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Bassek ba Kobhio :« Que d’autres structures étatiques mettent la main à la poche »

Le délégué général du festival Ecrans noirs se bat sans cesse pour un plus grand soutien. –

Trois jours après que soient tombés les rideaux de la 14ème édition des Ecrans noirs, êtes-vous satisfait du déroulement des activités ou regrettez-vous que les choses ne se soient pas déroulées comme vous l’aviez planifié ?

Cela fait quand même quatorze ans qu’on fait les Ecrans noirs et j’ai appris à ne pas me satisfaire totalement d’une édition, j’ai appris à être heureux de ce qui s’est passé. Et en l’occurrence cette année nous avons fait une année pas mauvaise mais qui était aussi une année de transition tant au niveau humain parce que les personnes qui animaient l’affaire ont changé ; qu’au niveau de la compétition, de la programmation et de l’animation. Donc satisfait oui, dire que tout a été parfait je ne le dirais pas. Parce que ça serait bête de le dire tant il y a toujours des choses à améliorer. Mais globalement je suis satisfait.

 

Ecrans noirs a pour ambition de faire connaître les films africains, surtout aux Camerounais. Mais, dans cette édition, les participants ont déploré l’absence du public dans la plupart des projections…  

Dans les salles de projection, il y avait du monde. Les gens ont parlé de l’absence du public au village du festival. J’ai été à quelques projections où la salle était pleine. Je crois qu’au niveau du village du festival, nous avons eu un peu de malchance parce que le jour de l’ouverture du village, il y avait un championnat de basket-ball pour lequel il fallait payer pour entrer. Et donc, les gens sont repartis en se disant qu’il faudrait toujours payer. Ici, on peut payer pour tout pas toujours pour la culture. Je crois que la fréquentation a été relativement bonne. Il y a des séances peut-être où il y a eu des problèmes, c’est toujours comme ça dans tous les festivals du monde, il y a des films qui le plein d’autres pas, c’est tout à fait humain. La fréquentation de la salle qui était pour nous la chose importante alors que nous n’avons pas de salles de cinéma à Yaoundé, a été intéressante.

 

D’aucuns pensent qu’on n’a pas assez communiqué sur l’évènement. Que l’accent mis sur des têtes d’affiche, par exemple, intéresserait plus le public.

Chacun peut avoir son appréciation ; nous faisons la communication que nous estimons bonne pour le festival. Je ne pense pas que la communication de cette année n’a pas marché, maintenant chacun apprécie à sa manière. Vous savez les Camerounais il suffit d’un communiqué annonçant un match ou même pas de communiqué du tout pour que les gens se déplacent. Je crois que sur ce plan là peut-être qu’il y a toujours des choses à améliorer, c’est pour cela qu’on fera notre bilan. Mais j’ai des raisons de croire que la communication n’a pas été bonne.

 

Vos différents sponsors ont-ils respecté leurs engagements à temps ?  

Au moment où je vous parle, nous n’avons pas encore l’argent de nos partenaires, même pas les sponsors. Mais, ce n’est pas ça le problème. Le problème est que nous devons être capables d’avancer de l’argent. Donc, ce n’est pas par manque d’argent que la publicité ne se fera pas. Nous avons fait la publicité, nous avons fait d’autres choses et il est normal que nous soyons un peu plus crédibles aujourd’hui auprès des banques pour nous faire avancer de l’argent. C’est comme ça que nous démarrons, c’est depuis des années. Ce n’est pas une innovation cette année que l’argent n’arrive pas à temps. Nos partenaires d’ailleurs qui respectent toujours leur parole, décaissent l’argent un peu tard.

 

On note également des déceptions par rapport au film d’ouverture qui est aussi une sorte de vitrine du festival et peut amener le public aux autres projections… 

Vous pensez qu’un film de Calixthe Beyala sur Manu Dibango, qu’est-ce que vous trouvez de plus fort pour l’année. Vous vous le dites mais moi j’ai des gens qui jusqu’aujourd’hui demande à voir le film. Il faut savoir aussi qu’il y a des choix programmateurs qu’on fait. Ceux qui le disent, écoutez quand ils programmeront le festival ils mettront leurs films. Pour le moment c’est moi qui programme le festival et je pense qu’un film sur Manu Dibango sur lequel a travaillé Calixthe Beyala, je crois c’était assez intéressant de le présenter à nos téléspectateurs. Comme à la clôture du festival, j’ai choisi un film que j’estime grand. Je choisi aussi un film en terme de cinéma à voir pas forcément un cinéma qui appelle les gens dans les salles. Un film qui n’est pas peut-être dans la ligne des films camerounais qui passent fort, si non je passe un film nigérian, et j’ai le public qui suit. Mais je crois que c’est un film que j’ai choisi en connaissance de cause.

 

Que s’est-il passé avec les projections dans les universités et même dans certains quartiers de la capitale?  

Dans les quartiers de la ville nous avons peur de la piraterie. Nous avons tenté une ou deux fois et chaque année on a eu des pirateries de nos films. Ça, ça nous discrédite énormément auprès de nos partenaires. Donc on ne peut pas continuer, il faut que les gens se disciplinent  s’ils acceptent d’entrer dans notre giron. Pour les universités il se trouve que je leur ai demandé de participer par l’acquisition du matériel. Les années passées c’est nous envoyions notre matériels, mais je ne peux pas continuer à passer des films, à animer culturellement l’université sans qu’il y ait une participation de l’université qui nous reçoit. C’est un principe que je me suis forgé et j’irai dans des universités qui font un effort.

 

Les prix des meilleurs comédiens et comédiennes sont sortis de la compétition. Est-ce parce que les sponsors ne sont plus disposés à offrir des enveloppes ?

Non, au contraire ! Vous savez que le prix de la comédienne et du comédien c’est les premiers prix que les sponsors prennent. C’est nous qui avons décidé de supprimer cela parce que les deux années où nous avons remis ces prix, il n’y avait ni le comédien ni la comédienne qui était là. Alors cela veut dire que quand je veux un film, je contacte le producteur qui est souvent le réalisateur dans les films africains et celui qui vient ne fait pas venir un comédien ou une comédienne. Cette il y a eu un comédien et une comédienne qui sont venus sur un film, mais ce n’est pas souvent ça. Donc quand vous donnez un prix, ce ne sont pas eux qui sont là, et ça pose un problème pour le sponsor qui quand il donne un prix veut une photo avec la comédienne en recevant son prix. Donc on n’a décidé de suspendre, en attendant d’avoir plus de moyens pour faire venir et le réalisateur et les comédiens.

 

Vous citez le ministère de la Culture au premier rang de vos partenaires institutionnels, qu’avez-vous reçu de lui cette année ?

On a reçu de l’argent et puis un appui en matière de conseils et d’infrastructures.

 

Une opinion soutient que pour permettre au festival d’avoir une bonne assise financière, l’Etat devrait endosser une bonne partie des dépenses. Faites-vous des démarches à propos ?

Si, vous savez que jusqu’à la neuvième édition on n’avait rien du ministère. A partir de la dixième on a eu et on continue, on se bat chaque année pour avoir des financements du ministère. Nous pensons que c’est la responsabilité des services publics de nous soutenir, mais bon ça demande des démarches, ça demande une stratégie permanente. Je soutiens ce que pense cette opinion, que l’Etat devrait nous en donner un peu plus. Ça veut dire que le ministère de la Culture seul ne peut pas le faire il faudrait peut-être que d’autres structures de l’Etat mettent la main dans la poche.

 

L’année prochaine, Ecrans noirs fête ses quinze ans. Quels aspects allez-vous capitaliser pour que ce soit une édition mémorable ?

Quinze ans c’est une date, c’est symbolique comme le dixième anniversaire. On fera tout pour que ce soit une belle fête. Mais attendez qu’on ferme la 14ème édition pour parler de la quinzième. Mais c’est une grande date pour nous et j’espère que nous ferons une très belle fête.       

 

Les prix Ecrans noirs

Ecran d’Honneur (hors compétition)    Décerné à un réalisateur, à un comédien ou à tout professionnel africain de cinéma pour son œuvre.          

Ecran d’Or      Décerné au meilleur film de long métrage de fiction par le jury officiel du long métrage.

Ecran du scénario        Décerné par le jury officiel du scénario, il consacre 5 scénarii par ordre de mérite. Le premier se voit attribuer le prix. Une résidence d’écriture est organisée pour les 5 lauréats.     

Ecran du court Décerné au meilleur film court métrage par le jury officiel du court et du documentaire.           

Ecran de l’espoir          Décerné à une première œuvre de format vidéo ou numérique par le jury officiel du long métrage, ce prix est en même temps une incitation à l’exploration des voies peu coûteuses de faire des films.         

Ecran du doc

  

Décerné par le jury du court métrage et du documentaire au meilleur film documentaire.

 

Propos recueillis par P.N.
La Nouvelle Expression

 

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