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Art-contemporain: Yaoundé découvre les « Décalages »

La manifestation apparaissait inédite. Jamais en effet dans « la ville aux 7 » collines et certainement au Cameroun, on avait vu un travail artistique dans le domaine des arts visuels d’une telle dimension et d’une telle technicité. Ce qui fait que lors du vernissage le 15 avril 2010 au Centre culturel français de Yaoundé par Bruno […]

La manifestation apparaissait inédite. Jamais en effet dans « la ville aux 7 » collines et certainement au Cameroun, on avait vu un travail artistique dans le domaine des arts visuels d’une telle dimension et d’une telle technicité. Ce qui fait que lors du vernissage le 15 avril 2010 au Centre culturel français de Yaoundé par Bruno Gain, ambassadeur de France au Cameroun, en présence de Ama Tutu Muna, ministre camerounais de la Culture, les critiques de l’art contemporain, les mélomanes amoureux et consommateurs du bonheur que procurent les arts visuels en étaient fortement impressionnés. « Il s’agit d’un travail professionnel qui séduit davantage pour la puissance de sa mise en scène », a lancé un artiste camerounais à la fin du vernissage.

L’idée a consisté à organiser une exposition d’art contemporain au Cameroun à partir des oeuvres acquises en France par l’Etat français, et rassemblées au sein d’une collection connue sous le nom de fonds national d’art contemporain que gère le Centre national d’arts plastiques (CNAP) dans l’Hexagone. La manifestation mise en route par Anne-Marie Charbonneaux et Richard Lagrange respectivement présidente et directeur général du Centre national des arts plastiques en France, a été confiée à l’expertise de Claude Allemand-Cosneau de la direction du Fonds national d’art contemporain (FNAP) qui fait office de commissaire général de l’exposition. Le projet dans sa réalisation a trois volets. Il y a le volet de Douala au centre Doual’art, puis celui de Bandjoun à l’espace Bandjoun station fondée par l’artiste plasticien Barthélemy Toguo, et enfin le volet de Yaoundé, localisé au Centre culturel français François Villon, et qui retient présentement notre attention avec comme thème « Décalages ».

Claude Allemand-Cosneau, animé par sa volonté de réaliser un travail de qualité a réussi à adapter le hall du CCF de Yaoundé (long de près 25 mètres, et large de 3 mètres), et aller squatter une minuscule salle au premier niveau de l’immeuble qui abrite le centre culturel François Villon et en faire l’exposition « Décalages ». Ainsi, dans le hall, le visiteur découvre de légers panneaux colorés installés d’un côté, avec en face une proportion de tableaux colorés. En fait, on vit là la réactivation « des installations dont la collection ne conserve que le protocole qui répond précisément à la question essentielle du rapport que la création entretient au lieu et au réel », pour reprendre un commentaire de Claude Allemand-Cosneau. Il s’agit ainsi des œuvres d’Etienne Bossut et de Pierre Bismuth, deux artistes dont la collection des œuvres se trouve au Centre national des arts plastiques en France. Les deux artistes traitent à leur manière de la sculpture. Etienne Bossut sculpte en ajustant en vitesse tous les objets de la vie quotidienne, de la louche de cuisine, au tableau monochrome de la cabane de chantier, à l’eau de bain. Pierre Bismuth quant à lui fait découvrir « Des choses en moins des choses en plus » qui constitue des sculptures aléatoires. On peut en tout cas rester un moment figé sur place pour découvrir la richesse du message que veulent traduire les deux artistes.

Dans la salle du premier étage du CCF, le visiteur découvre l’échelle réduite du musée en valise de Johan Creten avec les formes diversifiées des statuettes. De même que la minuscule maison de petits pois de Koo Jeong-A, une artiste d’origine coréenne qui vit en France depuis 30 ans. Tout comme les porcelaines de Christine Crozat qui marque une sculpture à la fois imposante et fragile. On oubliera pas l’œuvre intitulé « La voix de son maître » de Damien Deroublaix, qui présente un gros chien en train d’attendre les ordres de son maître, ou encore « Les mots de mai 68 » de Philipe Cazal, qui témoigne d’une volonté d’élargir les frontières conceptuelles de l’art en adoptant de manière critique des évènements esthétiques et stratégiques associés à la publicité et au marketing. En continuant la visite, on tombe sur l’œuvre de Pascal Convert qui a beaucoup travaillé sur les matériaux traditionnels comme le bois, le verre ou la céramique et qui utilise des techniques de reproduction comme la gravure, l’empreinte ou la moulage. L’oeuvre que le public de Yaoundé découvre au cours de cette exposition a pour titre « Vases anthropomorphes ». Il s’agit d’une espèce de main avec de veines ressorties, et coupée au niveau des doigts. On passe par la suite aux dessins de Wim Delvoye qui traduit une forme de représentation naturelle de son moi profond. On pense ainsi à son visage mis sous la forme d’un chien.

jean.francois.channon

 

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