Anicet Kana : Un chantre expérimenté
Il a remporté le concours de la chanson 2006 grâce à un titre poignant dédié à sa mère.
Marion Obam – Tout ce qui peut pousser à se retourner sur son passage, ce sont ses dreadlocks embryonnaires. A peine longs de 1cm. Son physique ordinaire contraste pourtant violemment avec l’énergie qu’il dégage quand il tient un micro. Anicet Kana, 22 ans, lauréat 2006 du concours national de la musique organisé par la marque Mutzig de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun a donné à voir de son talent.
D’abord lors de la finale déroulée le 8juin 2006 au gymnase du Collège De la Salle de Douala, où il a fallu prester comme un professionnel devant un public de près de 1500 personnes, un jury présidé par Missé Ngoh et surtout être le meilleur face à quatre autres candidats prêts à tout pour emporter le premier lot. Ensuite pendant la soirée de remise de prix : « Ce n’était pas évident. Je ne savais même pas que je pouvais gagner. Tout a mal commencé le concours se déroule en quatre étapes, c’est le total des points qui permet d’avoir une place parmi les cinq derniers qui vont à la conquête du titre. Dans le Sud-Ouest, j’étais 12ème au classement général », confie Anicet Kana.
Il n’a pourtant pas abandonné. Au contraire, il a travaillé. Appris chaque jour auprès des encadreurs qu’étaient Alhadji Touré, Narcisse Pryze. Petit à petit, le garçon de Bonabéri a remonté la pente, après avoir détecter sa faille : « Le titre « Mema Wom »que j’interprète est dédié à ma mère. Celle qui m’a élevé, mais aussi à toutes celles qui prennent soin de leur enfant, même si elles n’ont pas d’époux. C’est une expérience personnelle et je n’arrivais pas à faire partager cette émotion au public. Mais quand cela a été possible tout est allé vite « . A l’étape de Yaoundé, il était 6ème et 4ème à l’Ouest. Un cumul de points qui lui permet d’être 3ème au classement général devant les 80 candidats du départ. Il a son ticket pour la finale. C’était déjà une réussite. Mais celui qui dirige la chorale Holy Sons à l’Eglise presbytérienne camerounaise de Bonabéri, non loin du Centre Equestre depuis près de sept ans ne veut pas s’arrêter en si bon chemin.
Surtout que quand il voit le parcours depuis ce 4 mai 2006 où il est allé s’inscrire au Centre des Brasseries de Bonabéri pour ce concours national de la chanson, il commence à y croire fortement. Il fredonne quelques cantiques avant de monter sur le podium, il sait que l’Eternel Dieu est avec lui. Mais pour arriver à ses fins, il doit se surpasser. Leçon qu’il a retenue après une faute lors de son premier jour de formation en sertissage, confection des flexible industriel. L’erreur avait été rattrapée, mais son chef de section lui avait « que chaque situation n’offre pas une seconde chance ». Et depuis ce jour quand une opportunité se présente, il la saisit de toutes ses forces, y met de la conviction, de la passion et saupoudre le tout avec un zeste d’amour.
Lors de la finale, Anicet Kana a ému, il a chanté d’une voix nette et propre, il réussissait sans faute ses montées en aigus. Quand le souffle voulait lui manquer, il se pliait et c’est de la main gauche poussée vers l’avant qu’il allait chercher la note juste. Une prestation qui lui a valu d’être le lauréat 2006 du concours national de la chanson Mutzig avec 74,25 points. Mais aussi 500.000Fcfa et la production de son album par les Brasseries du Cameroun. Un avenir, qui s’il est bien gérer, permettra de pouvoir d’ajouter un nom à la liste de jeunes artistes talentueux, capables d’assurer une relève honorable à la musique camerounaise.


