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Petit Jo : La preuve de mon Evolution

A 25 ans et un premier album, le chanteur de bikutsi nourrit des ambitions de superstar.
Eugène Dipanda – Rien qu’à voir ceux qu’il considère comme ses idoles dans la musique, on peut facilement imaginer quelle voie voudrait emprunter Joseph Eugeny Mbah, alias Petit Jo. L’artiste veut, en effet, ressembler à Ange Ebogo Emérant et Aï-Jo Mamadou, deux icônes du rythme bikutsi, qui, dans leurs chansons, accordent une place importante aux textes. Pour la sortie de la toute première œuvre de sa carrière, "Evolution", Petit Jo a donc choisi de s’engouffrer sur le chemin balisé par ces aînés. Une volonté qui peut paraître surdimensionnée, mais qui en dit cependant long sur ce jeune homme de seulement 25 ans.
"Evolution", dans le fond, n’a rien d’un album commis par un débutant. Au contraire, on ressent une certaine maturité chez le chanteur. Lequel, comme quelques-uns des ses modèles, a opté pour le "bikutsi pur", avec des accents virant parfois au bol, le rythme traditionnel des peuples fang – beti. La voix passablement grave de Petit Jo, ainsi que sa parfaite maîtrise des gammes le long des six titres qui composent "Evolution", témoignent par ailleurs de cette envie de se mettre, très vite, au niveau des meilleurs dans le domaine professionnel qu’il a librement choisi. Une sorte d’aboutissement également, pour ce jeune passionné, qui a toujours rêvé de musique.

"Depuis des années, il n’avait cessé d’écumer les cabarets de la capitale, remettant sans cesse le métier sur l’ouvrage. Une éclosion elle-même consécutive à une âme d’artiste déjà forgée depuis les soirées culturelles à l’école dans les années 1994 à 1996, puis dans le cadre de la chorale Saint Joseph de Mefomo, où il s’affirme comme le chanteur principal. Passé sous l’aile du guitariste Olinga Chapô, il devient très vite un chanteur au talent indiscutable", apprend-on à travers une note de présentation du producteur de "Evolution", Ets Appel.
Côté thèmes, Petit Jo ne réinvente rien. L’artiste s’intéresse aux problèmes de société auxquels font face ses contemporains. La condition humaine forcément, mais aussi l’amour, le mariage, la patience… Dans le titre "Tsimi Evouna", il rend hommage à l’action du délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé. "Tout le monde te soutient, Tsimi Evouna Gilbert alias Ville propre. Tu dois poursuivre ton œuvre…", entend-on. Pour ce qui est de "Enying dzama" (Ma vie), il s’agit d’une sorte d’exposition des misères de Petit Jo. "Je n’ai pas de diplômes, pas d’emploi. Je ne suis qu’un va-nu-pieds du Cameroun…", chante-t-il.

En parrain, Olinga Chapô a guidé les pas de l’artiste de bout en bout. Principalement dans les studios Mangola Home à Yaoundé, pour la confection de "Evolution". Lequel album aura également bénéficié de l’expérience d’un certain Charlie Mveme pour ce qui est des arrangements. Michel Mbarga a appuyé Olinga Chapô aux guitares ; tandis que le mastering a été assuré par Emmanuel Youmbi. Une équipe restreinte, qui a néanmoins pu aboutir à un résultat plus qu’appréciable. En cette période de fête de fin d’année où la création musicale est particulièrement florissante, l’album "Evolution" devrait en effet pouvoir s’imposer de lui-même. Car, selon son concepteur, "Mon but est de laisser une marque dans la musique camerounaise, ne pas mourir".

Fiche technique

Album : Evolution
Auteur-compositeur : Petit Jo (Mbah Joseph Eugeny)
Rythme : Bikutsi
Nombre de titres : Six
Production : Ets Apel
Sortie : Octobre 2008
A écouter : Etas Aluk (Mariage), Finn (Patience), Evolution…

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