Spectacle : Henri Dikonguè milite en chansons
L’artiste a livré un concert intimiste et convivial jeudi dernier en faveur des enfants victimes de violences sexuelles. –
Cette fois, il a décidé de faire confiance aux musiciens locaux, et il n’a pas eu tort. Son orchestre lors du concert caritatif de jeudi 04 février dernier, a dévoilé un Henri Dikonguè des beaux jours. La cause valait visiblement la peine de se donner à fond la caisse. Aussi, le père de "C’est la vie" n’a pas fait économie de ses cordes vocales pour enchanter le public du Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala. Durant deux heures, Henri Dikongue a prêté sa voix aux millions d’enfants victimes d’abus sexuels à travers le monde, et au Cameroun en particulier. Le ras-le-bol s’est dit sur un répertoire de 12 titres. L’écho s’est fait entendre grâce au concours d’Haoussa Drums à la batterie, Manga à la guitare bass, Marcien Oyono à la guitare solo, Moussinga au piano, Alain Oyono au saxophone, la trompette et la flûte et Gaëlle Wondje au chœur. Tous les ingrédients étaient ainsi réunis pour un concert live mémorable.
Un sourire banane aux lèvres, Henri Dikonguè parcourt ses quatre albums. Entre "C’est la vie ", " Françoise ", " Né sous X ", l’artiste invite son public à une belle balade musicale. Des lyrics quelque peu mélancoliques, sous fond d’afro folk et de salsa. Juste ce qu’il faut pour dodeliner de la tête en souriant. La bonne humeur qui règne sur scène est contagieuse. La centaine de fans accompagne en chœur le soliste. De la gaîté pour oublier les sévices causés aux enfants. L’orchestre a mis du cœur pour que le spectacle soit une réussite. Néanmoins, la prestation de Gaëlle Wondje au chœur, a quelque peu fait regretter l’absence de Cathy Renoir. La choriste française au timbre envoûtant, qui accompagne généralement Henri Dikonguè depuis l’épopée de "C’est la vie".
Pédophile
Malgré ce bémol, le plaisir demeure. Tant qu’Henri esquisse de vifs pas de salsa. Virevoltant muni de sa guitare folk. Assise aux premières loges, Blanche Ongmesson, présidente de l’association "La Colombe", est contaminée par l’ambiance bonne enfant. Le temps du concert, elle semble oublier ces nombreux mineurs victimes de viols, d’inceste, de pédophile qu’elle a rencontrés depuis quatre ans.
En se produisant lors d’une série de deux concerts caritatifs à Douala et Yaoundé, le week-end dernier, Henri Dikonguè s’allie en effet à l’association "La Colombe". Une association dont le but est de sensibiliser l’opinion publique sur les agressions sexuelles sur les enfants. Pour marquer cette seconde édition de la journée internationale de lutte contre l’exploitation sexuelle, célébrée jeudi 04 février dernier, "La colombe" a invité Henri Dikonguè. Lui-même père de trois enfants, Henri a su prêter voix forte.
Monique Ngo Mayag

