Cinéma: L’histoire du génocide français au Cameroun reconstituée
La France a-t-elle ou non commis un génocide au Cameroun, à en juger par les coups de viols et les tueries observés pendant la guerre d’indépendance? –
Telle est la question à laquelle tente de répondre le Rassemblement de la jeunesse, à la faveur d’une séance de projection du documentaire « Cameroun, autopsie d’une indépendance » sur écran géant les 6 et 7 février 2010 à l’Institut Siantou supérieur. Au-delà de la fête nationale de la jeunesse, prétexte à ladite projection, le Rassemblement de la jeunesse entend capitaliser et attirer surtout l’attention de la jeunesse sur le poignant reportage intitulé Cameroun : autopsie d’une indépendance. «Celui-ci apporte un réel éclairage sur une partie de l’histoire du Cameroun, plus particulièrement de l’époque d’après guerre jusqu’à l’après indépendance, de 1950 à 1970. 20 longues et tumultueuses années pendant lesquelles contrairement à ce que semble dire le consensus, le Cameroun n’a pas été un pays de paix qui s’est dirigé vers une indépendance pacifique comme ont pu le faire des pays comme l’Australie ou le Canada ; bien au contraire, l’Afrique en miniature a été secouée pendant cette période entre une France voulant asseoir sa domination et quelques nationalistes défendant les intérêts camerounais» explique Sismondis Barley Bidjocka. Très instructif et assez complet, le reportage dévoile les points importants de l’indépendance camerounaise. Entre autre: comment Pierre Messmer a dans l’ombre, manipulé comme des marionnettes des pions importants qu’il a placés lui-même, et comment il a peu à peu écartés tous ceux qui ne partageaient pas sa vision d’un Cameroun sous tutelle française.
Le documentaire éclaire sur les différentes étapes du démantèlement de l’Upc. Il s’attaque aussi aux pions importants de ce parti supra nationaliste. De l’exil suivi de la mort suspecte de Félix Moumié, à l’assassinat d’Um Nyobé dont le corps a ensuite été traîné de village en village, on y apprend comment les leaders de l’Upc ont les uns après les autres étés «écartés» de la scène politique. On y apprend aussi que le règne d’Ahidjo, tant encensé comparativement à celui de Paul Biya, était loin d’être l’âge d’or qu’on a toujours cru. Selon le documentaire, le règne du premier président placé lui aussi par qui de droit, même s’il faut en garder un grand souvenir parce que ce dernier a inscrit son action dans la continuité, n’en est pas exempte de toute critique dans le sens de: la répression, la dictature et la censure. « Le documentaire montre comment les cadavres jonchent les rues ça et là, le 20 mai 1960, derrière le décor joyeux et festif de la première fête nationale camerounaise. Ce à quoi il faut ajouter l’interdiction totale à tout journaliste de filmer ou de retranscrire autre chose que les cortèges et différents festivals » commente Sismondis Barley Bidjocka.
A regarder s’exprimer des témoins de l’histoire des indépendances à travers divers témoignages puisés dans les deux camps ayant vécu à cette époque, on y découvre tous les points occultés de l’histoire du Cameroun ; notamment le bombardement au napalm de l’Ouest camerounais, une zone de résistance et de maquis. « D’un sourire mitigé, un témoin raconte comment ils surnommaient le napalm « acide », tant il brûlait tout sur son passage. Un autre témoin affirme que Messmer ne pourra jamais fermement démentir l’existence de ce génocide et du bombardement de la zone bamiléké» explique un témoin de l’histoire. Un autre d’en déduire que la réponse du Français ne contredit pas cette allégation.
souley.onoholio

