Edouard Tamba : Le journaliste aux Tics gagnants
Le reporter du Messager a raflé deux prix à Highway Africa 2009 grâce à son amour pour le numérique. –
Son aventure dans le journalisme aurait pu s’arrêter avant d’avoir commencé. Après avoir reçu les enseignements en journalisme pendant une semaine en 2003 à l’Institut Ndi Samba Supérieur, Edouard Tamba se verra rembourser son argent et prié de partir. Pour cause, il n’y avait pas suffisamment d’étudiants. Ils étaient deux, Edouard Tamba et Eugène Messina actuel chef de chaîne de radio Siantou. Ce qui aurait pu à jamais le décourager de vouloir être un historien du présent, après avoir été désillusionné par le concours de l’Ecole supérieure de sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) qu’il ne pouvait faire «car au moment de déposer les dossiers, on m’a rappelé que je n’ai pas le baccalauréat, mais un brevet de technicien. Impossible de faire le concours», se souvient-il, aujourd’hui, amusé, caressant les deux globes qui représentent les deux prix qu’il a obtenu en Afrique du Sud le 8 septembre 2009. Lors de Highway Africa 2009, la conférence des médias du continent noir sur le développement des nouvelles technologies de l’information et la communication qui a accueilli 500 journalistes à Grahamstown, dont une délégation conduite par Mtn Cameroon. C’était plus qu’une belle revanche ce soir là pour le jeune homme de 29 ans dans la salle du Mandela Dinning hall, lors de la soirée organisée par la banque Absa au Steeples national monument, magnifique vielle bâtisse datant de 1820.
Edouard Tamba, journaliste au quotidien Le Messager a le contact facile, les grands éclats de rire des hommes qui ont l’âme généreuse et les yeux qui s’émerveillent de tout. Comme un enfant. C’est peut-être pour cela que malgré le fait qu’il soit chef de la rubrique sport au quotidien Le Messager, il anime hebdomadairement une page Tics dans le journal qui l’emploi depuis le 27 novembre 2006. Edouard Tamba a décroché deux Highway Africa awards des sept mis en compétition par Highway Africa, Osiwa, Absa et Mtn grâce au regard vif et curieux qu’il pose sur des thématiques qui pourraient de prime abord paraître banales. Celui qui prépare une Maîtrise professionnelle en journalisme, option presse écrite a eu l’Award du meilleur article sur l’usage des Tics dans les communautés avec l’enquête «Village diary, en guerre contre la misère». Il présentait dans cet article le projet lancé à Buéa par une association qui a «décidé d’aider dans les villages qui n’ont pas accès au service publique. Ainsi armés d’appareils photos, scanners, ordinateurs portables, les membres de cette association parcourent les villages pour collecter les informations, cartes d’identité, acte de naissance, titre foncier, qu’ils archivent numériquement». Quand il parle du numérique, le feu de la passion est perceptible dans sa gestuelle qui s’accélère.
Ses collègues n’ont pas été très surpris d’apprendre la grosse moisson de Edouard Tamba à Grahamstown, car d’après eux «il est toujours sur Internet. Pendant des heures parfois sans parler. Il décline même des invitations à prendre un verre…» C’est lors d’une de ces séances de plongée sur la toile qu’il va découvrir que plusieurs semaines après la publication du nouveau gouvernement camerounais du 30 juin 2009, les sites de ministères n’avaient pas actualisés leurs données. Et cette enquête baptisée «Supports d’instantané pour diffusion différée», a décroché le prix du meilleur article sur les Tics et la gouvernance publique. Publiés à la fois dans le Messager et sur son blog, les articles d’Edouard Tamba ont pu permettre aux millions d’internautes du monde de découvrir la réalité de l’avancée des Tics au Cameroun. Vu la joie avec laquelle Edouard Tamba sautillait sur les airs de «Get up stand up» de Bob Marley après avoir reçu ses deux prix, il n’a visiblement pas fini. Ni avec les tics gagnants, ni avec sa soif de savoir…
Marion Obam

