Yaoundé : Les transactions financières perturbées par la rupture de la fibre optique
Le manque de connexion internet empêche les clients de percevoir leur argent dans certaines agences Western Union et Express Union. –
« Nous ne pouvons vous servir car nous n’avons pas accès à internet ». Yves Sikapi, étudiant à Yaoundé, reçoit cette réponse depuis le 13 octobre. Il s’est rendu dans quatre banques avec l’espoir d’entrer en possession de l’argent qui lui a été envoyé par Western Union du Congo. « Cet argent couvre mes dépenses mensuelles, y compris mon loyer. Je n’ai plus rien et j’ai dû emprunter 500F pour mon taxi d’aujourd’hui », explique-t-il.
Tandis que dans certaines grandes banques on ne sert pas les usagers, des coopératives, qui ne souhaitent pas perdre leur clientèle, choisissent de se faire assister pour les opérations de transferts via Western Union. « Nous appelons une agence sœur qui a accès au réseau internet, nous lui donnons les coordonnées du client. Dès que notre interlocuteur nous confirme l’exactitude de ces informations, nous payons le client », explique Brice Medjo, employé dans une coopérative de micro-finance. Satisfaction ainsi ses clients entraîne néanmoins des coûts supplémentaires. « A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas encore évaluer le coût financier de cette perturbation du réseau internet, car nos factures téléphoniques arrivent à la fin du mois. Mais je pense que la note sera lourde, puisque nous nous faisons assister par une agence sœur située hors du Cameroun », ajoute-t-il. L’inaccessibilité du réseau internet perturbe également le bon fonctionnement des banques. « Nous sommes connectés à la fibre optique de Camtel et depuis qu’elle est coupée, nous accédons difficilement à notre réseau, même pour les opérations classiques telles que les retraits dans des comptes d’épargne», explique Marie O., employée dans une agence Ecobank.
Selon un communiqué rendu public par la Camtel, la fibre optique, qui permet à beaucoup d’usagers de se connecter à internet, a connu le 12 octobre, une « brutale rupture », non loin de la ville de Kribi. Dans l’après-midi d’hier, 14 octobre, il était à nouveau possible de se connecter à internet, bien que le temps d’accès soit plus long que d’habitude.
Anne Mireille Nzouankeu

