Droit d’auteur : Ekambi Brillant interpelle la Conac
L’artiste dénonce les 20% de retenue opérés par le président de la Commission permanente de médiation et de contrôle (Cpmc). –
Ekambi Brillant est un artiste musicien en colère. Et il ne contourne pas pour le manifester : "l’argent des droits d’auteurs, c’est pour les ayant-droits qui sont les artistes ! Ce n’est pas pour le fonctionnement d’une quelconque structure que ce soit. Je ne comprends que le Pr Minkoa She [président de la Commission permanente de médiation et de contrôle (Cpmc), ndlr] emprunte (sic) 20% de l’argent des artistes. Voilà aujourd’hui, nous sommes déjà au mois d’août, et les artistes n’ont toujours pas reçu les répartitions (quote-part perçue par les artistes issue des droits d’auteur sur la période donnée) alors qu’elles devraient être faites depuis le moins de juin 2009", fulmine l’artiste musicien, Officier de l’ordre national de la valeur.
En effet, face à la corporation d’artistes camerounais réunis à l’hôtel Hilton de Yaoundé le 5 mai dernier, le Pr Minkoa She, président de la Cpmc avait été interrogé sur certains sujets : "Jean Baptiste Tchoula, un producteur, avait interpellé Minkoa She sur les 20% qu’il dit avoir emprunté sur les recettes des droits d’auteur des artistes.
Or, il avait dit qu’il devait se contenter des 6% prévus par les textes pour le fonctionnement de la Cpmc. Lui qui, lors de sa présentation aux artistes en mars 2008 par le ministre de la Culture Ama Tutu Muna avait vertement dénoncé le texte laissé par l’ancien Minculture qui prélevait 20% sur les droits des artistes. D’où vient-il qu’un an plus tard, il retombe dans les mêmes travers qu’il reprochait à son prédécesseur Magloire Ondoua", éructe Ekambi Brillant. Par ailleurs, à en croire l’artiste musicien qui a en veut visiblement aux gestionnaires des droits d’auteurs camerounais, il est important qu’on rende publics les résultats de l’audit commandé par le ministre de la Culture sur les six mois de gestion de la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam) par Odile Ngaska, la présidente du conseil d’administration et ensuite la gestion de Richard Simon Mbappe Koum, le directeur général de la Socam qui fut à son tour "limogé en douce pour malversations financières".
Cpmc
Et c’est donc pour "arrêter ces pillages" sur les droits d’auteurs des artistes qu’Ekambi Brillant "interpelle la Conac (commission nationale anti-corruption) pour venir enquêter sur les 20% retenus par la Cpmc et les audits gardés secrets de la Socam ".
Joint au téléphone pour avoir sa version des faits sur les accusations portées à son encontre, le président de la Cpmc, le Pr Minkoa She, tient à faire des précisions : " Primo, je n’ai jamais dit que j’ai emprunté de l’argent pour la gestion de la Cpmc. J’ai dit avoir prélevé les 20% tels que le prévoient les textes que j’ai trouvés en place. Et il ne me revient pas d’abroger un arrêté ministériel", explique l’enseignant d’université. Qu’est-ce qui justifie donc les 20% retenus alors qu’il aurait promis se contenter des 6% réservés au fonctionnement de la Cpmc ?
Le Pr Minkoa She renchérit : "Nous avions effectivement promis de faire des retenues à la baisse, mais il y a un processus de reformes, pour le bien être des artistes, qui est en route et qui nécessite un financement. Il y a la commission de relecture des textes de la société des droits d’auteurs des artistes, et plusieurs autres projets qui nécessitaient qu’on lève les fonds. Et donc, les 20% que nous prélevons sont des bases légales", jure le Pr Minkoa She.
Quoi qu’il en soit, Ekambi Brillant "en a marre de ces pillages alors que nous les artistes, nous creusons des dalles". Et de promettre : "Si la Conac ne donne pas une suite favorable à ces pillages en bandes, je porterais plainte au président de la Cpmc pour détournements des deniers publics et une autre plainte contre Mme Tutu Muna pour complicité de détournement", tonne l’Officier national de la valeur.
Eric Roland Kongou

