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Art contemporain: Dak’Art 2010 sous le signe de la Renaissance africaine

Le chef de l’Etat sénégalais a inauguré vendredi 7 mai 2010 à Dakar la 9è édition de la Biennale de l’art africain contemporain

Aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar Yoff, jeudi 6 mai 2010. Il est 15h 14, heure locale (16h14 à Yoko). Un avion de la compagnie Air Ivoire parti d’Abidjan trois heures avant vient de se poser sur le tarmac. Le commandant Yago annonce personnellement aux passagers sa joie d’avoir pu les amener jusqu’à la capitale sénégalaise, « la ville de la Renaissance africaine ». Il annonce aussi la température locale : 25 degré, temps frais. Et il finit son propos en invitant les passagers à passer un bon séjour au pays de la Teranga, et surtout, de jeter un regard face à l’aérogare. « Vous y verrez une merveille ». Naturellement, après le désarmement des topos gangs, et l’ouverture des portes de l’avion, les passagers obéissent à  l’injonction amicale de leur sympathique commandant de bord. Sous leurs yeux, à quelques 500 m plus loin, face à l’aérogare de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, se dresse majestueusement l’immense monument de la Renaissance africaine récemment inauguré à l’occasion des 50 ans de l’indépendance du Sénégal. Tous les passagers qui n’avaient pas encore eu l’occasion de voir cet ouvrage sont dans une espèce d’hallucination. « Il s’agit d’une folie d’Abdoulaye Wade », lance, l’air apparemment agacé, un gaillard sénégalais qui semble ne pas beaucoup porter l’actuel président de la République sénégalais dans son cœur. En tout cas au moment où les passagers (dont beaucoup sont des invités officiels de la 9è édition de la Biennale de l’art africain contemporain Dak’Art) prennent place dans le bus qui les conduit vers l’aérogare, beaucoup ne cessent de savourer du regard cet immense œuvre d’art qui annonce et confirme en quelque sorte que le Sénégal est un grand pays de culture.

Et justement, l’art et la culture sont depuis ce 6 mai 2010 au centre d’un évènement culturel majeur en Afrique. Il s’agit de la Biennale de l’art africain contemporain, la fameuse Dak’Art. Près d’un millier des professionnels du monde des arts visuels, et de l’art contemporain sont en effet présents dans la capitale sénégalaise pour la 9è édition de cette manifestation dont le thème est « Rétrospective et perspectives ». Voila 20 ans qu’elle existe. La cérémonie officielle d’ouverture très courue par les Hommes de cultures venus du monde entier, a eu lieu dans la matinée du vendredi 7 mai 2010 au mythique Théâtre national Daniel Sorano situé dans le centre ville de Dakar. Elle était présidée par Me Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal en personne, qu’accompagnait son épouse Viviane. Le chef de l’Etat sénégalais est arrivé au Sorano sous les sons des crépitements des tam-tams Djembe, des guitares Goni et des hurlements d’une foule de griots traditionnels wolofs. En fait, le président sénégalais et son épouse étaient venus vivre leur passion commune de la culture. Car au pays de la Teranga, Me Abdoulaye Wade est considéré comme le «  Protecteur des arts, des lettres, et de la culture ». Son épouse Vivianne elle, est appelée « L’amie des artistes » pour l’accompagnement incessant qu’elle apporte aux hommes de culture et aux créateurs des œuvres de l’esprit. Une espèce de symbolique que tous les intervenants pendant la cérémonie d’ouverture officielle ont tenu à mentionner lors de leur prise de parole. On pense notamment a Gérard Senac, président du Comité d’orientation de Dak’Art 2010 et à Remi Sagna, représentant du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, grand soutien de la Biennale de Dakar. Le premier qui était à sa deuxième édition à ce poste, s’est félicité de l’implication au plus haut niveau des autorités sénégalaises dans le financement de la Biennale, alors que le second qui est d’ailleurs ancien secrétaire général de cette manifestation s’est dit heureux du fait que « la Biennale de Dakar est un cadre exceptionnel de connaissance, de promotion, de valorisation et de diffusion de diverses expressions de la création contemporaine. » Il s’est aussi félicité du thème retenu par le conseil d’orientation de Dak’Art 2010 : « Rétrospective et perspectives ». C’est assurément pour suivre l’adage qu’il nous propose de regarder ce qui a été fait jusqu’ici pour tracer les voies de l’avenir ».

Wade veut le mécénat culturel

Me Abdoulaye Wade, toujours relativement solide du haut de ses 85 ans, a parlé pendant près d’une heure. Pour lui,« la tenue de la présente édition de la Biennale de l’art africain contemporain se situe dans la perspective de la Renaissance africaine à travers le Cinquantenaire des Indépendances des pays africains, avec comme clou, la tenue en décembre prochain du 3è festival des arts nègres », a indiqué le président sénégalais. Me Wade a par la suite eu des applaudissements nourris lorsqu’il a annoncé que l’Assemblée nationale sénégalaise va dans les prochains jours adopter une loi sur le mécénat culturelle, loi qui va obliger les entreprises publique et privée du Sénégal à financer la culture en général et l’art africain contemporain en particulier.

Côté artistique maintenant, ils sont exactement 28 artistes africains et de la diaspora (dont des artistes haïtiens à qui le président Wade a rendu un vibrant hommage) qui ont été sélectionnés et qui ont l’honneur de figurer sur le catalogue 2010 de la Biennale. Ils ont fourni des travaux de rêve qui questionnent en fait le vécu quotidien de l’Afrique et du monde. Le plus illustre d’entre eux, à savoir le Grand prix Léopold Sédar Senghor 2010, d’une valeur de 5 millions de Fcfa est Moridja Kitenge Banza. Artiste de nationalité congolaise né en 1980 à Kinshasa, il a produit et réalisé un travail qui en fait sort du lot. Il s’agit d’une vidéo où l’on aperçoit l’artiste tout nu et sous plusieurs visages, en train de chanter l’espoir d’un monde meilleur en Afrique. Il a aussi mis un ensemble de tableaux constitués de petites cuillères, signe de disette sur un continent pourtant très riche. Tout comme il peint une multitude de billets de banques, synonyme de dépendance monétaire de l’Afrique. Son travail a séduit à l’unanimité les membres du jury. Tout comme le prix du ministre de la Culture du Sénégal attribué concomitamment à la Tunisienne Mouna Jemal, et à la Sud-africaine Svea Josephy. Les autres œuvres sont exposées au Musée national de l’IFAN, où a eu lieu le vernissage de l’exposition officielle qui ira jusqu’au 6 juin prochain.

En terme de rétrospective, la Biennale Dak’Art a choisi de revisiter les travaux des anciens lauréats. On peut ainsi revivre les merveilles des différentes créations qui auront en leur temps marqué l’histoire de la Biennale de Dakar. Tout comme le colloque qui se tient depuis le 8 mai au Musée national essaye de faire le bilan des 20 ans de la Biennale, en formulant sans aucune complaisance des autocritiques. Au final, il y a du plaisir à visiter les travaux de ces artistes de rêves. Que ce soient à l’exposition officielle, ou alors à l’exposition non officielle (off), tout le génie créateur de l’art contemporain africain éclate comme en pétiole, en questionnant la vie en Afrique, les perspectives du développement africain, et davantage comment faire renaître l’Afrique, et en faire un continent véritablement émergent.

jean.francois.channon

 

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