Non classé

Droits d’auteur: Des artistes crient au détournement à Douala

Depuis quelque temps, la gestion des droits d’auteur donne des insomnies à certains artistes camerounais. – Hier (2 août) un collectif d’artistes s’est réuni à la Résidence Hôtelière La Falaise de Douala pour déverser devant la presse, leurs griefs contre la gestion “opaque ” de la Cmc. Autour de la table, André Marie Talla, Ottou Marcellin, Dinaly, Tom Yoms, Rachel Tsoungui, Ekambi Brillant et Beko Sadey. Tout ce beau monde est vêtu de noir et porte un bandeau de même couleur autour de la tête. Cette tenue n’est pas anodine. “ Nous faisons le deuil de nos droits depuis 40 ans ”, affirme Tom Yom’s. A tour de rôle, ils prennent la parole pour vilipender les gestionnaires de la Cmc. Des chiffres sont avancés sur ce qu’on peut appeler un vol organisé à la Cameroon music corporation. Mais aucun document pouvant éclairer les journalistes présents sur les propos tenus, ne leur est remis. “ Nous les mettrons à la disposition de nos avocats le moment venu ”, clame Ottou Marcellin.

A en croire Dinaly, Sam Mbende et son équipe ont perçu à ce jour plus de “ 400 millions de la Crtv mais, les sociétaires qui devaient empocher 200 millions [dans ce pactole], n’ont perçu que 40 millions, [tandis que celui-ci a soustrait de ladite somme], 100 millions pour son fonctionnement ”.

Après les différents exposés, la parole est donnée aux journalistes. Des constats et questions fusent de part et d’autre. Pour ce qui est des 400 millions versés par la Crtv à la Cmc, Socrate, de L’Autre journal se fait l’avocat de la Cmc pour expliquer qu’en fait c’est de 350 millions qu’il est questions. Cet argent est reparti entre la Cmc, la Scaap, la Socadap et la Sociladra. Aucune réaction du côté des plaignants. Aretha Louise Mbango, de la Crtv Fm 105, comme bon nombre de ses confrères présents à ce rendez-vous de presse, voudrait savoir pourquoi ces revendications ont cours seulement aujourd’hui, quand on sait quel chemin les sociétés de droits d’auteur ont parcouru dans ce pays, (Socinada, Socim, Socadrom, Cmc…) et, jusqu’où les dissidents comptent aller. Dinaly tente une réponse. “ Nous avons eu le temps d’observer la gestion de M. Sam Mbende avant de réagir. Qu’on mange votre argent et vous nargue en plus, ce n’est pas possible ”, s’insurge l’artiste.

Histoire raconte…

Le collectif qui a fait servir une citation directe à Sam Mbende, appelé à se présenter au tribunal le 24 août se dit déterminé à aller jusqu’au bout de sa démarche. “ Je suis prêt à me mettre devant les canons et laisser tirer sur moi, pourvu qu’on me donne mon argent. Je suis artiste depuis plus de trente ans et je ne me laisserai pas spolier ”, crie Tom Yom’s. Toutefois, on aimerait savoir quelle gestion, le collectif propose pour le droit d’auteur au Cameroun, afin qu’on ne retombe pas dans les mêmes travers avec la prochaine équipe. “ Il faut lancer un appel d’offres. Les candidats qui se présenteront, seront sélectionnés. Le candidat retenu, gérera nos droits et nous rendra compte. Les artistes ne sont pas des gestionnaires ”, propose Ottou Marcellin.

Ce mercredi, on se serait cru à une séance de conte populaire, où chaque conteur changeait de ton au moment voulu, selon le message à faire passer. L’occasion a ainsi été donné à Tom Yom’s, de mettre à nu ses relations passées avec Sam Mbende. Un vrai déballage. Au sortir de cet échange entre presse et le collectif, on reste sur sa faim. Car “ la majorité des questions n’a pas reçu de réponse convaincante ”, s’indigne un journaliste. Pour le cinéaste, Jean Claude Tchuilen qui a assisté à cette rencontre, “ la question de droits d’auteur au Cameroun est un serpent de mer ”. En attendant, comme Tom Yom’s lui-même a mentionné lors de cette conférence de presse, “ la vérité ne sortira pas des médias ”. Espérons que la justice saura faire la lumière sur cette affaire.

Réplique: La CMC défend Sam Mbendé

A quelques jours de la mission conjointe Cisac-Ompi à la Cmc, un groupe d’artistes parmi lesquels Beko Sadey, Ekambi Brillant, Tom Yoms, Dinaly, Talla André Marie, Ben Decca, Ottou Marcellin et Rachel Tsoungui, vient d’adresser une citation directe à Sam Mbende, président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation (Cmc), à l’effet de comparaître par devant le Tpi de Douala le 24 août pour “ violation des statuts de la Cmc, abus de confiance, malversations financières et tromperies envers associés ”. En réaction à cette démarche, la Cmc a fait tenir une note d’information dans laquelle elle estime qu’une telle démarche vient “ des individus aux abois et manifestement mal intentionnés ” et porte atteinte à l’honneur du président du conseil d’administration et à la cohésion dudit conseil tout entier. La Cmc appelle la mise au point suivante :

1- En l’absence de tout document comptable établi ou reçu par la société, l’on est en droit de s’interroger sur les motivations réelles de ces soi-disant associés qui, à défaut d’attendre l’assemblée générale pour leur information annuelle, n’ont pas cru devoir s’adresser, de manière écrite, au conseil d’administration pour leur information dans un délai de quinze (15) ours comme le recommande l’article 51 des statuts de la Cmc.

2- L’option d’un directeur général dépendant de l’assistance technique internationale prise par le conseil d’administration lors de sa première session ordinaire du 17 avril 2005 et confirmée lors de sa quatrième session du 28 juillet 2006 ne saurait être anti-statutaire. L’alinéa 1 de l’article 43 des statuts de la Cmc est clair : “ …Le directeur général doit être de nationalité camerounaise, étrangère ou dépendre de l’assistance technique internationale … ” La Cameroon music corporation, devons-nous le rappeler, est dirigée par un responsable de la gestion des affaires courantes qui a rang de directeur. Lequel ordonne les dépenses et gère l’ensemble de la société au quotidien.

3- Le conseil d’administration constate que parmi les signataires de la citation, se trouvent Beko Sadey, Ekambi Brillant, Talla André Marie, Tom Yoms et Dinally. La première est suspendue de toutes les activités ayant trait à la gestion collective du droit d’auteur au Cameroun par le ministre de la Culture. Elle fait partie, avec Ekambi Brillant et André Marie Talla, de l’équipe Manu Dibango qui “ s’est enrichie honteusement de concussion et de pires abus à la Cmc entre septembre 2003 et avril 2005. Les deux derniers, promoteurs d’une radio à Douala, se révèlent au quotidien par leurs indélicatesses et leur mauvaise foi manifeste concernant le paiement de leurs redevances de droit d’auteur ”.

Selon les termes de la note d’information, “ le conseil d’administration s’étonne et s’indigne qu’une démarche portant atteinte à l’image et à l’honorabilité de la Cmc et de ses dirigeants ait été initiée sans que ses initiateurs, soi-disant membres de la société, n’aient pu approcher les deux organes dirigeants que sont le conseil d’administration et la direction générale pour avoir des avis contradictoires sur leurs accusations. En violation flagrante de l’article 53 des statuts. Par conséquent, le conseil d’administration se réserve le droit d’exercer en temps utile tous les recours prévus par les statuts en vigueur pour sanctionner ces actes de sabotage à l’encontre de la société ”.

C’est dire qu’on s’achemine vers une véritable guerre entre les gestionnaires de la Cmc et leurs adversaires déclarés. Pourvu que les artistes n’en souffrent pas outre mesure dans leurs droits.

Musique: Pierre Didy se désolidarise

Le collectif d’artistes qui écume la ville de Douala depuis quelque temps pour crier haro sur la gestion de la Cmc est une fois encore coincé. Après San Fan Thomas et Lapiro de Mbanga qui ont saisi les médias il y a quelques jours pour renier leur participation à ce mouvement, c’est au tour de Pierre Didy Tchakounté de se dissocier du collectif. Dans un fax adressé à Sam Mbendé le 31 juillet, le père de Magambeu affirme n’avoir “ signé aucun document pour poursuivre les dirigeants ” de la Cmc et met en garde “ ceux qui font circuler des faux documents pour leurs intérêts personnels ”.

De l’autre côté, Talla André Marie trouve que ce genre de comportement colle à la peau de l’artiste comme une mauvaise herbe. “ Pierre a l’habitude de retourner sa veste. Il se peut qu’il ait préféré protéger le gâteau familial au détriment du gâteau public. Je viens d’apprendre que son épouse travaille à la Cmc ”, tranche l’artiste du Ben Skin. On est en plein là dans un match de base-ball où tous les coups sont permis. Affaire à suivre.

Vanessa Nana, Le Messager

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.