Socadap : Le Dg démissionne
Ildevert Teté qui a claqué la porte jeudi dernier supportait mal l’ingérence du conseil d’administration dans la gestion quotidienne de la société. –
Au siège de la Société civile des arts plastiques et graphiques (Socadap) à Yaoundé, le visiteur n’a pas l’impression que la tempête est passée par là il y a quelques jours. Les six employés que compte désormais la représentation régionale du Centre de cette structure chargée du recouvrement du droit d’auteur chez les plasticiens ont tous répondu présents en ce début de semaine. Seul manque à l’appel celui qui assurait depuis février 2007 les fonctions de directeur général: Ildevert Tété, par ailleurs ancien cadre à la Banque international pour le commerce et l’industrie du Cameroun (Bicic). C’est que, jeudi dernier, " à 13h, précise-t-on à la Socadap", il a déposé sa lettre de démission au président du conseil d’administration, Théodore Ondigui Onana plus connu sous son nom d’artiste Othéo. C’est d’ailleurs lui qui assure la gestion des affaires courantes de la société.
Selon des sources proches de cette société de gestion collective du droit d’auteur, le dg démissionnaire n’aurait pas supporté le fait que " les employés l’aient séquestré dans son bureau pour réclamer leurs avances sur salaires qui accusaient déjà un certain retard", même si ici, on estime que cette manœuvre n’a en effet été que la goûte d’eau qui a fait déborder le vase après de multiples affrontements avec le Pca Othéo. Ce dernier que nous avons rencontré confirme la démission de son directeur général mais ne semble guère s’en émouvoir. "Lors de sa désignation il y a deux ans et demi, le conseil lui a remis un plan d’action sur lequel il allait être jugé. Malheureusement, nous avons dû nous rendre compte qu’il n’arrivait pas à assumer ses tâches. Nous pensions pouvoir trouver un terrain d’entente mais il a lui-même avoué son incompétence en déposant sa lettre de démission. Lorsqu’il a été séquestré par les employés, je lui avais donné mon accord pour payer les avances. Malheureusement, lui n’a voulu en faire qu’à sa tête et on a vu où cela nous a mené".
Seulement, face au mutisme de M. Tété et à la réaction de Othéo, des employés pensent devoir remettre les choses dans leur contexte. "Le problème est que le Dg et le Pca ne s’entendaient pas sur la gestion quotidienne de la société. A titre d’exemple, avant de se faire séquestrer par les employés, il avait eu une discussion vive avec le Pca qui estimait qu’il fallait d’abord payer les employés de Yaoundé alors que lui pensait privilégier ceux de Douala qui souffraient davantage du retard des salaires", confient des employés et membres de la Socadap. Ils évoquent également les différentes missions à l’étranger, sans l’aval du Pca, et qui n’ont pas plu à ce dernier. A ce propos, Othéo déclare : "Il n’en faisait qu’à sa tête alors que dans une société, il y a un ordre qui doit être respecté", avant de confier : "Il est parti tout seul.
Je ne l’ai pas chassé et je me contenterai d’en informer ma hiérarchie, la commission permanente de gestion et de Contrôle. Il faut savoir qu’il nous avait été imposé par le président de la commission permanente de médiation et de contrôle de l’époque ; Magloire Ondoa". Pourquoi n’a-t-il pas contesté cette désignation comme ses collègues Pca des autres structures de gestion collective du droit d’auteur l’ont fait en leur temps? Il se contente d’esquisser un geste d’impuissance. Son argument est par ailleurs alayé d’un revers de main par les membres de la Socadap qui estiment que le fait que le Dg ne serve pas les intérêts du Pca a été la seule et unique cause de leur mésentente.
Dorine Ekwè

