre du roman qui passe en revue les mœurs ayant libre cours dans ce quartier populeux de Douala. –

“ Dieu n’a pas besoin de ce mensonge ”, sous la plume de Marcel Kemadjou Njanke, le lecteur retrouve dans cette parturition romanesque de 133 pages, une compilation des faits et des vécus narrés avec une verve déroutante, un langage teinté de néologismes à la camerounaise et un style où les images trouvent leur champ d’expression. Dès la première de couverture, au-delà du titre, le lecteur a une indication à travers la mention “Racontages” qui illustre à suffisance la quintessence de la trame narrative que tisse Marcel Kemadjou Njanke. Cinq articulations principales couvrent les 133 pages d’un ouvrage issu de l’écurie des éditions Ifrikiya. Le premier récit est celui qui a prêté son titre à l’ensemble du roman.
Dieu n’a pas besoin de ce mensonge conte les anecdotes caustiques de Ahmaria contrainte par son géniteur d’épouser un richissime homme d’affaires dans le dessein “d’éloigner la pauvreté de la case paternelle”. Au bout du rouleau, ennuis, isolement, chagrin sont le quotidien d’une coépouse en mal d’affections. C’est sur ces entrefaites qu’elle fait la connaissance d’un enseignant de philosophie, athée par essence avec qui elle file le parfait amour via des correspondances téléphoniques (coups de fil, short messages services (Sms)). Son nouveau jules, Christophe lui propose de divorcer d’avec l’homme d’affaire, Mallam, afin de l’épouser. Ahmaria pose des préalables. Christophe doit s’islamiser à tout prix. Ce dernier, campant sur ses positions idéologiquement proche de la négation de Dieu déclare que même le créateur n’aurait pas besoin de ce mensonge car en s’islamisant il le ferait sans conviction.

Ecrivain engagé
Le deuxième centre d’intérêt est intitulé “Madame fait divers” C’est la peinture imagée des problèmes de ménages qui meublent le quotidien des habitants du quartier Makéa. “Comment on utilise une matraque
pour mater la liberté” tel est le titre du troisième chapitre qui revient sur les comportements liberticides des forces de l’ordre qui torturent, embastillent les populations par orgueil et zèle. “Un long –long rang” et “le livre de la cuisine des sourds-muets” sont les derniers textes qui clôturent l’ouvrage. Dans l’ensemble, Dieu n’a pas besoin de ce mensonge est un roman de lecture facile, agréable même si au demeurant quelques coquilles ternissent un travail qui vaut son pesant d’or. (Page 75, 3ème paragraphe : “ sur le poteau étaient clouées des pancartes… ”).
On peut également déplorer le caractère détachable des pages qui au finish trahit des insuffisances dans la qualité de l’édition. Marcel Kemadjou Njanke, bien connu des milieux des poètes, n’est pas à sa première publication. Des recueils de poèmes et de nouvelles portent bel et bien son estampille. A plein temps, il est commerçant installé à Douala et coordonne le festival international de poésie 3 V. C’est donc un homme vivant dans et par la culture parce que mordu par le virus de la création qui s’ingénue au quotidien à décrypter la société au sein de laquelle il joue un rôle. Ecrivain engagé, réaliste ou poète inconditionnel ? Marcel Kemadjou N. semble insaisissable…et affirme néanmoins qu’il est un témoin de l’histoire qui passe…  

Par Alain NJIPOU

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.