La presse invente un accord entre la SOCAM, le SYNEDEBOC et la SABC
La majorité des médias Camerounais fait état d’un accord signé entre le Syndicat des Exploitants des Débits de boissons et Bars du Cameroun (SYNEDEBOC), la SOCAM et les Brasseries du Cameroun sans qu’aucun élément permette de démontrer la véracité de cette information. –
Droit d’auteur
Cameroon Tribune, Le Jour, Mutations, La Nouvelle Expression, Repères, les médias audiovisuels , quasiment l’ensemble de la presse camerounaise s’est emballée depuis une semaine au sujet d’un accord qui, à les en croire, a été signé entre la Société Civile Camerounaise de l’Art Musical (SOCAM), le SYNEDEBOC et la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC).Selon eux, les termes de cet accord prévoient que la SABC retiennent dorénavant trimestriellement à la source entre 29000 et 85000 Frs CFA sur les ristournes des bars pour les reverser à la SOCAM. Toujours selon eux, ce nouveau mode de recouvrement de la redevance du droit d’auteur va rapporter un milliard par an aux quatre sociétés de droit d’auteur.
Seulement, à l’observation, aucun accord n’a été signé avec les Brasseries ni avec qui que ce soit. Il s’agit en réalité d’une lettre d’information adressée aux exploitants des débits de boissons et bars en date du 26 mai 2009 signée de la Ministre de la Culture, du Président de la Commission Permanente de Médiation et de Contrôle (CPMC), du Président National du SYNEDEBOC et de la PCA de la SOCAM. En réalité, de quoi s’agit –il ? Simplement de la demande qui est faite par le Ministère de la Culture, la CPMC, la SOCAM et le SYNEDEBOC aux bars et débits de boissons de donner leur accord afin que la SABC retiennent dans leurs ristournes le montant de leur redevance du droit d’auteur et la reverse à la SOCAM trimestriellement. Si c’est cela l’accord, il y a certainement soit une question de sémantique soit une mauvaise foi manifeste des journalistes qui en ont parlé. En tout cas, les faits étant sacrés dans ce noble métier, le document présenté comme l’accord les dément de manière cinglante et ne fait apparaître nulle part la signature de la SABC et s’intitule platement « Lettre d’information aux exploitants des bars et débits de boissons » .Il y a lieu de croire qu’ils participent complaisamment à l’entreprise de manipulation de l’opinion publique qu’orchestre Ama Tutu Muna depuis quelques jours, dans le but de sauver son poste au moment où un remaniement ministériel est annoncé.
Ce qu’il savoir, c’est qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil avec cette démarche et telle qu’elle est conduite par Ama Tutu Muna, le risque qu’elle se solde par un échec est très élevé. En fait, le 12 mai 2006, le prédécesseur de Ama Tutu Muna , Léopold Ferdinand Oyono, avait pris la décision de faire retenir dorénavant à la source, par les sociétés brassicoles, 15Frs Cfa par casier de bière vendue pour les reverser à la Cameroon Music Corporation (CMC). Cette décision découlait du constat que les moyens limités de la CMC ne lui permettraient jamais de pouvoir avoir accès aux 400000 bars et débits de boissons que compte le Cameroun et qu’il valait mieux faire recouvrer cet argent par les sociétés brassicoles.
Au moment où Ama Tutu arrive au Ministère de la Culture, la CMC a déjà obtenu un nombre considérable de signatures des bars. Il ne faut donc que consolider cette approche plus juste qui prend pour base le nombre de bars et associe toutes les sociétés brassicoles au processus de paiement de ladite redevance. Au lieu de quoi, elle entreprend tout détruire et créée illégalement la SOCAM qu’elle renvoie dans les bars percevoir de l’argent alors que la CMC avait arrêté d’y aller. Désavouée par la Cour Suprême, elle rend public un nouveau barème de la redevance à payer par les bars qui varie entre 29000 et 85000frs.
Le Responsable de la Communication CMC
Guy ZOGO

