Non classé

Les jumeaux de Masao sur les traces de l’esewé

Voila un opus qui n’a pas pu décoller sur le plan de la promo. Dès sa sortie, le goût du lucre et la mauvaise foi de certains personnages qui infestent les milieux du show biz ont étouffé une parturition qui ne méritait pas un tel traitement. – Les jumeaux de Masao sur les traces de l’esewé

Néanmoins, cet impair n’a pas altéré les qualités artistiques d’une galette dont l’architecture rythmique puise dans les méandres abyssales de l’univers culturel sawa et révèle sous un jour nouveau un esewé up to date.

Une musique au langage codé où proverbes, images et poésie portent une profondeur textuelle qui met à découvert les questions sociétales. L’esewé, tradition musicale que les jumeaux de Masao s’échinent à pérenniser trouve son essence et son inspiration en plein cœur des cérémonies rituelles qui estampillent certains évènements typiquement traditionnels ou locaux. (Les naissances, les mariages, les obsèques…) Le deuxième enfantement des jumeaux de Masao tranche avec leur première galette en 1997 marquée par plus de groove et des voix métallisées. «Mukeng» révèle le côté plus acoustique d’un groupe qui affiche aussi des timbres pas éloignés du reggae, de la pop ou du jazz. C’est en cela que l’esewé tel que chanté par les jumeaux trouve son authenticité édulcorée. «Di ma pula mbale», «Latala» respectivement première et troisième plage de l’opus, sont des illustrations grandeur nature. Alors que le premier titre est un hymne pour le triomphe de la vérité «latala» invite quant à lui les uns et les autres à comprendre le sens de la vie, prône la patience et le pardon.

Œuvre atemporelle

Pula Pula deuxième titre est un mélange de plusieurs chansons populaires dans lesquelles des onomatopées font le reste. Sur le fond, ce titre porte le message strident du respect des autorités traditionnelles ou des institutions comme des chefferies. C’est dans ce sillage qu’un hommage est rendu au Ngondo, fête traditionnelle sawa. «Ngondo» dixième titre pose le problème de la cohabitation harmonieuse entre le modernisme et la tradition, milite pour le respect des valeurs ancestrales. En bon croyants, Ben et Peter ont fait un clin d’œil au créateur de l’univers par l’entremise de «Loba» quatrième titre, véritable chanson de glorification. Loba qui signifie en duala Dieu, est imploré. C’est un message à portée religieuse qui trahit la reconnaissance d’un duo au Tout Puissant.

«Mukeng» est un album de 10 titres qu’accompagnent deux bonus track de Latala en français et en latin, masteurisés aux Etats-Unis d’Amérique. Pour ne pas faire dans la dentelle, deux clips vidéo, bien sentis, achèvent de convaincre les plus sceptiques pour ce qui est de la qualité originale d’une œuvre atemporelle. Beaucoup se triturent les méninges à l’effet de comprendre comment deux jeunes peuvent s’engouffrer dans la réhabilitation de l’esewé. C’est que, Ben et Peter ont été formatés dès leur tendre enfance par leur génitrice qui les amenait systématiquement à toutes les cérémonies traditionnelles comme des mariages, des deuils où des chansons populaires étaient fredonnées à tue-tête. Dès lors les deux chanteurs ambitionnent  de ventiler davantage l’esewé à l’échelle mondiale à travers un album qui est un régal. Shunt record se charge de le distribuer au Cameroun. Malgré la contrebande !

 

 

Alain NJIPOU

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.