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Culte de l’étranger quand tu nous tiens !

Lundi, aux heures de sortie de bureau, les automobilistes empruntant la voie UGB/Village artisanal ont eu la mauvaise surprise de trouver la voie bloquée pour une raison pour le moins insolite… Pendant plus d’une demie heure, la route a été barrée pour permettre aux Brésilienne invitées au Carnaval International de Libreville(CIL) de faire leurs courses en toute quiétude ! –

 

Que l’on invite des Brésiliennes pour venir « rehausser » le niveau d’un carnaval visant à mettre la culture gabonaise en valeur (à croire qu’elle n’est pas d’un niveau suffisamment intéressant…), passe encore.

Mais que l’on bloque la circulation pendant plus d’une demie heure parce qu’elles (les Brésiliennes que vous avez vu en string samedi dernier) sont en train de faire les courses au Village Artisanal, on a simplement envie de dire « Stop » ! « Basta » ! « De qui se moque-t-on » ? (Version polie et édulcorée de ce qu’on a réellement envie de crier en pareille circonstance).

Cette information peut paraître invraisemblable mais c’est pourtant ce qu’ont vécu lundi, des dizaines d’automobilistes en colère, qui se sont vus bloqués sur la voie UGB/ Village Artisanal parce que la délégation accompagnant les « guest stars » du Carnaval International de Libreville (CIL) avait tout bonnement décidé de bloquer la voie pour permettre à leurs charmantes invitées de faire du shopping en toute quiétude.

C’est ainsi que le bus qui transportait les jeunes femmes, accompagné d’un véhicule de police (qu’on ne voit jamais dans les vrais moments d’urgence), d’une ambulance du SAMU (certainement au cas où l’une des précieuses danseuses s’attraperait un coup de soleil) et d’un véhicule de la délégation du CIL ont barré la route, créant un embouteillage monstre et obligeant les automobilistes (de pauvres Gabonais fatigués par une dure journée de travail et cherchant à rentrer chez eux) à patienter jusqu’à ce que les « reines de la samba » aient fini de faire leurs courses.

Le manège aura duré plus d’une demie heure avant que la circulation ne reprenne.

Face à une telle attitude, on a juste envie de demander : Jusqu’à quand le Gabonais va-t-il continuer à vouer un culte quasi divin à tout ce qui n’est pas de chez lui ?

Exit le respect du à autrui ! Quand un étranger est là, il devient le dieu du moment.

On veut bien croire qu’il soit question de confirmer notre réputation de « terre hospitalière », mais il y a des limites quand même !

Bafouer les droits de citoyens gabonais parce qu’on veut être bien vu d’un invité étranger, ce n’est pas de l’hospitalité mais un gros complexe d’infériorité qui veut qu’on vénère tout ce qui n’est pas de chez nous !

Sans vouloir offenser ces demoiselles qui n’ont rien demander à leurs humbles serviteurs plus que dévoués, (en même temps on les comprend !qui refuserait d’être accueilli comme un chef d’Etat ?!), le jeu en valait-il la chandelle ?

Ah Gabon, terre de contradictions…

Alors qu’on parle de vertus, de dignité et de pudeur tous les jours dans les médias…

Alors que chaque année, des âmes bien pensantes font des campagnes de sensibilisation à l’endroit des jeunes filles à qui on demande d’être « dignes » dans leur façon de se vêtir ;

Alors que les anciens regardent, impuissants, nos jeunes générations se dénuder de plus en plus pour « être à la mode » ;

Alors que nos chers dirigeants prônent chaque jour l’importance de nos valeurs traditionnelles et l’urgence pour nos jeunes d’y retourner ;

Alors que ces mêmes autorités créent des brigades pour lutter contre la dépravation des mœurs ;

On applaudit et on admire des jeunes femmes dansant en string devant de jeunes enfants !

Il est clair que des popotins étrangers à l’air libre, c’est beaucoup moins choquant que s’il s’était agi de Gabonaises…

Mieux : c’est carrément plus classe. Plus culturel. Plus beau. Et n’oublions pas : ça rehausse le niveau du carnaval !

Si bien que même le Ministre de la culture s’est fondu en remerciements et autres salamecs pour dire tout le bien qu’il pensait de ces merveilles venues d’ailleurs.

Inutile de rappeler (on ne l’a que trop souvent fait) que l’Emergence à laquelle aspirent nos dirigeants, c’est aussi dans la tête que ça se passe.

Et à regarder où en est encore à travers de tels comportements, le chemin risque d’être malheureusement long. Très long.

Publié le 27-02-2013    Source : GabonEco     Auteur : SEE  

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