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Théâtre : Les Retic tirent le rideau

Ce festival international s’est achevé hier dimanche à Yaoundé.
Justin Blaise Akono – La 15è édition des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic) s’est achevée hier. Pendant dix jours, les Retic ont offert des spectacles à travers plusieurs sites et organisé des ateliers pour les professionnels du théâtre. Les spectacles ont commencé par une fausse note. Les Ivoiriens de l’œil du Cyclone, programmés pour ouvrir le bal, accusent un retard, pour des raisons " techniques ". Néanmoins, rassure le président des Retic, " tous les dix spectacles prévus ont eu lieu à Yaoundé et dans la périphérie à travers une trentaine de représentations ".

" Le vieux nègre et la médaille ", mis en scène par Hermas Gbaguidi pour la troupe Oshumaré du Bénin, a marqué les esprits. Le Docteur Etoundi Mballa du service des urgences de l’hôpital central de Yaoundé par exemple, a déclaré qu’il est très ému de voir jouer cette pièce qu’il a lue tout jeune. " Je suis par ailleurs frappé par l’ambiance conviviale qui règne au sein du public et des acteurs. J’ai l’impression que le public de Yaoundé n’est pas informé de la qualité du spectacle", a confié celui qui venait pour la deuxième fois aux Retic.

Cependant, certaines représentations ont essuyé de sévères critiques. Jacobin Yaro, metteur en scène et comédien camerounais, s’est dit quelque peu déçu par plusieurs spectacles. Notamment "Attachez vos cadavres" du Tchadien Vangdar Dorsouma. "C’est une pièce qui, au niveau de l’écriture, ne propose pas d’action dramatique pour une bonne création scénique. On a l’impression que ça bloque au niveau de l’interprétation", a-t-il souligné, avant d’ajouter que, "quand un auteur doit écrire un texte et le mettre en scène, il n’a pas toujours le recul nécessaire pour faire la différence". Les différents spectacles, comme depuis quelques années, n’ont pas fait salle pleine. A l’instar du Centre culturel français de Yaoundé, qui a accueilli tous les spectacles en soirée.

Réflexion
Bien avant l’ouverture officielle des Retic, les vedettes des planches ont entamé une réflexion sur " le théâtre camerounais : bilan et perspectives " au centre d’art contemporain Africréa, l’un des sites des Retic. Il ressort de ce colloque que " les professionnels devraient harmoniser les festivals pour qu’il n’y ait pas de chevauchements ", selon la dramaturge Princesse Rabiatou Njoya, sa coordinatrice. Parmi les résolutions adoptées, " les comédiens souhaitent que l’Etat donne un statut à l’artiste ", a confié Hubert Mono Ndjana, rapporteur des travaux. L’insuffisance en matière des infrastructures était aussi au centre de leurs préoccupations.

" Le colloque sur le " théâtre camerounais : bilan et perspectives " nous a donné l’occasion de rassembler toutes les personnalités qui ont marqué l’histoire du théâtre camerounais et le jeunes qui continuent à se battre pour sa survie. Les jeunes et les doyens ont pu réfléchir sur l’avenir de ce théâtre ", a confié le président des Retic. Dans le cadre de la formation, le stage a été dirigé par le metteur en scène centrafricain Vincent Mambachaka. La rencontre des directeurs des festivals de théâtre d’Afrique centrale et administrateurs a permis de créer une association, qui sera dirigée par le Tchadien Vangdar Dorsouma. Son objectif étant d’harmoniser la programmation des théâtres pour une meilleure circulation dans la sous région.

Les Retic ont timidement commencé le 17 novembre dernier. Leur président, Ambroise Mbia, a souligné qu’il avait des difficultés à réunir la moitié du budget. " La coopération française, comme à chaque édition, a assuré le transport des artistes ". Lesquels artistes (étrangers principalement) ont su cacher leurs difficultés, eux qui prenaient leur déjeuner en communauté pendant tout le festival. Comme les élèves lors des jeux scolaires. Ce, sous le regard attentif des " doyens " du théâtre camerounais qu’Ambroise Mbia a invités. Notamment Guillaume Oyono Mbia, l’auteur de " Trois prétendants…un mari " et président d’honneur des Retic, tout comme de comédiens tels que Patrice Ndedi Penda, Joseph Kono Ateba, Charles Nyatte, Victor Elame Musinga et bien d’autres encore.

Mutations

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L’inoxydable André-Marie Tala

L’artiste prépare pour la fin de cette année, la sortie de son dix-neuvième album. Il s’appellera "Source des montagnes" et comprendra 11 titres inédits.

“Je vais à Yaoundé, Yaoundé la capitale… ” Malgré le poids de l’âge, cette chanson n’a pas pris une ride. Une véritable carte d’identité dont nous devons l’existence à André-Marie Tala, une icône de la musique mondiale. De Bandjoun à Yaoundé, en passant par Paris, Vienne, New-York, Londres, Washington…, les chansons de André-Marie Tala, font fureur. On les écoute, danse, fredonne. En France “ des fragments de la chanson “ Je vais à Yaoundé ” viennent d’être reproduits dans un livre de français du Cm1 ”, confie le chanteur.
A 56 ans, malgré ce succès, l’homme reste égal à lui-même. Sobre et élégant. Les yeux sont cachés derrière des lunettes sombres à cause du handicap visuel qu’il porte depuis l’âge de 15 ans. Il est toujours sûr de lui. Pour rehausser sa toilette, jamais sans son parfum. Le 2 septembre est un jour très important pour lui. C’est en effet le 2 septembre 1971 que l’artiste venu de l’Ouest, via Douala, est monté sur la scène du Cinéma Théâtre Abbia, pour donner un show dont il se souvient toujours.
Depuis 36 ans, il joue sur des scènes du monde entier sans jamais se lasser. André-Marie Tala, est un modèle. Né à Bandjoun (Ouest du Cameroun) en 1950, l’artiste commence à jouer de la batterie à l’âge de 3 ans. Peu après, le maître du “ tsamasi ” va connaître une succession de malheurs. Il perd sa mère à 4 ans, son père à 12 ans et la vue à 15 ans. Son handicap n’influence en rien son destin pour autant. Aux côtés de son oncle, Thomas Fokam, instituteur retraité, bon joueur de l’accordéon et de la flûte, il s’initie à la musique.
A l’âge de dix-sept ans, influencé par une nouvelle vague de chanteurs français, il forme un groupe appelé “ The Rocky Boys ” qui devient ensuite “ Blacks Tigers ”. Avec son groupe, il signe un contrat au cabaret la Paillote à Bafoussam en 1969. C’est le début d’une riche carrière. Son premier chef-d’œuvre, “ Les peines du travail ” connaît un franc succès. Il est suivi de “ Honore ton père et ta mère ”. La rencontre avec Manu Dibango est déterminante pour lui. Il s’installe en France en 1978. Il enregistre “ Sikati ”, “ Potaksinan ”, “ Pardonnes-moi ” et “ Na Mala’ Ebolo ” respectivement vendus à 60.000, 80.000, 100.000, et 120.000 exemplaires.
Ce travail bien mené lui vaut plusieurs honneurs. Depuis 1973 il a remporté de nombreux prix et distinctions à travers le monde. La première, il l’obtient en 1978 grâce à son album Super Tchamassi. Il reçoit un épi d’or lors du Festival national des arts et de la culture (Fenac) d’Ebolowa en 1998. Deux ans plus tard, à Sun City en Afrique du Sud, il remporte le trophée du meilleur artiste de variétés de l’Afrique centrale à l’occasion de la cérémonie des Koras 2000. Il participe en 2002, au festival “ Nuits d’Afrique ” à Montréal au Canada. La liste de ses lauriers est loin d’être exhaustive.

Question d’honneur
Sur son honneur, il ne se sent pas handicapé. Fidèle à lui-même dans l’interpellation de la société face à certains maux, il est contre la malhonnêteté et la piraterie. “ J’appelle les Camerounais à avoir pitié des artistes. Lorsqu’on met des dizaines de millions dans la production d’une œuvre et qu’on ne rentre pas dans ses frais à cause de la piraterie, c’est déplorable. On ne peut pas tuer l’autre pour s’en sortir. Parce que la piraterie c’est la mort programmée de l’art et de l’artiste ”. Chaque Camerounais peut avoir un Cd ou une cassette originale, entre “ 2000 et 6000 Fcfa ” précise l’auteur de Bend skin.
Pour une musique camerounaise riche et avant-gardiste, “ il manque de structure de gestion véritable, alors que dans certains pays africains, on commence à respecter l’artiste ”, s’indigne André-Marie Tala qui reconnaît que les artistes camerounais subissent de nombreuses frustrations. “ Ce sont les Français qui sont venus donner la légion d’honneur à Anne Marie Nzié. Pourquoi le Cameroun ne peut pas créer la légion d’honneur de ses artistes ”, interroge Tala.
Malgré tout, l’homme garde de très bons souvenirs de sa carrière. “ Lorsque dans certains pays je vois les forces de l’ordre me saluer avec courtoisie ou quand certains chef d’Etat sont sympathiques à mon endroit, cela me touche énormément. Quand des gens qui aiment ce que vous faites vous le démontrent avec beaucoup d’affection et des gestes, on ne peut qu’être heureux ”, soutient la star.
L’artiste qui travaille depuis 4 ans sur son prochain album, a plusieurs projets en tête. “ J’aimerais créer mon studio de production et mon propre circuit de distribution, afin de fixer des gens sur des produits originaux. ” A cela il faut ajouter l’encadrement des jeunes qui ont du talent à exploiter.  

Par Vanessa Nana
Le 29-08-2006

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L’artiste prépare pour la fin de cette année, la sortie de son dix-neuvième album. Il s’appellera "Source des montagnes" et comprendra 11 titres inédits.

“Je vais à Yaoundé, Yaoundé la capitale… ” Malgré le poids de l’âge, cette chanson n’a pas pris une ride. Une véritable carte d’identité dont nous devons l’existence à André-Marie Tala, une icône de la musique mondiale. De Bandjoun à Yaoundé, en passant par Paris, Vienne, New-York, Londres, Washington…, les chansons de André-Marie Tala, font fureur. On les écoute, danse, fredonne. En France “ des fragments de la chanson “ Je vais à Yaoundé ” viennent d’être reproduits dans un livre de français du Cm1 ”, confie le chanteur.
A 56 ans, malgré ce succès, l’homme reste égal à lui-même. Sobre et élégant. Les yeux sont cachés derrière des lunettes sombres à cause du handicap visuel qu’il porte depuis l’âge de 15 ans. Il est toujours sûr de lui. Pour rehausser sa toilette, jamais sans son parfum. Le 2 septembre est un jour très important pour lui. C’est en effet le 2 septembre 1971 que l’artiste venu de l’Ouest, via Douala, est monté sur la scène du Cinéma Théâtre Abbia, pour donner un show dont il se souvient toujours.
Depuis 36 ans, il joue sur des scènes du monde entier sans jamais se lasser. André-Marie Tala, est un modèle. Né à Bandjoun (Ouest du Cameroun) en 1950, l’artiste commence à jouer de la batterie à l’âge de 3 ans. Peu après, le maître du “ tsamasi ” va connaître une succession de malheurs. Il perd sa mère à 4 ans, son père à 12 ans et la vue à 15 ans. Son handicap n’influence en rien son destin pour autant. Aux côtés de son oncle, Thomas Fokam, instituteur retraité, bon joueur de l’accordéon et de la flûte, il s’initie à la musique.
A l’âge de dix-sept ans, influencé par une nouvelle vague de chanteurs français, il forme un groupe appelé “ The Rocky Boys ” qui devient ensuite “ Blacks Tigers ”. Avec son groupe, il signe un contrat au cabaret la Paillote à Bafoussam en 1969. C’est le début d’une riche carrière. Son premier chef-d’œuvre, “ Les peines du travail ” connaît un franc succès. Il est suivi de “ Honore ton père et ta mère ”. La rencontre avec Manu Dibango est déterminante pour lui. Il s’installe en France en 1978. Il enregistre “ Sikati ”, “ Potaksinan ”, “ Pardonnes-moi ” et “ Na Mala’ Ebolo ” respectivement vendus à 60.000, 80.000, 100.000, et 120.000 exemplaires.
Ce travail bien mené lui vaut plusieurs honneurs. Depuis 1973 il a remporté de nombreux prix et distinctions à travers le monde. La première, il l’obtient en 1978 grâce à son album Super Tchamassi. Il reçoit un épi d’or lors du Festival national des arts et de la culture (Fenac) d’Ebolowa en 1998. Deux ans plus tard, à Sun City en Afrique du Sud, il remporte le trophée du meilleur artiste de variétés de l’Afrique centrale à l’occasion de la cérémonie des Koras 2000. Il participe en 2002, au festival “ Nuits d’Afrique ” à Montréal au Canada. La liste de ses lauriers est loin d’être exhaustive.

Question d’honneur
Sur son honneur, il ne se sent pas handicapé. Fidèle à lui-même dans l’interpellation de la société face à certains maux, il est contre la malhonnêteté et la piraterie. “ J’appelle les Camerounais à avoir pitié des artistes. Lorsqu’on met des dizaines de millions dans la production d’une œuvre et qu’on ne rentre pas dans ses frais à cause de la piraterie, c’est déplorable. On ne peut pas tuer l’autre pour s’en sortir. Parce que la piraterie c’est la mort programmée de l’art et de l’artiste ”. Chaque Camerounais peut avoir un Cd ou une cassette originale, entre “ 2000 et 6000 Fcfa ” précise l’auteur de Bend skin.
Pour une musique camerounaise riche et avant-gardiste, “ il manque de structure de gestion véritable, alors que dans certains pays africains, on commence à respecter l’artiste ”, s’indigne André-Marie Tala qui reconnaît que les artistes camerounais subissent de nombreuses frustrations. “ Ce sont les Français qui sont venus donner la légion d’honneur à Anne Marie Nzié. Pourquoi le Cameroun ne peut pas créer la légion d’honneur de ses artistes ”, interroge Tala.
Malgré tout, l’homme garde de très bons souvenirs de sa carrière. “ Lorsque dans certains pays je vois les forces de l’ordre me saluer avec courtoisie ou quand certains chef d’Etat sont sympathiques à mon endroit, cela me touche énormément. Quand des gens qui aiment ce que vous faites vous le démontrent avec beaucoup d’affection et des gestes, on ne peut qu’être heureux ”, soutient la star.
L’artiste qui travaille depuis 4 ans sur son prochain album, a plusieurs projets en tête. “ J’aimerais créer mon studio de production et mon propre circuit de distribution, afin de fixer des gens sur des produits originaux. ” A cela il faut ajouter l’encadrement des jeunes qui ont du talent à exploiter.  

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“Je vais à Yaoundé, Yaoundé la capitale… ” Malgré le poids de l’âge, cette chanson n’a pas pris une ride. Une véritable carte d’identité dont nous devons l’existence à André-Marie Tala, une icône de la musique mondiale. De Bandjoun à Yaoundé, en passant par Paris, Vienne, New-York, Londres, Washington…, les chansons de André-Marie Tala, font fureur. On les écoute, danse, fredonne. En France “ des fragments de la chanson “ Je vais à Yaoundé ” viennent d’être reproduits dans un livre de français du Cm1 ”, confie le chanteur.
A 56 ans, malgré ce succès, l’homme reste égal à lui-même. Sobre et élégant. Les yeux sont cachés derrière des lunettes sombres à cause du handicap visuel qu’il porte depuis l’âge de 15 ans. Il est toujours sûr de lui. Pour rehausser sa toilette, jamais sans son parfum. Le 2 septembre est un jour très important pour lui. C’est en effet le 2 septembre 1971 que l’artiste venu de l’Ouest, via Douala, est monté sur la scène du Cinéma Théâtre Abbia, pour donner un show dont il se souvient toujours.
Depuis 36 ans, il joue sur des scènes du monde entier sans jamais se lasser. André-Marie Tala, est un modèle. Né à Bandjoun (Ouest du Cameroun) en 1950, l’artiste commence à jouer de la batterie à l’âge de 3 ans. Peu après, le maître du “ tsamasi ” va connaître une succession de malheurs. Il perd sa mère à 4 ans, son père à 12 ans et la vue à 15 ans. Son handicap n’influence en rien son destin pour autant. Aux côtés de son oncle, Thomas Fokam, instituteur retraité, bon joueur de l’accordéon et de la flûte, il s’initie à la musique.
A l’âge de dix-sept ans, influencé par une nouvelle vague de chanteurs français, il forme un groupe appelé “ The Rocky Boys ” qui devient ensuite “ Blacks Tigers ”. Avec son groupe, il signe un contrat au cabaret la Paillote à Bafoussam en 1969. C’est le début d’une riche carrière. Son premier chef-d’œuvre, “ Les peines du travail ” connaît un franc succès. Il est suivi de “ Honore ton père et ta mère ”. La rencontre avec Manu Dibango est déterminante pour lui. Il s’installe en France en 1978. Il enregistre “ Sikati ”, “ Potaksinan ”, “ Pardonnes-moi ” et “ Na Mala’ Ebolo ” respectivement vendus à 60.000, 80.000, 100.000, et 120.000 exemplaires.
Ce travail bien mené lui vaut plusieurs honneurs. Depuis 1973 il a remporté de nombreux prix et distinctions à travers le monde. La première, il l’obtient en 1978 grâce à son album Super Tchamassi. Il reçoit un épi d’or lors du Festival national des arts et de la culture (Fenac) d’Ebolowa en 1998. Deux ans plus tard, à Sun City en Afrique du Sud, il remporte le trophée du meilleur artiste de variétés de l’Afrique centrale à l’occasion de la cérémonie des Koras 2000. Il participe en 2002, au festival “ Nuits d’Afrique ” à Montréal au Canada. La liste de ses lauriers est loin d’être exhaustive.

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Sur son honneur, il ne se sent pas handicapé. Fidèle à lui-même dans l’interpellation de la société face à certains maux, il est contre la malhonnêteté et la piraterie. “ J’appelle les Camerounais à avoir pitié des artistes. Lorsqu’on met des dizaines de millions dans la production d’une œuvre et qu’on ne rentre pas dans ses frais à cause de la piraterie, c’est déplorable. On ne peut pas tuer l’autre pour s’en sortir. Parce que la piraterie c’est la mort programmée de l’art et de l’artiste ”. Chaque Camerounais peut avoir un Cd ou une cassette originale, entre “ 2000 et 6000 Fcfa ” précise l’auteur de Bend skin.
Pour une musique camerounaise riche et avant-gardiste, “ il manque de structure de gestion véritable, alors que dans certains pays africains, on commence à respecter l’artiste ”, s’indigne André-Marie Tala qui reconnaît que les artistes camerounais subissent de nombreuses frustrations. “ Ce sont les Français qui sont venus donner la légion d’honneur à Anne Marie Nzié. Pourquoi le Cameroun ne peut pas créer la légion d’honneur de ses artistes ”, interroge Tala.
Malgré tout, l’homme garde de très bons souvenirs de sa carrière. “ Lorsque dans certains pays je vois les forces de l’ordre me saluer avec courtoisie ou quand certains chef d’Etat sont sympathiques à mon endroit, cela me touche énormément. Quand des gens qui aiment ce que vous faites vous le démontrent avec beaucoup d’affection et des gestes, on ne peut qu’être heureux ”, soutient la star.
L’artiste qui travaille depuis 4 ans sur son prochain album, a plusieurs projets en tête. “ J’aimerais créer mon studio de production et mon propre circuit de distribution, afin de fixer des gens sur des produits originaux. ” A cela il faut ajouter l’encadrement des jeunes qui ont du talent à exploiter.  

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“Je vais à Yaoundé, Yaoundé la capitale… ” Malgré le poids de l’âge, cette chanson n’a pas pris une ride. Une véritable carte d’identité dont nous devons l’existence à André-Marie Tala, une icône de la musique mondiale. De Bandjoun à Yaoundé, en passant par Paris, Vienne, New-York, Londres, Washington…, les chansons de André-Marie Tala, font fureur. On les écoute, danse, fredonne. En France “ des fragments de la chanson “ Je vais à Yaoundé ” viennent d’être reproduits dans un livre de français du Cm1 ”, confie le chanteur.
A 56 ans, malgré ce succès, l’homme reste égal à lui-même. Sobre et élégant. Les yeux sont cachés derrière des lunettes sombres à cause du handicap visuel qu’il porte depuis l’âge de 15 ans. Il est toujours sûr de lui. Pour rehausser sa toilette, jamais sans son parfum. Le 2 septembre est un jour très important pour lui. C’est en effet le 2 septembre 1971 que l’artiste venu de l’Ouest, via Douala, est monté sur la scène du Cinéma Théâtre Abbia, pour donner un show dont il se souvient toujours.
Depuis 36 ans, il joue sur des scènes du monde entier sans jamais se lasser. André-Marie Tala, est un modèle. Né à Bandjoun (Ouest du Cameroun) en 1950, l’artiste commence à jouer de la batterie à l’âge de 3 ans. Peu après, le maître du “ tsamasi ” va connaître une succession de malheurs. Il perd sa mère à 4 ans, son père à 12 ans et la vue à 15 ans. Son handicap n’influence en rien son destin pour autant. Aux côtés de son oncle, Thomas Fokam, instituteur retraité, bon joueur de l’accordéon et de la flûte, il s’initie à la musique.
A l’âge de dix-sept ans, influencé par une nouvelle vague de chanteurs français, il forme un groupe appelé “ The Rocky Boys ” qui devient ensuite “ Blacks Tigers ”. Avec son groupe, il signe un contrat au cabaret la Paillote à Bafoussam en 1969. C’est le début d’une riche carrière. Son premier chef-d’œuvre, “ Les peines du travail ” connaît un franc succès. Il est suivi de “ Honore ton père et ta mère ”. La rencontre avec Manu Dibango est déterminante pour lui. Il s’installe en France en 1978. Il enregistre “ Sikati ”, “ Potaksinan ”, “ Pardonnes-moi ” et “ Na Mala’ Ebolo ” respectivement vendus à 60.000, 80.000, 100.000, et 120.000 exemplaires.
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Sur son honneur, il ne se sent pas handicapé. Fidèle à lui-même dans l’interpellation de la société face à certains maux, il est contre la malhonnêteté et la piraterie. “ J’appelle les Camerounais à avoir pitié des artistes. Lorsqu’on met des dizaines de millions dans la production d’une œuvre et qu’on ne rentre pas dans ses frais à cause de la piraterie, c’est déplorable. On ne peut pas tuer l’autre pour s’en sortir. Parce que la piraterie c’est la mort programmée de l’art et de l’artiste ”. Chaque Camerounais peut avoir un Cd ou une cassette originale, entre “ 2000 et 6000 Fcfa ” précise l’auteur de Bend skin.
Pour une musique camerounaise riche et avant-gardiste, “ il manque de structure de gestion véritable, alors que dans certains pays africains, on commence à respecter l’artiste ”, s’indigne André-Marie Tala qui reconnaît que les artistes camerounais subissent de nombreuses frustrations. “ Ce sont les Français qui sont venus donner la légion d’honneur à Anne Marie Nzié. Pourquoi le Cameroun ne peut pas créer la légion d’honneur de ses artistes ”, interroge Tala.
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L’artiste qui travaille depuis 4 ans sur son prochain album, a plusieurs projets en tête. “ J’aimerais créer mon studio de production et mon propre circuit de distribution, afin de fixer des gens sur des produits originaux. ” A cela il faut ajouter l’encadrement des jeunes qui ont du talent à exploiter.  

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