Non classé

Festival de Gorée : Le conservateur n’est pas mort

La diffusion par la Crtv de la 2ème édition du «Gorée diaspora festival» rappelle le rôle du célèbre gardien de ce site. –

Boubacar Joseph Ndiaye nous a quittés en février dernier. En novembre 2007, ce conservateur en chef de la maison des Esclaves de l’île de Gorée était encore l’un des points d’attraction à la 2ème édition de «Gorée Diaspora Festival». Grâce aux images de la télé sénégalaise Rts, la Crtv nous a gratifiés le 31 octobre dernier de quelques articulations de ce festival. Boubacar Joseph Ndiaye était dans ses œuvres : «le voyage sans retour» des Noirs du continent qui sortaient involontairement par une porte étroite sur l’Océan Atlantique. De cette porte, Joseph Ndiaye mimait encore le dernier voyage sans retour de l’Africain quittant son continent pour le nouveau monde où il perdra par la suite son nom d’origine pour celui du maître qui l’aura acheté comme du bétail.

Le pape Jean Paul II, et avant lui le chanteur James Brown avaient coulé les larmes en regardant Joseph Ndiaye imiter ce dernier voyage. Le pape fut tellement ému qu’il présenta les excuses de l’église catholique pour le rôle passif des missionnaires pendant la déportation des Noirs. Joseph Ndiaye, pendant cette édition qui sera la dernière à laquelle il prendra part de manière visible et déterminante, contera avec la dextérité d’un historien le passé de Gorée, de la traite des Noirs à l’installation de l’université des Mutants en passant par les deux guerres mondiales qui ont laissé d’innombrables impacts dans cette minuscule île.

Cet octogénaire fut compositeur typographe dans les presses coloniales de Dakar avant de devenir tirailleur dans l’armée française. Ses talents d’historien, de comédien et de prestidigitateur ont toujours étonné les visiteurs de la maison d’Esclaves de Gorée. Boubacar Joseph Ndiaye ne sera plus jamais à l’île de Gorée pour accueillir et éblouir ses visiteurs de ses récits attrayants, mais le festival de la diaspora lui continuera.
La 2ème édition que la Crtv a récemment rediffusée semblait avoir atteint son apogée pour un évènement naissant, en termes d’agencement des articulations. Son directeur, Augustin Senghor rassurait par ses propos : «La diaspora noire n’est pas seulement faite de ceux qui sont aux Etats-Unis ou aux Antilles ; la traite a envoyé nos frères aussi bien dans le Maghreb que dans les pays du Golf ; l’île de Zanzibar en Tanzanie était pour cela une porte de sortie avisée ; c’est pour cela que nous avons fait appel à tous ceux-là. Le résultat est très encourageant ; les éditions à venir nous permettront d’améliorer la participation.»

De cette participation, il était passionnant d’admirer les charmantes Antillaises balancer les hanches en dansant la biguine ; les Brésiliens et les Cubains remettant en piste la salsa. Les Africains du terroir n’étaient pas en reste : pour Manu Dibango, «le festival de la diaspora est une des meilleures réflexions culturelle du continent ; ce festival signifie que malgré le temps et la distance qui séparent les Noirs les uns des autres, ils peuvent penser ensemble, faire des choses ensemble pour souder des liens culturels et sentimentaux».
«Gorée Diaspora Festival» a certes sa cible : les Noirs déportés ; c’est peut-être la raison pour laquelle sa promotion n’est pas faite à l’intérieur des pays ; mais Gdf ne perdrait rien à mettre en commun les apports culturels de toutes parts. Les organisateurs ont là un sujet de réflexion.

Xavier Messè

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.