41èmes assises de la presse francophone
200 participants attendus demain à Yaoundé
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Le comité d’organisation des travaux qui se tiennent du 17 au 22 novembre prochains assure que tout est fin prêt.
« Tout est pratiquement bouclé », rassure Alain Blaise Batongue, le président de la section camerounaise de l’Upf. En effet, le comité d’organisation présidé par Albert Mbida, inspecteur général au ministère de la Communication, est à pied d’œuvre. Trois principaux sites ont été retenus pour ces assises. L’hôtel Mont Fébé abrite les participants internationaux, tandis que l’hôtel Franco loge les participants camerounais résidant hors de Yaoundé. Les travaux, tout comme la cérémonie solennelle d’ouverture, vont se tenir au Palais des congrès du 17 au 22 novembre prochains. Ici, un centre de presse a été ouvert et mis à la disposition des participants aux travaux ouverts aux membres de l’Upf. Au niveau local cependant, la liste des participants a été élargie aux responsables des médias locaux, invités à animer les ateliers. Cette initiative, explique Alain Blaise Batongue, va donner un nouveau souffle à la section camerounaise de l’Upf en lui offrant l’occasion d’enrôler de nouveaux adhérents pour rejoindre la soixantaine de membres qu’elle compte déjà et ainsi relancer ses activités dès l’année prochaine.
Chaque année, les assises internationales de l’Upf se tiennent dans une capitale et réunissent, autour d’un thème professionnel, les participants membres. Avant Yaoundé, elles se sont tenues en 2008 à Montréal au Québec, en 2007 à Abidjan en Côte d’Ivoire, en 2006 à Bucarest en Roumanie et en 2005 à Lomé au Togo. L’Union internationale de la presse francophone va célébrer ses 60 ans en 2010.
L’Upf en bref
L’Union internationale de la presse francophone (Upf) est la plus ancienne association francophone et la plus représentative des associations de presse dans le monde. Sa création a été décidée à Limoges en France en 1950, à l’initiative du journaliste canadien Dostaler O’Leary.
D’amicale et de structure de rencontre de journalistes de langue française à travers le monde, au début de son existence, elle s’est peu à peu transformée en une union professionnelle active, reconnue comme organisation internationale non-gouvernementale (Oing) par les plus grandes organisations internationales ou multilatérales comme l’Onu, l’Unesco, le parlement de Strasbourg ou l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).
L’Upf regroupe 3 000 journalistes, responsables et éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle, répartis dans 110 pays ou régions du monde, qui adhèrent, soit par l’intermédiaire d’une section nationale, soit individuellement. Elle a succédé à l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française (Uijplf) le 24 octobre 2001 à Beyrouth, en clôture des 33e assises de la presse francophone.
Le Comité international de l’UPF, composé des représentants des sections nationales, définit les grandes orientations de l’Union. Le Secrétariat général international, dirigé par Georges Gros à Paris, met en oeuvre les actions prévues.
Source : www.presse-francophone.org
Alfred Dan Moussa : « Tout ce qui circule sur Internet n’est pas œuvre de journaliste »
Le président de l’Union internationale de la presse francophone (Upf) parle aussi des attentes de ces 41èmes assises de la presse francophone.
Quel est aujourd’hui l’intérêt pour l’Upf de parler de l’éthique et de la déontologie du journalisme à l’heure d’Internet ?
Les questions d’éthique et de déontologie, qu’on les ramène à l’outil Internet ou pas, n’ont pas cessé d’être d’actualité. Les journalistes sont d’autant plus interpellés que le public les accuse souvent de ne pas respecter les règles du métier. Et quand cette question revient sous l’angle d’Internet, le problème se pose avec plus d’acuité parce que, si Internet est une chance, c’est aussi un danger quand on ne maîtrise pas tous ses contours. C’est un fourre-tout, c’est aussi beaucoup d’anonymat. Internet se soucie-t-il de la collecte, de la protection des sources et du traitement de l’information ? C’est une grosse question dont la réponse est aisée. Il se pose alors la question du respect de l’éthique et de la déontologie et, du coup, la question de la responsabilité du journaliste, de la liberté de la presse et du droit du public à l’information. D’où le thème des 41èmes assises de la presse francophone.
La France vient de reconnaître le statut d’éditeur de presse en ligne. Quelle est la situation dans les autres pays membres de l’Upf ?
Je pense que reconnaître le statut d’éditeur c’est déjà un pas, mais cela ne résout pas entièrement le problème. La presse en ligne est aujourd’hui une question incontournable et il faut aborder les questions qu’elle implique. Il faut bien faire la différence entre un site et une rédaction en ligne. Depuis près de cinq ans, l’Upf a amorcé cette réflexion qui doit aujourd’hui se poursuivre pour que, ceux qui ont des expériences à partager, réussites ou échecs, le fassent dans le cadre de l’Upf qui est un espace de renforcement de capacité.
Comment distinguer une rédaction en ligne d’un site Internet ?
Le travail que nous faisons est d’abord un travail de journaliste, c’est-à-dire collecter l’information, la sélectionner, vérifier la source, traiter cette information et la publier. Ce n’est pas parce qu’on transpose le journalisme sur Internet que cela doit changer. Lorsqu’un journal crée un site où il propose des informations parues dans le journal, on parle d’un site d’information. Mais lorsque de nouvelles informations viennent s’y ajouter, alors, on parle d’une rédaction en ligne, qui travaille bien sûr avec des professionnels, sinon on n’est plus sur le terrain du journalisme. Et c’est cela la difficulté. Tout ce qui circule sur Internet n’est pas œuvre de journaliste. Le public doit être assez vigilant.
L’éthique et la déontologie est-elle la même pour les médias traditionnels et pour la presse en ligne où les internautes peuvent donner leur avis sur un sujet donné ?
A partir du moment où un support se réclame d’une rédaction en ligne, elle a la responsabilité de tout ce qui paraît, du point de vue de la forme et du fond, qu’il provienne du public ou d’un journaliste. La responsabilité reste entière, qu’on soit dans les médias traditionnels ou dans les nouveaux médias. Par ailleurs, la meilleure liberté que le journaliste puisse réclamer commence par la responsabilité qu’il a de vérifier et de traiter l’information.
Face à la presse en ligne souvent gratuite, quel est l’avenir de la presse écrite ?
Au début de la presse en ligne, parce que chose nouvelle, elle était gratuite. Mais de plus en plus, les informations sur Internet sont proposées à la vente. Cela a créé un autre problème : le journaliste se dit que si un article qu’il a signé paraît dans un journal papier, il faut qu’il soit payé pour que le même article soit proposé en ligne. C’est pourquoi, il est important que patrons et employés se retrouvent pour se mettre d’accord sur un minimum et relancer le débat. Il faut en débattre avec les professionnels et aussi avec le public qui commande notre travail.
Quelles sont les attentes de ces 41èmes assises de la presse francophone ?
D’abord, l’Upf entend respecter chacun de ses rendez-vous. Chaque année, les journalistes francophones se retrouvent pour échanger sur les préoccupations les concernant mais aussi pour aller à la rencontre des peuples. Il est bon que nous nous donnions l’occasion d’échanger avec les peuples dont nous entendons parler, dont nous parlons et dont nous prenons la défense. Il est bon aussi de les écouter pour savoir si le travail que nous faisons correspond à leurs attentes. Au Cameroun, les assises de la presse francophone nous offrent l’occasion de connaître les besoins des médias francophones et de trouver des partenaires qui puissent échanger avec la presse camerounaise. Les confrères qui font partie de la presse francophone doivent se joindre à nous pour échanger. Aujourd’hui, nous venons à la rencontre des journalistes camerounais et demain, il faut qu’ils puissent se déplacer nombreux pour aller dans les pays où se tiendront les prochaines assises.
Stéphanie Dongmo

