Jean Pierre Bekolo: un homme nombreux
Voici quarante quatre ans que ce Camerounais pur et dur voit le jour dans la ville siège des institutions du Cameroun. Yaoundé. Après un cursus scolaire et académique (filière physique et chimie à l’Université de Yaoundé) quasi normal, il est reçu au concours pour le recrutement des monteurs à ce qui était encore à l’époque […]
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Voici quarante quatre ans que ce Camerounais pur et dur voit le jour dans la ville siège des institutions du Cameroun. Yaoundé. Après un cursus scolaire et académique (filière physique et chimie à l’Université de Yaoundé) quasi normal, il est reçu au concours pour le recrutement des monteurs à ce qui était encore à l’époque la Cameroon television (CTV). C’est alors que sa flamme pour l’audiovisuel prend un virage à 90 degrés. Il s’envole pour la France pour s’abreuver aux sources des techniques de diffusion, de réalisation dans le domaine de l’audiovisuel. L’Institut national de l’audiovisuel (INA) lui ouvre les portes pour une formation bétonnée. Au terme de celle-ci, il passe à l’action.
« Quartier Mozart » long métrage sorti en 1992, le révèle en plein festival de Cannes alors qu’il n’a qu’un quart de siècle, au grand jour dans sa nouvelle de posture de réalisateur et cinéaste. « Les Saignantes » dont la sortie a suscité des remous, est passé sur les fourches caudines de certains pontes du régime, est venu rabattre le caquet à ceux qui ne croyaient pas aux potentialités d’un cinéaste dont la production a fait la ronde du monde entier, une création née à la suite du long métrage intitulé «Le complot d’Aristote» paru en 1996. Dès lors Jean Pierre Bekolo…Obama (patronyme, qu’il n’utilise pas beaucoup, homonyme de l’autre), a gagné en notoriété. Auteur, réalisateur, producteur, monteur…excusez du peu. Il enseigne aussi le cinéma aux Etats-Unis notamment à l’University of North Carolina à Chapel Hill, à la Virginia Polytechnic Institute, à Duke University et en Afrique du Sud. Jean Pierre Bekolo est un homme pluridimensionnel qui vit entre la France, les États-Unis et le Cameroun où il s’implique dans de nombreuses activités.
Malgré cette réussite, il ne prend pas la grosse tête, mais reste plutôt égal à lui-même. Ses coups de gueule, son franc parler et sa lucidité n’ont pas pris de rides. C’est du moins ce qui ressort de cet échange que Le Messager a eu avec un cinéaste a la verve débordante. Le film sur Eto’o Fils et ses goulots d’étranglement, le peu d’enthousiasme des pouvoirs publics à financer ce projet, l’actualité culturelle au Cameroun et ses projets sont entre autres les centres d’intérêts d’un entretien édifiant.
Alain NJIPOU

