Douala : Julius Essoka enchante le Ccf
C’était jeudi au cours d’un spectacle de haute facture et très couru. –
1h30. C’est la durée de spectacle au standard international offert par Julius Essoka dans une salle comble du Ccf Blaise Cendras de Douala. Lorsque l’artiste musicien quittait les planches, le public, scotché sur les chaises, en redemandait, encore. "Hélas, les bonnes choses ne durent", lance, un fan. Dès l’entame du spectacle, Julius Essoka, cadre dans une entreprise de téléphonie mobile de la place surprend plus d’un. Ses traditionnels costumes cravates sont troqués par un polo noir et un pantalon blanc. Sa coupe de coiffure " respo " s’est métamorphosée en dreadlocks. Des chaussures en plastiques trivialement appelé les " ekambi " complètent ce look. Le spectacle s’ouvre sur un titre de son dernier album " Epass’i n’Epassi", sorti en 2008.
Sa puissante voix de vocaliste (il a collaboré Gino Sitson, un vocaliste de renom) capte vite l’attention. Ses déplacements sur les planches façon reggae men n’ont rien d’une mise en scène. En guise de dialogue avec le public, Julius Essoka le chambre franchement. Les fans réagissent par des boutades. La musique, elle, est une espèce de fusion. Jazz, blues, rock, high-life, du makossa soft et surtout folklore africains (ngosso, sekele, bolobo, bendskin, bikutsi) s’entrechoquent. Un cocktail de sonorités que d’aucuns qualifient d’" African jazz ". Mais l’intéressé est le premier à le renier énergiquement : " ma musique ne peut pas se résumer à un format ou à un courant. Elle est libre ", clame-t-il. Qu’importe ! Le public lui, reprend en chœur certains titres connus avec le musicien. Last but not the least, l’orchestre qui accompagne Julius Essoka est composé de la crème des musiciens de la capitale économique.
Collaborations
Denis Moussinga, au piano, dans son costume de chef d’orchestre avait un doigté à la Elton John. Alain Oyono plus connu sous le nom d’Alain Sax a prouvé au public que la relève du grand Manu Dibango sera assurée. Artur Manga, un virtuose de la guitare Bass a brillé par un doigté impressionnant. A la batterie, "Haoussa Drum’s" qui alterne entre baquette en bois et en… bambou. Le vocaliste qui chante aussi bien le baryton que l’alto enchaine tour à tour, une dizaine de titres de l’album "Epass’i n’Epassi", et même de son premier single sorti en 1998 : »Affaire nkap », »Makaki », »Bonobo », »Malea », »thank you Lord », »Malea », etc sont rapidement dévorés par un public visiblement satisfait.
Normal, puisque Julius Essoka, est moulé dans la musique depuis la tendre enfance. 3 h de musiques diffusée par un magnétophone et un tourne-disque. C’est un rituel matinal incontournable imposé par son père, aime à rappeler Julius Essoka. Mais ce sont les multiples collaborations avec Ndema System, Richard Bona, Fred Ndoumbe, mais surtout sa rencontre avec Tom Yom’s en Europe en 1992 qui vont forger le talent et le style de Julius Essoka. De retour au Cameroun, il est influencé par les sonorités bantou, sahélienne, et des côtes camerounaises. Le tout un cocktail de world music combiné au folklore africain. A ce style, il faut ajouter une bonne présence scénique lors d’un spectacle au standard international qui s’achève alors qu’on en redemandait encore. Et encore !
Eric Roland Kongou

