Message du président de la République à la jeunessE

11 février 2008 : Message du président de la République à la jeunesse


L’intégralité du discours du chef de l’Etat prononcé dimanche le 10 féfrier.
Par Paul Biya *


Chers jeunes compatriotes,
Dans le passé récent, j’ai, à plusieurs reprises, exhorté les Camerounaises et les Camerounais à prendre conscience des changements importants qui sont en train de bouleverser le monde qui nous entoure. Face à cette situation mouvante et complexe, il est très difficile de prévoir ce que sera le monde de demain. Nous devons donc consolider et développer nos acquis, en mettant à profit les conditions de stabilité et de paix dont bénéficie si heureusement notre pays. Ceci me donne l’occasion de déplorer les attaques venues de l’extérieur dont le Tchad, pays frère et ami, a été récemment l’objet. En accord avec la communauté internationale, je voudrais exprimer ici à nos frères tchadiens notre solidarité agissante et notre vive réprobation devant toute tentative de déstabilisation par la force d’un pouvoir légitime.

Chers jeunes compatriotes,
Face aux incertitudes de l’avenir, vous devez vous préparer à aborder dans les meilleures conditions un nouveau paysage mondial dominé par la compétition. Au problème ainsi posé, il n’y a, selon moi, qu’une seule véritable réponse: Acquérir par l’éducation la plus haute qualification possible. Ce parcours commence dès l’école primaire où l’on enseigne les notions fondamentales. On ne saurait trop en souligner l’importance. C’est la raison pour laquelle nous avons décrété il y a quelques années la gratuité de l’enseignement à ce niveau afin de donner son véritable sens à l’égalité des chances. Donc, nous continuerons à construire de nouvelles écoles, à recruter de nouveaux enseignants, comme nous nous étions engagés à le faire. Sachez que l’éducation de base dispose du 4ème budget de l’Etat.

L’effort a été encore plus marqué s’agissant des enseignements secondaires qui bénéficient du premier budget de l’Etat. A ce stade, où commencent à se dessiner les vocations, il est important que les élèves puissent avoir accès à des matériels didactiques modernes, de locaux techniques appropriés et d’équipements de technologie d’information et de communication, tous éléments indispensables aux premiers pas vers la professionnalisation. Comme l’an dernier, je m’attarderai un peu plus sur l’enseignement supérieur. A la fois parce que les étudiants sont les plus immédiatement concernés par l’adaptation à la nouvelle donne mondiale que j’ai évoquée plus haut et aussi parce que notre Université a entamé sa grande mutation.
Je rappellerai d’abord les problèmes auxquels elle doit faire face: Des effectifs pléthoriques (plus ou moins 140 000 étudiants), de faibles capacités d’accueil, un chômage considérable des diplômés, un manque d’interaction avec le monde socioprofessionnel et une offre insuffisante de formations professionnalisantes. Pour y répondre, il a été nécessaire de mettre au point un programme d’appui à la composante technologique et professionnelle de l’enseignement supérieur. Ce programme vise à améliorer la capacité des filières concernées à accompagner le développement socio-économique du pays, notamment dans les domaines de la santé, de l’ingénierie et de l’éducation. Pour vous donner une idée des résultats attendus à la fin de la première phase du programme (de 2007 à 2012), on prévoit que: Pour la filière médicale, le nombre de médecins formés passera de 85 à 450 par an, de pharmaciens de 0 à 125, de chirurgiens-dentistes de 0 à 125, de techniciens de santé de 140 à 200.

Pour la filière technologique, le nombre d’ingénieurs augmentera de 500 à 1000 par an. Pour la filière normale, le flux de diplômés progressera de 2500 à 3260 par an. Par ailleurs, en octobre dernier, nous avons mis en route le système Lmd (licence, master, doctorat), l’accent étant mis sur la professionnalisation des enseignements. L’objectif est qu’à chaque étudiant puisse correspondre un emploi. De la même manière et conformément aux engagements pris, plusieurs facultés et filières nouvelles ont été ouvertes à la rentrée 2007 à Douala, Ngaoundéré, Yaoundé I, Buéa et Dschang. En 2008, il est prévu de créer une zone franche universitaire pour la formation de technologues de haut niveau ainsi que deux universités virtuelles dont une à vocation sous-régionale. Egalement, dans le courant de cette année, devrait démarrer la construction de l’Ecole Normale Supérieure de Maroua, tandis que des filières médicales et biomédicales seront introduites à Dschang et à Ngaoundéré.

Au titre du programme déjà mentionné, l’offre en infrastructures académiques et sociales sera développée sous forme de constructions nouvelles à Buéa, Douala, Bamenda et de réhabilitations d’établissements existants à Yaoundé I, Dschang et Ngaoundéré. A quoi s’ajoutera l’édification de bureaux et de cités universitaires en différents endroits. Ainsi que vous le constatez, nous ne sommes pas restés inactifs. La meilleure façon de vous préparer à entrer dans la civilisation du 21ème siècle et d’en relever les défis est incontestablement de former des générations d’intellectuels et de scientifiques de haut niveau, voués à la culture de l’excellence. C’est précisément ce que nous essayons de faire. Il va de soi que la remise à niveau de l’ensemble de notre système éducatif ne produira pleinement ses effets que dans quelques années. En attendant, le gouvernement se doit, par diverses actions, d’encadrer notre jeunesse, à la fois pour la guider dans ses choix, la préparer à une bonne insertion dans la vie professionnelle et sociale, la protéger contre les dérives éventuelles et renforcer sa formation morale et civique.

Pour cela, il nous fallait élaborer une véritable politique nationale de la jeunesse, qui vise à favoriser une meilleure participation des jeunes aux circuits de production, à promouvoir les valeurs indispensables dans une société démocratique et solidaire et à défendre notre identité culturelle. C’est quasiment chose faite avec le Plan Jeunesse dont la version finale verra le jour dans le courant de l’année. Le plus urgent est sans doute d’associer notre jeunesse à l’œuvre de développement de notre pays. Dans cet esprit, il a été jugé utile de procéder à une réorganisation du mouvement associatif et de mettre en place le Conseil National de la Jeunesse. Celui-ci sera opérationnel dans quelques mois. Représentatif des jeunes de nos 10 provinces, il supervisera le fonctionnement des associations et des mouvements de jeunes et d’éducation populaire impliqués dans les actions de développement. Je me dois également de signaler le rôle du Service National de Participation au Développement qui se propose de faciliter le réarmement moral et l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. La loi instituant le service civique, votée en 2007, entrera en application en 2008. Enfin, l’organisation de colonies de vacances, puissant facteur de socialisation, sera poursuivie dans les prochaines années.

Mais le problème le plus lancinant reste celui de l’accès des jeunes à l’emploi et à l’auto-emploi. Le Ministère de la Jeunesse s’y est attaqué en liaison avec le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et le Ministère des Pme, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat. Deux importants projets ont été lancés en novembre dernier: Le Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine dont l’objectif est de promouvoir l’insertion socio-économique des jeunes non scolarisés ou déscolarisés; et le Projet d’Insertion Socio-économique des Jeunes par la création de micro entreprises de fabrication de matériel sportif. Ces deux projets ont immédiatement suscité un grand engouement. Plusieurs milliers de jeunes, surtout à Yaoundé et à Douala, se sont inscrits pour y participer. On estime qu’à moyen terme des centaines de micro entreprises pourraient ainsi voir le jour.

Au plan général, je dois signaler les efforts qui sont faits en vue de parvenir à un partenariat entre les services publics et le secteur privé, partenariat axé sur la promotion des opportunités d’emploi et de stages pour les jeunes. Dans cette perspective, l’organisation interne des Universités d’Etat a été complétée avec la mise en place d’un poste de Vice Recteur chargé des relations avec les Entreprises. Dans le même esprit, un Plan d’Action National pour l’Emploi des Jeunes est en voie d’élaboration. Il s’agit de définir une stratégie visant à promouvoir l’emploi spécifique des jeunes. Parallèlement, le Fonds National d’Insertion des Jeunes devrait être opérationnel dès cette année. Il a pour vocation de mettre à la disposition des jeunes des crédits pour développer leurs micro-entreprises. Enfin, le démarrage prochain de grands projets dans le secteur énergétique et minier contribuera à la création de nombreux emplois.

Chers jeunes compatriotes,
Vous le voyez, la Nation fait tout ce qu’elle peut pour vous assurer les meilleures conditions de préparation à l’entrée dans un monde incertain. Elle le fait sans hésiter, car vous êtes ses enfants et vous incarnez son avenir et ses espoirs. Mais elle attend de vous que vous fassiez le bon usage des facilités qu’elle met à votre disposition. Elle vous fait confiance. Elle ne doute pas que, par votre sérieux et votre travail, vous serez demain les éminents professeurs, médecins, ingénieurs, serviteurs de l’Etat, dont nous avons besoin. Quel que soit le secteur où vous exercerez votre activité, agriculture, industrie, services, fonction publique, etc., notre pays doit pouvoir compter sur votre engagement au service de son développement. Les grandes ambitions que nous nourrissons tous pour le Cameroun ne pourront en effet se réaliser sans que chacun d’entre vous apporte sa contribution et l’enthousiasme de sa jeunesse. Les grandes ambitions que nous nourrissons tous pour le Cameroun ne pourront en effet se réaliser sans que chacun d’entre vous apporte sa contribution et l’enthousiasme de sa jeunesse.
A ce point, je souhaite dire toute l’appréciation du peuple camerounais à nos Lions Indomptables qui ont su se hisser jusqu’à la finale de la 26ème Coupe d’Afrique des Nations. Même s’ils ne l’ont pas remporté cette fois-ci, ils n’ont aucunement démérité, car il faut toujours tenir compte de la "glorieuse incertitude du sport". Il va de soi qu’ils conservent notre estime et notre confiance. De toute façon, les qualités dont ils ont fait preuve leur assurent incontestablement une place de choix dans l’élite du football mondial.
Bonne Fête à tous et à toutes!
Vive la Jeunesse camerounaise!
Vive le Cameroun!

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