Goethe-Institut : Danse, musique et peinture rythment la rentrée
C’était à la faveur d’un spectacle de qualité mercredi dernier à Yaoundé. –
C’est sur un air de carnaval que s’est achevée la "Soirée d’ouverture de la nouvelle saison culturelle" du Goethe-Institut mercredi dernier à Yaoundé. Un carnaval provoqué par le groupe Abiali Percussions qui a ses habitudes ici depuis quelques années. Suite à une performance tout en dextérité dans le jeu des tambours et autres tam-tams agrémenté de chants et de danse, le groupe de sept jeunes a en effet décollé des sièges le nombreux public qui avait pris d’assaut l’espace spectacle de l’institut. Ainsi, blancs et noirs, jeunes et vieux ont laissé libre cours à leurs sensations pour accompagner qui de la voix, qui par la danse les prestations du groupe. D’aucuns sont allés jusqu’à rejoindre les musiciens sur scène pour une sarabande que la nouvelle directrice, Irene Bark, a certainement apprécié. Mais avant ce final tout en émotions, le public a eu droit tour à tour à la danse, à la musique, au Show Painting et au "Video-Jockeying". Si ce dernier, présenté par l’artiste Em’Kal, n’a pu être bien compris du public du fait d’une défaillance technique, il reste que les autres articulations se sont déroulées comme prévu.
C’est à la musique qu’est revenu l’honneur d’entamer la soirée. Monteront donc sur le podium les membres du Black Yekan qui rappelaient étrangement un groupe plus célèbre du nom des Têtes brûlées. C’est d’ailleurs l’un des transfuges d’icelui, Roger Bekongo, qui a monté ce nouveau groupe constitué de trois guitaristes, un batteur, une choriste et un percussionniste. Leur prestation, sur un seul titre cependant, a indiqué qu’ils travaillaient sur un bikutsi plutôt folk à même d’évoluer vers d’autres territoires que celle qui les porte. Au passage, l’on remarquera leur tenue de scène constituée d’une sorte d’ensemble noir marqué de peinture à la couleur blanche. Mais avant le Black-Yekan, c’est le jeune Brisquo qui a planté le décor dans un numéro proche du conte. Les responsables de l’Institut n’ont pas manqué de faire savoir que les deux faisaient partie de l’association Positives Houses coordonné par le plasticien Dieudonné Fokou et qui "cherche à repérer et à soutenir des artistes doués encore inconnus".
Place fût ensuite donné au peintre Jules Ricky Soh Fongang qui, en cinq minutes, consacra son Show Painting à la réalisation d’un portrait d’une dame. Dans la foulée, et tout ému, il ne manqua pas d’attirer l’attention du public sur quelques toiles qu’il avait disposées près de la tribune. Et de faire savoir qu’en plus de la peinture, il faisait aussi dans le flocage des vêtements comme on pouvait d’ailleurs le voir sur les hôtesses qui s’étaient doucement fondues dans le public. La compagnie Djam Ntoma ne fût point en reste. Dans un numéro très applaudi, ce groupe de trois danseurs et de trois percussionnistes, maria avec bonheur les danses du terroir et celles venues d’ailleurs. C’est donc la mine heureuse que Mme Bark allait remercier ses invités ; leur donnant même rendez-vous dans deux semaines pour une nouvelle édition du Goethe Café. Qui se donnera un plaisir de faire remonter à la surface des artistes du cru qui ont de plus en plus du mal à trouver des espaces d’expression. Un cocktail a sanctionné la rentrée alors que la nuit avait commencé à promener son ombre sur la capitale.
Parfait Tabapsi

