RECOMMANDATIONS CITOYENNES AU PROCHAIN AMBASSADEUR DU CAMEROUN EN FRANCE
RECOMMANDATIONS CITOYENNES AU PROCHAIN AMBASSADEUR DU CAMEROUN EN FRANCE
Le militantisme est libre. Mais, il est temps de libérer les ambassades du RDPC. Le nouveau ministre des Relations extérieures doit avoir le courage de changer. De veiller au respect de la neutralité de l’Etat.
Excellence,
La nomination au Gouvernement de votre prédécesseur Lejeune Mbella Mbella, fera certainement des émules parmi les hauts diplomates, réchauffant leur ardeur militante, régénérant un gout immodéré pour l’usage des locaux publics à des fins partisanes et la transformation des salles de fête d’Ambassades en maisons du Parti, entendez le Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Dans le but d’accéder au Graal.
Beaucoup seront tentés de suivre ces exemples qui figent notre vie politique, tétanisent l’aspiration démocratique et marginalisent de nombreux citoyens.
Beaucoup aussi, en y prenant de la graine, seront tentés par les réactions d’orgueil, plastronnant et prenant de haut l’exigence fondamentale d’un respect scrupuleux des principes républicains, lesquels au terme du Préambule de la Constitution et des dispositions pertinentes du Statut de la Fonction publique, prescrivent et obligent à la stricte observance de la neutralité de l’Etat, de l’impartialité des agents publics et, élément consubstantiel au métier ainsi qu’au statut de diplomate, une délicate reserve dans l’exercice des fonctions.
Au Cameroun, chacun est libre d’adhérer au parti de son choix, au RDPC comme à l’ensemble des 200 formations que compte notre pays. Nous sommes nombreux à défendre ce principe.
Mais, il est du devoir des fonctionnaires, des diplomates, des hauts commis de l’Etat, en opérant un changement radical de mentalités, d’être au moins en conformité avec ce que Paul Biya appelle " la République exemplaire ".
Les camerounais sont repus de slogans et veulent, malgré leur apparence passive et les travers de la couardise, changer de braquet, tout au moins, que l’on assainisse et vidange ces pratiques du Parti-Etat, du moyen-âge de la vie politique.
Cet après midi encore, une grande réunion a été convoquée à la Salle des Fêtes de l’Ambassade par la Section RDPC, en présence de M. L’Ambassadeur. Elle inaugure une série qui jalonnera les opérations de renouvellement des organes de base de ce parti au sein de la Mission diplomatique. Ce sont des fautes graves, des entorses à la Constitution et aux principes éthiques républicains que chaque démocrate, chaque citoyen se devrait de dénoncer.
D’ailleurs, dans la circulaire de Paul Biya, relative à ces opéartions et la note subséquente du Secretaire général du RDPC, il est proscrit aux diplomates de se présenter à ces élections. Ce n’est pas anodin. C’est un signal, une réponse à l’appel de très nombreux citoyens.
Nous nous emploierons désormais et plus qu’avant à faire respecter et triompher ces principes, en mobilisant les citoyens, par divers moyens aussi bien juridiques que participatifs.
Je pense sincèrement qu’un ambassadeur, un haut commis de l’Etat, peut faire valoir ses qualités, et votre prédécesseur en avait, sans avoir besoin de fouler aux pieds la Constitution.
Cette idée du Cameroun peut sembler marginale, idéaliste ou redondante, mais, croyez-moi, dans le secret du cœur de vos camarades de parti, de millions de camerounais, elle est largement partagée.

