Conférence : La diversité ethnique en débat
Ludovic Lado a animé un échange au Ccf de Yaoundé mercredi dernier. –
"Diversité ethnique, pluralisme politique et intégration nationale", tel est le thème au centre d’en débat qu’a animé Ludovic Lado, enseignant à l’université catholique d’Afrique centrale (Ucac). Il ressort que l’historicité des sociétés africaines dans leur devenir politique est problématique.
Si pour la théorie matérialiste, l’Afrique postcoloniale était uniforme et dynamique, avant que les Français et lAnglais n’introduisent les ethnies qui sont venus la déstabiliser. Ainsi, les autorités politiques se faisaient la guerre en s’appropriant leurs biens et en s’offrant en esclavage. Les anthropologues quant à eux pensent que, avant la colonisation, des ethnies existaient déjà et les colonisateurs n’ont que spécifié.
D’où la déstabilisation de l’Afrique avant les indépendances. Ludovic Lado pense que les processus coloniaux n’ont pas seulement cristallisé les groupes fluides existants, mais ont créé des groupes ethniques.
Aussi, reconnaît-il, que l’instabilité des sociétés africaines ne date que de la post colonisation. S’appuyant sur l’exemple de Charles Atangana, chef supérieur des Ewondo et Bene, "c’est après la colonisation que Charles Atangana a organisé l’unité des Beti" a-t-il déclaré, expliquant la véritable déstabilisation de l’Afrique après la colonisation.
Parlant du pluralisme politique, l’un des arguments utilisés pour préconiser l’intégration nationale était la préservation des ethnies. Ainsi, les colonisateurs avaient au préalable déclaré que les Africains n’étaient pas prêts pour les indépendances, et reprennent ces propos en terme de démocratie, lorsque les Africains réclament la démocratie. En effet, "les premiers hommes politiques du Cameroun ont été confrontés au pluralisme politique et se faisaient l’idée que cela pouvait faire l’objet de la déstabilisation. Ils ont ainsi supprimé le pluralisme politique au profit du monopartisme, au nom de l’intégration nationale. Ils ont par ailleurs créé l’Union des Camerounais (Uc), qui va disparaître au profit de l’Unité Nationale du Cameroun (Unc), avant le retour au pluralisme politique, qui était fortement revendiqué par le peuple, dans les années 1990", rappelle le conférencier.
Josiane Afom (stagiaire)

