Photographie : La coiffure Bamoun, objet d’une exposition
Fabrice Ngon a procédé au vernissage de son oeuvre vendredi dernier à Yaoundé. –
Une gamme variée des coiffures Bamoun sont désormais exposées sur les murs du hall du Djeuga Palace à Yaoundé. Ces différents tableaux présentent les nattes, coiffures traditionnelles de l’époque des ancêtres en voie de disparition. De part sa présentation et sa décoration, les nattes sont attirantes. Les photographies aussi. Taillées au format 30 x 45 cm, leur couleur bichromie (noir et blanc) ne réduit pas leur attrait. " Le noir et blanc est utilisé pour montrer un travail de patrimoine. Cette couleur donne plus de valeur et de ténacité ", a expliqué Fabrice Ngon, l’exposant, par ailleurs photographe au quotidien Cameroon tribune. Il a indiqué que le public pourra admirer ces portraits pendant tout ce mois de mai, jusqu’en mi juin.
Parmi les premiers admirateurs, le roi des Bamoun, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya dont le musée dans son palais à Foumban fait partie du patrimoine de l’Unesco. D’ ailleurs, le peuple Bamoun organise cette année son rendez-vous culturel biennal, le Ngouon. Pendant la cérémonie de vernissage de vendredi dernier, Fabrice Ngon a fait ressortir à travers ces tableaux le message de la préservation, la sauvegarde et le rayonnement de la culture Africaine. Il a dit revaloriser la beauté africaine. Il a aussi choisi le canal de la photographie pour lui donner une place dans le cercle des arts plastiques, en tant que vecteur de communication.
Le photographe, qui n’est pas à sa première exposition, les précédentes s’étant tenues à Cente culturel français François Villon de Yaoundé, a par la suite présenté les origines de ces coiffures qui étaient faites par femmes Bamoun et présentées chaque fois au Roi pour lui faire plaisir. Lesdites tresses sont portées par des femmes de tous les âges et même de très jeunes filles. Au bout des tresses, des cauris chez certaines.
Au-delà du plaisir à faire à leur roi, les coiffeuses avaient aussi choisi de faire des nattes pour se lancer dans le domaine des arts, et faisaient chaque fois des efforts pour créer des coiffures qui sortent de l’ordinaire, afin d’attirer l’attention du public. D’où l’attention que le roi des Bamoun, Ibrahim Mbombo Njoya, sourire au bout des lèvres portait à Fabrice Ngon chaque fois que ce dernier lui présentait un portrait de femme. L’exposant s’est dit satisfait de ce travail qui lui a nécessité plus de six mois de réflexion, recherches et préparation de l’exposition qu’il annonçait déjà depuis quelques jours.
Josiane Afom (stagiaire)

