Repenser le développement en Afrique
Beaucoup d’africains pensent ce que le développement de l’Afrique passe par la copie tous Azimuts de modèle occidental. Ainsi, dans l’esprit de beaucoup d’africains, la notion de développement passe par « imiter les blancs » ou faire « comme les blancs ». –
Or le problème est le suivant : tout développement suppose un modèle de sciences humaines pour aboutir a ce développement. Et chaque peuple applique un modèle de sciences humaines pour aboutir a un développement qui lui est propre et qui lui est adapté en fonction de sa culture ses valeurs et ses traditions.
Ainsi les pays dits développés ont leur propre modèle politique, leur propre modèle économique, leur propre modèle social et culturel, leur propre modèle religieux et spirituel.
Ainsi en Occident, les occidentaux ont leurs propres modèles politiques tels de les monarchies parlementaires, les républiques, les institutions (exemple l’union européenne), les constitutions, etc..
Ils ont leurs propres modèles économiques avec les théories des Smith, Marx, etc , leurs industries, de même que leurs propres monnaies.
Ils ont leurs propres modèles socioculturels, et éducationnels avec les langues, les cultures, les traditions les fêtes, le nouvel an, les gay prides, les festivals, etc.
Ils ont leurs propres modèles religieux et spirituels avec le judéo-christianisme.
Il en est de même pour les asiatiques, qui malgré les évolutions ont adapté leurs modèles de développement dans leurs cultures valeurs et traditions. Ainsi dans le cas des chinois par exemple, ils ont leur propre modèle politique avec le parti communiste, chinois, leurs propres modèles socioculturels et éducationnels avec la langue chinoise parlée et écrite comme langue officielle, leurs propres fêtes (nouvel an chinois, etc..) leurs propre modèle religieux et spirituel (taôisme shintoïsme, bouddhisme, etc..), leur propre modèle économique avec leurs industries, leurs modes de production, leur propre monnaie etc.. Et j’en passe.
Ces simple observations montrent qu’aucun pays ne se développe en copiant tous azimuts les modèles des autres. Les peuples qui se développent ont leurs propres modèles, et même lorsqu’ils copient quelque chose quelque part ils l’adaptent pour pouvoir l’harmoniser chez eux au regard de leurs cultures, leurs valeurs et leurs traditions.
Les modèles des autres sont adaptés à eux. Ils sont donc inadaptés si on les applique dans une autre culture. Donc prendre des modèles occidentaux (ou hérités de la colonisation) et venir les appliquer en Afrique crée forcement des modèles de développement inadaptés en Afrique, des modèles n’étant pas en phase avec nous, nos cultures, nos traditions et nos valeurs.
Or les africains sont les seuls qui parlent tout le temps de développement sans penser a leur propre modèle de développement. C’est pourquoi on a l’habitude d’entendre chez les africains, des propos du genre : « il faut avancer » ou « il faut se développer », etc. Mais on ne se pose jamais la question qui est celle-ci : avancer ou se développer? D’accord, mais sur quelles bases ou modèles politiques ? Sur quelles bases économiques ? Sur quelles bases spirituelles ? Sur quelles bases socioculturelles ?, etc..
Ce sont les seuls qui pensent pouvoir se développer sur des modèles de sciences humaines de développement des autres. Ainsi en Afrique on a :
Modèle politique : importés (démocraties, élections, constitutions, lois, etc.)
Modèles économiques : importés, avec des theories importées et inadaptées a la réalité africaine , avec parfois des monnaies elles mêmes importées.
Modèles socioculturels : importés
Modèles religieux (judaïsme christianisme islam)
Donc rien chez nous n’est authentique, nous n’avons pas de sciences humaines propres, tous est copié de l’extérieur. Et le résultat des copies nous le voyons depuis 50 ou 60 ans « d’indépendances » africaines.
C’est pourquoi tant que nous ne retournerons pas dans nos propres valeurs, traditions, cultures pour y puiser nos propres modèles politiques, nos propres modèles économiques, culturels, et spirituels, afin d’y trouver des modèles plus adaptés a nous, nous ne pourrons jamais nous en sortir.
Dans l’histoire africaine nous avons tous ceci : des royaumes (donc des organisations politiques, des lois, etc. adaptés au continent)
Des modèles économiques et des modes de production sur lesquels les royaumes et empires s’organisaient,
Des modèles socioculturels avec des fêtes, des coutumes, des langues, etc..
Des modèles spirituels tirés de notre spiritualité ancestrale.
Ces modèles sont ceux que nous ont laissés les ancêtres qui ont vécu et fait l’histoire avant nous. Ces modèles sont ceux qui nous ressemblent car adaptés au contexte africain. La meilleure chose à faire c’est de fouiller notre passé afin trouver tous nos modèles de sciences humaines propres, mettre tous ces modèles au gout du jour, afin de bâtir l’Afrique du futur sur ces modèles de sciences humaines, ainsi la renaissance et le développement du continent prendront un gros coup d’accélérateur et pourront devenir une réalité, car aucun peuple au monde ne se développe que sur les modèles des autres. Voici tout le sens du travail de Cheikh Anta Diop qui n’a pas fouillé l’histoire pour rien mais pour batir un corps de sciences humaines tiré de l’histoire et de la civilisation de l’Afrique, afin préparer le futur de l’Afrique sur des bases de sciens humaines africaines, donc des bases et des modèles propres a l’Afrique, comme font tous les peuples. Cheikh Anta Diop nous dit dans civilisation ou barbarie, Editions présence africaine, 1981 :
« Pour nous, le retour à l’Egypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour pouvoir bâtir un corps de sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine. Loin d’être une délectation du passé, un regard vers l’Egypte antique est la meilleure façon de concevoir et de bâtir notre futur culturel. L’Egypte jouera, dans la culture africaine repensée et rénovée, le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale »
Cet extrait vidéo tiré d’une conférence qu’il a donnée en 1984 a Niamey au Niger, le montre en train d’expliquer aux gens le sens de toutes ses recherches et du travail qu’il a accompli. Bon visionnage
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