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Concertation : Des musiciens veulent réconcilier Ama Tutu Muna et Sam Mbende

Romeo Dika, Moussa Haïssam, Elvis Kemayo, entre autres, disent vouloir mettre fin à la querelle entre les deux parties. –

Qu’est-ce qui motive ces rassemblements réguliers d’artistes musiciens de tout bord depuis trois semaines dans un restaurant situé au quartier Tsinga à Yaoundé? Le phénomène intrigue d’autant que ces personnes sont, le plus souvent plus ou moins proches des principaux acteurs de l’univers du droit d’auteur chez les musiciens. Sous la houlette du producteur Moussa Haïssam, Elvis Kemayo, Ange Ebogo Emérent, Ze Bella ou encore Jo Mboule, se sont fréquemment rencontrés ces dernières semaines pour trouver une "solution de sortie de crise dans le bras de fer que se livrent la ministre de la Culture et Sam Mbende". Approché, Roméo Dika qui assure le secrétariat de ce regroupement d’artistes explique les raisons de ces rencntres hebdomadaires : "la situation actuelle nous pèse, elle nous présente aux yeux de l’opinion comme des irresponsables incapables de s’entendre sur ce qui devrait être le plus important pour nous. Alors, nous ne pouvions plus rester sourds et aveuglés par les ambitions personnelles". Pour ce qui est du rôle des uns et des autres, rien de particulier n’est signalé. Elvis Kemayo, Jo Mboule, Ze Bella et Ange Ebogo Emérent, du fait de leur statut "d’aînés, sont appelés à calmer le jeu chaque fois que monte la tension".

Et même si des propositions concrètes n’ont pas encore été accouchées par ces personnes qui disent avoir déjà tenu quatre rencontres, qui, dans les prochains jours, vont leur permettre de présenter une esquisse de solution aux principaux concernés que sont la ministre de la Culture Ama Tutu Muna, et Sam Mbende, Pca de la Cameroon music coorporation (Cmc) déchu par la tutelle. Au sein de ce collectif, on est plutôt optimiste face à cette initiative, d’autant que, selon le bilan dressé par les membres du groupe de travail, ce sont les artistes musiciens qui souffrent de cette situation. "Il existe des accords de coopération dans le domaine du droit d’auteur en musique dont nous aurons pu bénéficier mais, malheureusement, vu la façon dont les choses sont gérées, nous ne pouvons pas y prétendre et c’est tout le monde qui perd", pense un membre de ce regroupement.

Roméo Dika quant à lui estime que le déroulement du processus est positif : "Nous avons sérieusement avancé d’autant que la Pca de la Socam nous a facilité les choses, nous avons aussi eu du plaisir à échanger avec Sam Mbende qui est ouvert à ce que nous trouvions une solution acceptable pour toutes les parties". Le secrétaire de ce regroupement se félicite d’ailleurs du fait que l’initiative ait été accueillie avec chaleur par les différentes parties : "La Pca de la Socam Odile Ngaska, a d’emblée accepté de ne pas fermer les débats, et le dialogue. Elle aurait pu se dire, je suis à la tête de la structure, je n’écoute et n’échange avec personne sur le sujet, mais elle a mis en avant le rassemblement des ayants droit de l’art musical, et accepté de faire partie de la délégation qui irait à la rencontre de la tutelle [ministère de la Culture], pour lui faire des propositions le moment venu".

Conditions
Selon notre source, Sam Mbende est également ouvert à ces échanges même si Roméo Dika relativise: "vous savez, il est difficile en temps de Tsunami de se transformer en île, il y a de l’eau qui gronde. C’est un artiste, un tacticien qui sait très bien cerner les choses, il est en phase avec le projet. Pour ce qui est de la ministre de la Culture, si elle juge les conclusions de nos travaux porteuses du consensus, elle en tirera les conséquences et vous serez informés de la suite". En attendant de voir les résultats qu’engendreront ces différentes rencontres, on se souvient que depuis le 10 mai 2008, date de suspension de l’agrément de la Cmc par la ministre de la Culture, le torchon brûle entre Sam Mbende, et Mme Ama Tutu Muna qui l’a brutalement mis sur la touche. Et rien dans le comportement des deux parties ne donnent l’impression que la fin des hostilités est pour bientôt, surtout que les décisions de la Cour suprême vont dans le sens des revendications de celui qui continue de se présenter comme le Pca de la Cmc.

A ce propos, la Chambre administrative de la cour Suprême du Cameroun, réunie le 09 septembre 2009 aux fins d’examiner les recours en cassation introduits par le Ministère de la Culture contre les ordonnances du 17 décembre 2008 de la Cour Suprême du Cameroun ordonnant un sursis à exécution contre la décision du Ministre de la Culture retirant l’agrément de la Cmc et créant la Socam, et celle du 05 mai 2009 déclarant irrecevable le recours en révision introduit le 13 février 2009 par le Ministère de la Culture contre l’ordonnance du 17 décembre 2009, a à nouveau débouté le Ministère de la Culture. Une décision qui n’a pas fait bouger les positions des uns et des autres. Face à cet entêtement, on se félicite de l’initiative prise par ces artistes-musiciens qui souhaitent que la paix s’installe de nouveau dans ce domaine. Et si les deux parties se disent prêtes à se retrouver autour de la table des discussions, on ne peut s’empêcher de se demander quels sacrifices les uns et les autres vont-ils consentir?

Dorine Ekwè

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