Comment la France refuse la démocratie au Cameroun
Jean-Baptiste Djoumessi, fils du roi Mathias Djoumessi, vient de commettre un ouvrage sur le refus de la France de partager avec le Cameroun, la liberté, l’égalité, et la fraternité. –
“La démocratie est un luxe pour l’Afrique ”. Cette vision politique de Jacques Chirac est un héritage congénital qui se complexifie de génération en génération. Avec pour objectif final de sacrifier les peuples africains, en entretenant des relations privilégiées avec leurs dirigeants. Nos ancêtres les Gaulois refusent de heurter les dirigeants africains à leur solde sur des questions de droits de l’homme, démocratie et liberté.
C’est pour traiter justement de cette complexité que Jean-Baptiste Djoumessi vient de commettre un ouvrage au titre évocateur : “ La France au Cameroun : le refus de partager la Liberté, l’Egalité, et la Fraternité ”. Paru aux Editions Société des Ecrivains de Paris en France, cet ouvrage remet en actualité tout le processus de décolonisation de l’Afrique. Jean-Baptiste Djoumessi constate que la décolonisation a raté en Afrique et précisément au Cameroun parce que la France, l’ancienne puissance colonisatrice a refusé de partager les valeurs de Liberté, Egalité et Fraternité qui lui sont pourtant chères. Ainsi, affirme-t-il : “ Pour combattre la “ négrologie ”, le débat d’aujourd’hui est celui du développement et du rôle que la démocratie, la gouvernance, la culture, la recherche et les politiques économiques efficaces peuvent y jouer. L’histoire économique du pays semble confirmer la neutralité de la démocratie sur la croissance économique. Sous le parti cynique, des taux de croissance économique élevés, atteignant le 7 % par an, ont été enregistrés, tandis que sous le multipartisme ces taux sont faibles. ”
Flagrant délit
Selon l’auteur, des déficits de finances publiques et une pratique de la corruption qui place le pays à son hit-parade. Jean-Baptiste Djoumessi rend ainsi la France responsable de tous ces maux, elle qui cajole les hautes autorités camerounaises en félicitant intimement (on pense notamment à l’expression “ Mon cher Paul ” de Chirac en 2004) le candidat du parti au pouvoir à l’élection présidentielle, alors que les résultats n’étaient pas encore officiellement proclamés. Une situation qui montre bien que la France soutient un système politique qui a bâti son socle sur des insuffisances, et le manque de transparence et de lisibilité dans la gestion du Cameroun.
On peut par exemple constater pour en être édifié que dix ans de programme de gouvernance, se sont avérés insuffisants pour favoriser la croissance économique et combattre la corruption. De plus, les phénomènes économiques semblent liés aux comportements individuels et non aux agrégats macroéconomiques.
Jean-Baptiste Djoumessi propose donc ce qu’il appelle : “ l’inculturation africaine du développement ”, qui cesserait d’écarteler le Camerounais, et le rendrait responsable de son destin pour l’associer à l’édification de la fraternité universelle.
L’homme qui commet : “ La France au Cameroun. Le refus de partager la Liberté, l’Egalité et la Fraternité ” est né à Dschang, ville fondée vers 1885 par les Allemands. Son grand-père, le roi Ndongbou Lékané Paul, participa ainsi à l’œuvre de modernisation des peuples du “ grassfield ”. Formé à l’Enam, ce fils du roi Djoumessi Mathias dont personne ne peut contester la participation à la lutte contre l’occupation coloniale, sait de quoi il parle lorsqu’il interpelle ainsi directement la France. Un livre à lire, en tout cas.
“ La France au Cameroun. Le refus de partager le Liberté, l’Egalité et la Fraternité ”, Jean-Baptiste Djoumesi, Editions Société des Ecrivains

