Babel Leontine Bobeni
Il n’y aura que des caricaturistes camerounais.
La promotrice du festival de la caricature, la 8è édition qui débute ce jour, affirme que c’est pour préparer les artistes locaux aux concours internationaux.
Propos recueillis par G-Laurentine Assiga –
L’édition 2006 du festival international de la caricature et de l’humour de Yaoundé (Fescarhy) a pour thème "la caricature, autrement vue". Pourquoi cet appel à un autre regard ?
Cette édition a une autre connotation. Elle met un accent particulier non seulement sur cette autre forme de communication, mais également sur le patrimoine culturel camerounais. Au cours de cette 8ème édition, on verra la caricature se décliner sur d’autres supports que du papier. Je citerai en passant les calebasses, les tee-shirts, les cartes postales. C’est ce qui explique la thématique la "caricature, autrement vue"
Quels messages espérez-vous faire passer à travers ce nouveau concept?
Les messages que nous comptons faire passer sont simples. Le tout premier, c’est qu’il n’y a pas de sot métier. On peut construire sa vie quel que soit le métier que l’on fait. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous présenterons également l’école de formation "le crayon de Djino", que nous avons mise sur pied. Le deuxième message est tout simple aussi : nous pouvons créer des choses propres à nous et pouvons avoir la fierté de présenter notre identité aux rendez-vous internationaux
Devrait-on comprendre que la 8è édition est spécialement camerounaise étant donné que votre liste des invités ne comporte aucun nom de caricaturiste étranger?
Oui, elle l’est essentiellement. Car, désormais, le Fescarhy aura une édition spéciale Cameroun et une édition internationale, une année sur deux. La spéciale Cameroun est une édition réduite en nombre, certes, mais forte en réalisations. Elle aura le mérite de donner un avant-goût de la participation des Camerounais non seulement à l’édition internationale, mais également à d’autres rendez-vous dans d’autres pays.
Pour cette 8è édition, vous vous proposez également d’éditer des cartes postales et une brochure de caricatures. Pourquoi?
Il est question ici de mettre en image les gags et les blagues courants au Cameroun et en Afrique. Nous sommes de plus en plus occupés. Il devient difficile de trouver le temps de communiquer, de se détendre et de se parler. A travers cet autre moyen de communication, nous pourrons certainement faire passer des messages (codés ?) et redonner un coup de neuf aux relations qui commençaient à se détériorer.
Dans votre programme, il est prévu la présentation du projet babel@rt. De quoi s’agit-il?
Il s’agit tout simplement d’un label. C’est une structure qui permettra aux dessinateurs de mettre en exergue leur talent et de gagner de l’argent à travers les idées qui seront proposées. Car, de par ma petite expérience, travailler sous la bannière d’une association à but non lucratif ne tente plus les gens. La perspective du gain est plus propice à la création, eu égard au contexte dans lequel nous vivons.
Pensez-vous, à travers le Fescarhy, avoir atteint l’objectif que vous vous étiez fixé, à savoir la vulgarisation de la caricature camerounaise?
Je pense sincèrement que l’objectif est atteint, bien que le contexte ne soit pas toujours favorable à l’entreprise culturelle. Car, les dessinateurs sont de plus en plus sollicités dans des projets. L’on a compris qu’on pouvait faire facilement passer des messages à travers les dessins.
source : http://www.quotidienmutations.net

