Gérard Essomba : Le théâtre n’existe pas au Cameroun
Le comédien a dirigé un atelier à l’intention des jeunes acteurs. –
Comment jugez-vous ces trois semaines de formation ?
Pour moi, il positif. Je ne m’attendais pas à travailler autant avec les jeunes. Parmi eux, la grande majorité, voire même la quasi-totalité n’avait jamais eu une expérience du théâtre. Parce que, au Cameroun, des formations de cette nature n’existent pas. En trois semaines mes assistants que sont Arthur Sibita, Dodi Yay, Francis Kingue et Jeaki Jean Kingue et moi-même, avons eu à encadrer des jeunes aux techniques de lecture des textes de pièces de théâtre. Mais mon seul regret est que cela n’ira pas au-delà de ces trois semaines. Les jeunes avec qui nous avons eu l’occasion de travailler ont montré un engouement très vif pour le théâtre.
En quoi consistait la formation ?
Avec le temps dont nous disposions, je ne pouvais pas tout leur apprendre sur le théâtre, c’est très vaste. Pour y parvenir, il faut un minimum de trois ans. Mais globalement, il était question de leur inculquer certaines bases. Ils ont appris à dire un texte correctement, à rentrer dans la peau de l’acteur. Il s’est aussi agit de travailler leur diction, afin d’être audible. Toutes les filles parlaient au départ de la même façon, avec un accent du village. Je pense que le problème est partiellement corrigé, car il faut plus de trois semaines pour y parvenir. Mais déjà, certaines commencent à affirmer leurs personnalités, sans copier celle des autres.
Qui vous a soutenu pendant toute cette période ?
Nous avons bénéficié uniquement de l’appui de l’ambassade de France. C’est d’ailleurs pour cette raison que la formation s’est déroulée au Centre culturel français de Yaoundé.
Et le ministère de la culture ?
Non. De ce côté-là, ils n’ont pas formellement été informés. Nous comptons les saisir lorsque nous aurons fait le bilan de ces trois semaines de formations.
Que pensez-vous du théâtre camerounais ?
Le théâtre au Cameroun n’existe pas. Il suffit de regarder ce que font les autres pays africains. Le Gabon, le Sénégal, le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire ont des acteurs reconnus international. Ils produisent des pièces de théâtre qui font le tour du monde. Mais au Cameroun, qu’avons-nous ? Cela n’est possible que si nous avons des têtes d’affiches et des acteurs. Il y a pourtant des œuvres théâtrales des auteurs Camerounais qui peuvent être adapté et des cinéastes qui se tournent les pouces. Paradoxalement, tout est fait le sport avec la construction d’un palais. Alors même que le pays manque de salle de cinéma.
Quels sont vos projets ?
Nous comptons écrire à trois ministères : la Culture, l’Enseignement Secondaire et l’Enseignement supérieur. Il est important qu’ensemble nous puissions former ces futurs acteurs. Je souhaiterai que nous menions des concours de sélection dans tout le territoire national. Il serait souhaitable que les meilleurs reçoivent des bourses de formation à l’étranger, comme cela se passe dans certains pays africains. Mais entre temps, je crois que la télévision camerounaise qui dispose du matériel nécessaire pour effectuer des tournages doit se remuer un tout petit peu, afin de faire renaître le théâtre au Cameroun.
Stéphanie B. Hissoak (Stagiaire)

