Droits d’auteur : Recouvrement forcé au cinéma le Wouri
Pour non-payement des droits d’auteurs, la Cameroon music coorporation (Cmc) empêche le déroulement du spectacle hip hop dream. –
Près de mille jeunes vacanciers postés devant le temple de culture à Douala vendredi 25 août 2006 dans l’après-midi ont été témoins d’une étrange scène de théâtre. Juste avant le lancement de la vente de billets du spectacle hip hop dream, un car de police gare en trombe au milieu de la masse. Comme dans un film d’action policier, ils verront les bidasses armes au poing, accompagnés des employés de la Cmc. Sortis du véhicule, ils foncent tout droit dans la salle de cinéma. Le regard impuissant, hagard et dévorant de curiosité, la foule restera perplexe : “ c’est bizarre, ils nous étaient au moins une quinzaine de policiers avec des armes, ils ont bousculés à l’entrée avant de gagner la salle ” déclare un adolescent visiblement inquiet de la situation.
Au centre de ce bras de fer entre la Cmc et les organisateurs, il y a une sorte de malentendu qui enveloppe les problèmes de droits d’auteurs et d’autorisation de spectacle. Idriss Saladin, promoteur de ce spectacle, affirme avoir été dans les bureaux de la Cmc pour payer les droits d’auteurs et par ricochet prendre l’autorisation du spectacle conformément à l’article alinéa 3 de la loi 2000/011 du 19 décembre 2000 relatif aux droits d’auteurs et droits voisins. Mais à sa grande surprise, les responsables du service des droits d’exécution publique vont lui présenter plutôt une facture adressée à Canal2 international, argumentant que la publicité diffusée dans ladite chaîne démontre tout simplement que cette télévision est organisatrice de l’événement. Il conclura abattu : “ C’est nous les organisateurs, j’étais prêt à payer le forfait de 56 000 Fcfa donné par Sadou. Canal international n’est que partenaire officiel ”. Du côté de la Cmc, l’effervescence est gazouillante. Pour eux les organisateurs font preuve de mauvaise foi. L’organisation du hip hop dream est une orchestration de Canal2 international : “ A notre arrivée, les responsables du cinéma Le Wouri nous ont dit qu’ils projetaient un film. Mais dans la salle, nous avons découvert un orchestre de musique, des jeux de lumière. Pour une projection de film, c’est assez curieux ”, tempête Jean Paul Tiki qui démontre le flou artistique entretenu par les organisateurs. Après des instants de vives empoignades, les responsables de la Cmc vont finalement concéder le forfait de 56 000 Fcfa aux organisateurs, en insistant qu’ils règlent également les frais d’huissier. Une solution rejetée par JFT Talla, acolyte du promoteur : “ il est impossible de payer maintenant cette somme. Nous sommes déjà à plus de 1 741 945 Fcfa de dépenses ” précise-t-il. Du moins le dialogue va accoucher d’une souris. Dommage pour K Sang grave, One Love, Koudeyala et autres qui ne demandaient qu’à chanter.

