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André-Marie Tala : Mon dernier Koki avec James Brown

Le musicien révèle qu’il allait contacter celui qui l’avait copié pour travailler ensemble.
Propos recueillis par Jean Baptiste Ketchateng – James Brown vient de mourir. Quelles images gardez-vous de cet artiste ?
Je pense que le monde entier perd un de ses dignes fils. C’était un monsieur hors pair de par la qualité de ses œuvres. De par la qualité de sa voix, une voix exceptionnelle qui a marqué beaucoup de générations. Il a eu une carrière riche et mouvementée. Je pense qu’il aura été exceptionnel dans tous les domaines et pour tout parachever, il est mort un jour exceptionnel. Il est mort à Noël. C’était un homme exceptionnel à tout point de vue.

L’écoutiez-vous comme Otis Reding qui a marqué votre jeunesse de mélomane et de musicien ?
Oui, bien sûr. James fait partie des musiciens dont je ne peux pas parler au passé. Quand je l’écoute c’est avec beaucoup de plaisir et c’est du bonheur. Je l’écoute jusqu’à maintenant et j’ai amené les enfants à aimer aussi James Brown.

Vous a-t-elle donc influencé, cette musique de Brown ?
Aucun artiste ne peut dire qu’il n’a pas été influencé par James ou par la puissance de son rythme, de ses écrits, de sa danse. Il a influencé toutes les générations jusqu’à celles d’aujourd’hui. On entend ses cris dans toutes sortes de musiques jusqu’à l’heure actuelle. Il a aussi influencé tous les courants musicaux, que ce soit le R’n B, le funk. C’est un monsieur qui avait du talent et tout ce qu’il abordait, il l’abordait avec une particularité dont il était seul à détenir le secret.

Et sur les musiciens africains qui allaient à la conquête de la scène internationale au moment où il était au sommet de son art ?
On ne pouvait pas le copier en Afrique en essayant de faire comme lui. Mais, chacun retenait un élément de lui qu’il estimait bon. Personne ne pouvait faire comme lui, il avait une voix exceptionnelle. Je pense qu’étant donné qu’il a eu des titres forts que tout le monde a aimés, on a dû se laisser influencer que l’on le veuille ou non. Et à moment donné, cela peut ressortir à travers une mélodie, un pas de danse ou même un cri que l’on pousse pour l’imiter.

Au sujet de Hot Koki, comment ce morceau est-il devenu une affaire ?
C’était mon premier album. Quand il [James Brown, Ndlr] est venu au Cameroun en mai 1975, je suis allé lui remettre cet album à l’hôtel des Cocotiers, l’actuel Méridien [à Douala]. Il a dû flasher sur la mélodie qu’il a interprétée. Ce qui m’a poussé à porter plainte, c’est qu’il n’avait pas marqué mon nom. Par l’intermédiaire des avocats nous l’avons traîné en justice et quatre ans après j’ai gagné le procès. Je regrette sa mort profondément comme tout artiste, comme tout être qui aime la musique. C’est une énorme perte pour nous tous.

Le jeune musicien que vous étiez alors a perçu cette affaire comme un vol ou une encourageante reconnaissance du talent naissant ?
C’était un sentiment mitigé. En même temps c’est un vol, en même temps c’est un honneur de se faire copier par un grand comme celui-là. Personne ne peut cracher dessus. C’est à la limite un souhait qu’un grand comme celui-là vous interprète. Il faut seulement qu’il prenne la peine de marquer le nom.

Cette affaire a-t-elle contribué à faire avancer votre carrière ?
Je n’ai pas pu évaluer cet incident malheureux. Je pourrai peut être un jour, dans le suite de ma carrière, revenir sur cette chanson pour l’exploiter. Il n’est pas tard.

Avez-vous jamais rencontré James Brown ensuite ?
Non. J’étais d’ailleurs en train de vouloir prendre contact avec lui, quand j’ai appris sa mort. Un ami m’a appelé des Etats-Unis, au sujet des deux versions de Hot Koki et Hustle [le single de Brown qui reprenait Tala], il était question de voir ce nous pouvions faire ensemble. Malheureusement…
Vous servez un nouvel album à la suite de Hot Koki et des autres cependant.
A ce sujet j’implore simplement les Camerounais de ne pas aller dans la rue acheter des pirateries.

Mutations

Voir une interview de André-Marie Tala

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Eric Christian NYA : Le hip hop kamer manque de di

Eric Christian Nya : Le hip hop kamer manque de discipline..

Transfuge de la RTM (Real Time Music) des artistes Tom et Dinaly Yom’s,  Eric Christian (Nya) s’illustre aujourd’hui comme l’un des animateurs radio qui s’incruste davantage dans le mouvement  hip hop, lui donnant une bonne visibilité et dès fois, une critique acerbe pour son évolution saine. Il revient sur ses motivations, ses ambitions….

kamerhiphop.com : Etait-ce ton rêve de devenir animateur radio ?
Eric Christian : Oui, j’avoue que j’ai toujours voulu faire ce métier. Je m’y sens vraiment à l’aise. J’ai toujours adoré exercer un métier public et pour moi il n’y a pas mieux que l’audiovisuel. C’est mon rêve de gosse qui est devenu réalité, même si j’estime n’avoir pas encore tout donner. J’emprunte toujours cette formule qui veut que «le meilleur reste à venir», évidemment par la grâce de Dieu, j’atteindrai la vitesse de croisière.

Pourquoi avoir gardé ton nom véritable en lieu et place d’un pseudo comme le font certains ?
Je n’ai pas vu la nécessité d’utiliser un pseudo car, j’estime que mon  nom (NYA) et mes deux prénoms (ERIC CHRISTIAN) ne sont pas difficiles à retenir et la prononciation n’est pas compliquée du tout. En plus, ça fait très star… (Rires)

Animateur fan de hip hop d’abord. Qu’est-ce qui te passionne dans cette musique ?
J’admire surtout le côté dénonciateur, militant et engagé de cette musique. J’adore les textes bien élaborés. Evidemment quand les musiques sont bien faites, c’est la totale quoi ! Le hip hop à travers le rap  est un puissant vecteur qui doit servir à passer des messages. C’est en fait tout cela qui me passionne dans ce courant culturel. Puisqu’il faut dire que le hip hop englobe plusieurs réalités (rap, street wear, graffitis, break dance, deejaying, etc.…)

Serais-tu d’avis avec ceux qui arguent que le Kamer a du hip hop de bonne qualité ?
C’est vrai qu’au Kamer, il existe de nombreux talents. Seulement, les conditions dans lesquelles on évolue, à mon avis, ne permettent pas dès fois que le hip hop qu’on nous sert soit de très bonne qualité. J’avoue qu’il y’en a qui font des efforts avec peu de moyens, qui arrivent à  marquer les esprits, à séduire le public de façon unanime. Mais d’une manière générale, beaucoup reste à faire. Si on essaye de comparer avec ce qui est fait par exemple en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso etc..), je crois qu’on peut dire sans risque de choquer que l’on  a encore du chemin à faire.

A ton avis quels sont les problèmes des artistes de hip hop au Kamer ?
Le gros problème est celui du manque criard de moyens financiers. Ce qui a forcément une grande incidence sur un certain nombre de choses. On a par exemple des gars bourrés de talents qui, faute d’argent n’auront jamais la chance de produire leurs albums. A côté de cela, il y’a pleins de jeunes qui tombent le plus souvent sur des pseudo producteurs qui ne respectent jamais leurs engagements. Il n’y a pas longtemps, je suis tombé sur un jeune rappeur talentueux, que j’ai plusieurs fois reçu à mon émission. Il m’a annoncé qu’il allait désormais se mettre au Makossa car il estimait qu’en tant que rappeur, il n’y a pas d’avenir pour lui. Et je trouve cela vraiment dommage. Il faut travailler dans le sens du développement de carrière. Dès fois, il y’a juste des actions qui ne s’inscrivent pas dans la durée. Souhaitons qu’un jour les choses aillent mieux. On connaît tous le fameux slogan « One day, one day, ça va payer ». Ailleurs, c’est une véritable industrie qui génère des revenus et fait vivre des familles entières. Au Sénégal par exemple, Didier Awadi pour qui j’ai beaucoup de respect, est un monsieur avec grand M.

A qui la faute ?
La faute est à ceux là qui par égoïsme, n’ont pas envie d’aider la jeunesse. C’est quand même choquant que dans un pays comme le Cameroun, il n’y ait pas suffisamment de bonnes volontés quand il s’agit d’aider les jeunes à émerger surtout dans le domaine du hip hop. Malheureusement en 2006, il y’en a encore qui croulent sous le poids des préjugés, qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez. D’aucuns pensent que les animateurs de hip hop sont des personnes qui n’ont rien dans la tête et qui sont là pour amuser la galerie. Je prépare un master en communication ! Il faut aider les jeunes qui ont choisi le hip hop. L’avenir d’un pays, c’est sa jeunesse. On a tort de ne pas y penser.

As-tu déjà été victime des arrogances et insouciances des rappeurs ?
Oui, malheureusement c’est arrivé quelques fois. Le constat que je fais, c’est qu’il manque beaucoup de discipline dans le hip hop. Certains ne se prennent pas très au sérieux, ils ne respectent pas les rendez-vous lorsqu’il s’agit de participer à des émissions. Dès fois, ils se prennent la tête, font des caprices de stars. D’aucuns se permettent de dire aux hommes de médias ce qu’ils ont à faire. Il arrive que certains rappeurs disent du mal des hommes de médias parce qu’ils n’ont pas voulu diffuser leurs maquettes à l’antenne pour des soucis de qualité. Personnellement, je n’ai jamais demandé 5 f CFA à un artiste pour qu’il soit diffusé dans mon émission. Ce que je privilégie c’est la qualité, si un artiste n’est pas capable de donner des émotions fortes lorsqu’ écoute, et si l’œuvre qu’il propose n’est pas ok d’un point de vue technique, je ne diffuse pas. Peu importe ce qu’il dira. On n’a pas le droit d’encourager la médiocrité en plus, il y va de ma crédibilité.

On leur colle cette étiquette de vantards, d’irrespectueux… toi qui les côtoient que dis-tu ?
Oui, ce n’est pas totalement faux. Il est important que les gars se prennent au sérieux. Qu’ils soient plus disciplinés. Une bonne discipline est gage de réussite. Je trouve que c’est ridicule de vouloir se comporter comme 50 cent ou Jay Z alors qu’on n’a pas les moyens de pouvoir vivre comme eux. La priorité des gars est de se battre pour se faire une place au soleil. Le reste n’a pas d’importance. Il y’en a qui se font la guerre entre eux. De telles attitudes ne servent pas la cause. Pour relever les défis qui sont les leurs, les hip hoppeurs doivent être unis et avoir le courage de se dire des vérités en face. Toutefois, il y’en a qui sont cool.

Comment juges-tu la qualité de la musique hip hop locale ?
De plus en plus, la scène s’enrichie d’œuvres de qualité. Avec peu de moyens, certains arrivent à faire des choses bien. Je vais citer Krotal, Koppo, Big Bzy, Roggy Stentor, Ak sang Grave, Sultan Oshiminh, Valséro, Le So Sound Crew, X-Maleya, S-Team, Sydney,Toopy 4 Ever, Obidy Style, Kund Eyala, Akwastik, Big Boos entertainment kamer, Lady B et bien d’autres encore. Vraiment maximum de respect, ne vous arrêtez surtout pas en si bon chemin. Il est important de savoir que l’un des défis à relever aussi, c’est d’offrir au public des œuvres de qualité. Vous en avez les potentialités.

Et comment apprécies-tu les quantités et les fréquences de production ?
Bah, j’avoue que la scène n’est pas très dynamique en matière des sorties discographiques. Il faut attendre plusieurs mois pour assister à quelques sorties c’est compréhensible ! De plus, la production musicale coûte chère. Conséquence au niveau des radios, nous sommes obligés de diffuser les mêmes musiques pendant de longues périodes.

D’aucuns ont la fâcheuse habitude d’opposer Scène hip hop Douala à celle de Yaoundé, objectivement est-ce deux poids, deux mesures ?
Je crois qu’on devrait éviter ce genre de comparaison. Cela ne fait pas avancer les choses. Chaque ville a sa sensibilité, ses réalités et c’est normal que cela se ressente au niveau des œuvres. On devrait plutôt être fier de cette grande diversité. On est content de dire que le Cameroun, c’est l’Afrique en miniature, pourquoi ne pas être content aussi que le hip hop kamer ait plusieurs couleurs.

Parle nous de ton programme Groove, depuis quand existe-t-il ?
GROOVE existe depuis début septembre 2006 à la faveur de la nouvelle grille des programmes de CRTV FM 105 SUELLABA. En réalité, le nom GROOVE est nouveau. Car depuis plus de 2 ans je m’occupe des musiques urbaines (hip hop) sur la chaîne. J’ai d’abord animé en soirée MAXIGROOVE puis, il y’ a eu la LE CLASH en duo avec Nabil qui nous a permis d’être sacré Meilleurs animateurs Hip hop Radio du Cameroun au cours de l’événement baptisé THE SLYK, qui a connu la participation en mai 2006 de Princess Aniès, Salif, Antilop Sa, etc… Aujourd’hui, GROOVE est l’émission de référence du hip hop, R’nb au niveau de la province du Littoral, sans exagération aucune. Je suis quelqu’un de humble (Rires). GROOVE est diffusé lundi, mardi, jeudi et vendredi de 15h30 à 17h. Les auditeurs peuvent écrire à l’émission à l’adresse ericchristian2006@yahoo.fr. GROOVE est une réalisation de Achille K.

Quel est à ton avis l’impact et la portée de ce programme sur la musique en elle-même, sur les rappeurs ensuite et sur les populations ?
L’émission est bien accueillie aussi bien par les auditeurs que par les acteurs de la scène hip hop. J’essaye de leur offrir un programme qui répond à leurs attentes. C’est la raison pour laquelle je laisse toujours le loisir aux gens de me dire ce qu’ils pensent de ce que je fais à la radio. Alors, grâce à cette émission et au travail que j’abats au quotidien, il y’a beaucoup de personnes qui ont désormais un regard différent du hip hop ou des rappeurs. Je les sens plus réceptifs. C’est pas encore gagné, c’est un travail de longue haleine. Et il y’a également des jeunes qui ont pu sortir de l’ombre (Karnatox, Rabelux, etc…). L’émission a un volet « découvertes » . C’est quelque chose qui me tient à cœur C’est important de dénicher de nouveaux talents.

Dans ton programme quelle est la place que tu accordes à la musique hip hop locale ?
Le hip hop local occupe une place de choix dans mon émission. GROOVE s’est fixé comme objectif de promouvoir le hip hop et singulièrement les talents locaux qui ont un potentiel et qui n’ont pas accès à des espaces d’expression. Alors en plus de la sélection 10% Kamer que je propose tous les après midis, je donne la possibilité à tous les acteurs du milieu (rappeurs, chanteurs de R’nb, producteurs, Dj, animateurs hip hop TV et radios, etc..) de pouvoir s’exprimer.
Je profiter de l’occasion pour demander à tous de saturer ma boîte électronique car le problème auquel je fais face, c’est que, rares sont par exemple les artistes locaux, confirmés ou en herbe, qui prennent la peine d’envoyer leurs news. Conséquence, dans l’espace info de GROOVE, je suis obligé de filer plus d’infos internationales. Mon défi est de renverser la tendance pour cela je compte sur tout le monde.

Serais-tu prêt à jouer n’importe quelle musique hip hop locale dans ton programme ? Ou prêt à recevoir n’importe quel artiste hip hop ? Quels sont tes critères de choix ?
Non, je suis catégorique. J’ai bien envie de donner un coup de main, mais je ne peux pas recevoir un artiste qui n’est pas capable d’offrir des émotions fortes aux mélomanes. Un artiste qui n’a rien à dire, qui a une voix pas terrible, qui n’a aucune démarche artistique, qui ne sens pas la chose, qui n’a pas le soucis de la perfection. Je  suis plutôt exigeant.

Comment t’y prends-tu pour être au fait de l’actualité culturelle hip hop ? Vas-tu vers eux ou viennent-ils vers toi ?
Ce n’est pas très évident. Les artistes du Mboa ne communiquent pas beaucoup. Je crois que par ignorance et/ou négligence ils oublient de filer les infos. Il n’y a pas longtemps Big Bzy a perdu son père, et c’est par hasard que je suis tombé sur l’info ! C’est le plus  souvent quand tu croises de manière fortuite un artiste dans la rue qu’il te donne ses news. Il faut qu’on apprenne à être sérieux. Cessez de reprocher aux hommes de médias de parler beaucoup plus des stars internationales qui elles, ont des sites web up date, prenez la peine de nous nourrir en infos. Dans ce sens, je félicite le groupe S-TEAM qui fait des efforts pour communiquer. Mais disons qu’au fil du temps, j’ai pu me constituer un carnet d’adresses aussi bien sur le plan local qu’international. Je n’hésite pas à l’utiliser pour avoir des news.

As-tu l’impression que les gens (artistes et public) te sont reconnaissant ?
Oui, et c’est très touchant. Je fais un métier très difficile contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser et j’avoue que ça fait toujours chaud au cœur de tomber sur des gens qui apprécient le travail que je fais et qui n’hésite pas à m’encourager sincèrement. De l’autre côté, il faut dire que pour être animateur de hip hop, il avoir beaucoup une bonne dose de courage et toujours se dire qu’on le fait  par passion car le milieu du hip hop, je suis désolé de le dire, est particulièrement ingrat. Les gars généralement viennent vers nous, quand ils ont besoin de nos services. Une fois le service rendu, ils disparaissent dans la nature. Ils se croient très malins mais en réalité, ils ne le sont pas. Ca me fait simplement rigoler. Rares sont ceux là qui prennent la peine de passer un coup de fil à un animateur juste pour prendre de ses  nouvelles. Ils le font quand ils ont une actualité et c’est dommage. Pourtant, je suis de ceux qui pensent qu’en dehors de l’antenne, on pourrait développer d’autres relations plus humaines avec les artistes. C’est à leur avantage en tout cas.

Et qu’en est-il avec les promoteurs de hip hop ?
Pour moi, il n’y a pas de vrais promoteurs de hip hop au Kamer. Je reconnais qu’il existe quelques personnes qui se battent comme ils peuvent pour faire avancer les choses (Ajajo avec son Kamer Groove, Axe jeunes du côté de Yaoundé, Sly, etc.…) mais ils sont vites rattrapés par des problèmes de sous. Les Ministères de la Culture et de la Jeunesse devraient penser à leur apporter une aide, puisque ces personnes ont l’expérience du terrain. Quant à la promotion musicale, il y’a encore du chemin à faire. Certains se démarquent : Dania, Tony Nobody, Tito, Pablo, Dexter, Serge Tamba, etc.… Le rap n’est pas une musique de seconde zone et mérite vraiment qu’on y mette des moyens.

Un mot aux internautes de Kamerhiphop.com ?
Je remercie les initiateurs du projet Kamerhiphop.com et je souhaite vivement que le projet puisse durer le plus longtemps possible. Ne vous découragez surtout pas et sachez que mon modeste soutien vous est acquis. Si je peux faire quelque chose pour vous, ce serait avec un immense plaisir. Quant aux internautes, juste vous demander de continuer à soutenir le hip hop kamer. Pour relever tous les défis qui nous interpellent, on a besoin de tous les maillons de la chaîne. Chacun à son niveau peut faire quelque chose. J’attends vos réactions à ericchristian2006@yahoo.fr. Peace, love et que DIEU vous garde.

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Eric Christian NYA : Le hip hop kamer manque de di

Eric Christian Nya : Le hip hop kamer manque de discipline..

Transfuge de la RTM (Real Time Music) des artistes Tom et Dinaly Yom’s,  Eric Christian (Nya) s’illustre aujourd’hui comme l’un des animateurs radio qui s’incruste davantage dans le mouvement  hip hop, lui donnant une bonne visibilité et dès fois, une critique acerbe pour son évolution saine. Il revient sur ses motivations, ses ambitions….

kamerhiphop.com : Etait-ce ton rêve de devenir animateur radio ?
Eric Christian : Oui, j’avoue que j’ai toujours voulu faire ce métier. Je m’y sens vraiment à l’aise. J’ai toujours adoré exercer un métier public et pour moi il n’y a pas mieux que l’audiovisuel. C’est mon rêve de gosse qui est devenu réalité, même si j’estime n’avoir pas encore tout donner. J’emprunte toujours cette formule qui veut que «le meilleur reste à venir», évidemment par la grâce de Dieu, j’atteindrai la vitesse de croisière.

Pourquoi avoir gardé ton nom véritable en lieu et place d’un pseudo comme le font certains ?
Je n’ai pas vu la nécessité d’utiliser un pseudo car, j’estime que mon  nom (NYA) et mes deux prénoms (ERIC CHRISTIAN) ne sont pas difficiles à retenir et la prononciation n’est pas compliquée du tout. En plus, ça fait très star… (Rires)

Animateur fan de hip hop d’abord. Qu’est-ce qui te passionne dans cette musique ?
J’admire surtout le côté dénonciateur, militant et engagé de cette musique. J’adore les textes bien élaborés. Evidemment quand les musiques sont bien faites, c’est la totale quoi ! Le hip hop à travers le rap  est un puissant vecteur qui doit servir à passer des messages. C’est en fait tout cela qui me passionne dans ce courant culturel. Puisqu’il faut dire que le hip hop englobe plusieurs réalités (rap, street wear, graffitis, break dance, deejaying, etc.…)

Serais-tu d’avis avec ceux qui arguent que le Kamer a du hip hop de bonne qualité ?
C’est vrai qu’au Kamer, il existe de nombreux talents. Seulement, les conditions dans lesquelles on évolue, à mon avis, ne permettent pas dès fois que le hip hop qu’on nous sert soit de très bonne qualité. J’avoue qu’il y’en a qui font des efforts avec peu de moyens, qui arrivent à  marquer les esprits, à séduire le public de façon unanime. Mais d’une manière générale, beaucoup reste à faire. Si on essaye de comparer avec ce qui est fait par exemple en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso etc..), je crois qu’on peut dire sans risque de choquer que l’on  a encore du chemin à faire.

A ton avis quels sont les problèmes des artistes de hip hop au Kamer ?
Le gros problème est celui du manque criard de moyens financiers. Ce qui a forcément une grande incidence sur un certain nombre de choses. On a par exemple des gars bourrés de talents qui, faute d’argent n’auront jamais la chance de produire leurs albums. A côté de cela, il y’a pleins de jeunes qui tombent le plus souvent sur des pseudo producteurs qui ne respectent jamais leurs engagements. Il n’y a pas longtemps, je suis tombé sur un jeune rappeur talentueux, que j’ai plusieurs fois reçu à mon émission. Il m’a annoncé qu’il allait désormais se mettre au Makossa car il estimait qu’en tant que rappeur, il n’y a pas d’avenir pour lui. Et je trouve cela vraiment dommage. Il faut travailler dans le sens du développement de carrière. Dès fois, il y’a juste des actions qui ne s’inscrivent pas dans la durée. Souhaitons qu’un jour les choses aillent mieux. On connaît tous le fameux slogan « One day, one day, ça va payer ». Ailleurs, c’est une véritable industrie qui génère des revenus et fait vivre des familles entières. Au Sénégal par exemple, Didier Awadi pour qui j’ai beaucoup de respect, est un monsieur avec grand M.

A qui la faute ?
La faute est à ceux là qui par égoïsme, n’ont pas envie d’aider la jeunesse. C’est quand même choquant que dans un pays comme le Cameroun, il n’y ait pas suffisamment de bonnes volontés quand il s’agit d’aider les jeunes à émerger surtout dans le domaine du hip hop. Malheureusement en 2006, il y’en a encore qui croulent sous le poids des préjugés, qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez. D’aucuns pensent que les animateurs de hip hop sont des personnes qui n’ont rien dans la tête et qui sont là pour amuser la galerie. Je prépare un master en communication ! Il faut aider les jeunes qui ont choisi le hip hop. L’avenir d’un pays, c’est sa jeunesse. On a tort de ne pas y penser.

As-tu déjà été victime des arrogances et insouciances des rappeurs ?
Oui, malheureusement c’est arrivé quelques fois. Le constat que je fais, c’est qu’il manque beaucoup de discipline dans le hip hop. Certains ne se prennent pas très au sérieux, ils ne respectent pas les rendez-vous lorsqu’il s’agit de participer à des émissions. Dès fois, ils se prennent la tête, font des caprices de stars. D’aucuns se permettent de dire aux hommes de médias ce qu’ils ont à faire. Il arrive que certains rappeurs disent du mal des hommes de médias parce qu’ils n’ont pas voulu diffuser leurs maquettes à l’antenne pour des soucis de qualité. Personnellement, je n’ai jamais demandé 5 f CFA à un artiste pour qu’il soit diffusé dans mon émission. Ce que je privilégie c’est la qualité, si un artiste n’est pas capable de donner des émotions fortes lorsqu’ écoute, et si l’œuvre qu’il propose n’est pas ok d’un point de vue technique, je ne diffuse pas. Peu importe ce qu’il dira. On n’a pas le droit d’encourager la médiocrité en plus, il y va de ma crédibilité.

On leur colle cette étiquette de vantards, d’irrespectueux… toi qui les côtoient que dis-tu ?
Oui, ce n’est pas totalement faux. Il est important que les gars se prennent au sérieux. Qu’ils soient plus disciplinés. Une bonne discipline est gage de réussite. Je trouve que c’est ridicule de vouloir se comporter comme 50 cent ou Jay Z alors qu’on n’a pas les moyens de pouvoir vivre comme eux. La priorité des gars est de se battre pour se faire une place au soleil. Le reste n’a pas d’importance. Il y’en a qui se font la guerre entre eux. De telles attitudes ne servent pas la cause. Pour relever les défis qui sont les leurs, les hip hoppeurs doivent être unis et avoir le courage de se dire des vérités en face. Toutefois, il y’en a qui sont cool.

Comment juges-tu la qualité de la musique hip hop locale ?
De plus en plus, la scène s’enrichie d’œuvres de qualité. Avec peu de moyens, certains arrivent à faire des choses bien. Je vais citer Krotal, Koppo, Big Bzy, Roggy Stentor, Ak sang Grave, Sultan Oshiminh, Valséro, Le So Sound Crew, X-Maleya, S-Team, Sydney,Toopy 4 Ever, Obidy Style, Kund Eyala, Akwastik, Big Boos entertainment kamer, Lady B et bien d’autres encore. Vraiment maximum de respect, ne vous arrêtez surtout pas en si bon chemin. Il est important de savoir que l’un des défis à relever aussi, c’est d’offrir au public des œuvres de qualité. Vous en avez les potentialités.

Et comment apprécies-tu les quantités et les fréquences de production ?
Bah, j’avoue que la scène n’est pas très dynamique en matière des sorties discographiques. Il faut attendre plusieurs mois pour assister à quelques sorties c’est compréhensible ! De plus, la production musicale coûte chère. Conséquence au niveau des radios, nous sommes obligés de diffuser les mêmes musiques pendant de longues périodes.

D’aucuns ont la fâcheuse habitude d’opposer Scène hip hop Douala à celle de Yaoundé, objectivement est-ce deux poids, deux mesures ?
Je crois qu’on devrait éviter ce genre de comparaison. Cela ne fait pas avancer les choses. Chaque ville a sa sensibilité, ses réalités et c’est normal que cela se ressente au niveau des œuvres. On devrait plutôt être fier de cette grande diversité. On est content de dire que le Cameroun, c’est l’Afrique en miniature, pourquoi ne pas être content aussi que le hip hop kamer ait plusieurs couleurs.

Parle nous de ton programme Groove, depuis quand existe-t-il ?
GROOVE existe depuis début septembre 2006 à la faveur de la nouvelle grille des programmes de CRTV FM 105 SUELLABA. En réalité, le nom GROOVE est nouveau. Car depuis plus de 2 ans je m’occupe des musiques urbaines (hip hop) sur la chaîne. J’ai d’abord animé en soirée MAXIGROOVE puis, il y’ a eu la LE CLASH en duo avec Nabil qui nous a permis d’être sacré Meilleurs animateurs Hip hop Radio du Cameroun au cours de l’événement baptisé THE SLYK, qui a connu la participation en mai 2006 de Princess Aniès, Salif, Antilop Sa, etc… Aujourd’hui, GROOVE est l’émission de référence du hip hop, R’nb au niveau de la province du Littoral, sans exagération aucune. Je suis quelqu’un de humble (Rires). GROOVE est diffusé lundi, mardi, jeudi et vendredi de 15h30 à 17h. Les auditeurs peuvent écrire à l’émission à l’adresse ericchristian2006@yahoo.fr. GROOVE est une réalisation de Achille K.

Quel est à ton avis l’impact et la portée de ce programme sur la musique en elle-même, sur les rappeurs ensuite et sur les populations ?
L’émission est bien accueillie aussi bien par les auditeurs que par les acteurs de la scène hip hop. J’essaye de leur offrir un programme qui répond à leurs attentes. C’est la raison pour laquelle je laisse toujours le loisir aux gens de me dire ce qu’ils pensent de ce que je fais à la radio. Alors, grâce à cette émission et au travail que j’abats au quotidien, il y’a beaucoup de personnes qui ont désormais un regard différent du hip hop ou des rappeurs. Je les sens plus réceptifs. C’est pas encore gagné, c’est un travail de longue haleine. Et il y’a également des jeunes qui ont pu sortir de l’ombre (Karnatox, Rabelux, etc…). L’émission a un volet « découvertes » . C’est quelque chose qui me tient à cœur C’est important de dénicher de nouveaux talents.

Dans ton programme quelle est la place que tu accordes à la musique hip hop locale ?
Le hip hop local occupe une place de choix dans mon émission. GROOVE s’est fixé comme objectif de promouvoir le hip hop et singulièrement les talents locaux qui ont un potentiel et qui n’ont pas accès à des espaces d’expression. Alors en plus de la sélection 10% Kamer que je propose tous les après midis, je donne la possibilité à tous les acteurs du milieu (rappeurs, chanteurs de R’nb, producteurs, Dj, animateurs hip hop TV et radios, etc..) de pouvoir s’exprimer.
Je profiter de l’occasion pour demander à tous de saturer ma boîte électronique car le problème auquel je fais face, c’est que, rares sont par exemple les artistes locaux, confirmés ou en herbe, qui prennent la peine d’envoyer leurs news. Conséquence, dans l’espace info de GROOVE, je suis obligé de filer plus d’infos internationales. Mon défi est de renverser la tendance pour cela je compte sur tout le monde.

Serais-tu prêt à jouer n’importe quelle musique hip hop locale dans ton programme ? Ou prêt à recevoir n’importe quel artiste hip hop ? Quels sont tes critères de choix ?
Non, je suis catégorique. J’ai bien envie de donner un coup de main, mais je ne peux pas recevoir un artiste qui n’est pas capable d’offrir des émotions fortes aux mélomanes. Un artiste qui n’a rien à dire, qui a une voix pas terrible, qui n’a aucune démarche artistique, qui ne sens pas la chose, qui n’a pas le soucis de la perfection. Je  suis plutôt exigeant.

Comment t’y prends-tu pour être au fait de l’actualité culturelle hip hop ? Vas-tu vers eux ou viennent-ils vers toi ?
Ce n’est pas très évident. Les artistes du Mboa ne communiquent pas beaucoup. Je crois que par ignorance et/ou négligence ils oublient de filer les infos. Il n’y a pas longtemps Big Bzy a perdu son père, et c’est par hasard que je suis tombé sur l’info ! C’est le plus  souvent quand tu croises de manière fortuite un artiste dans la rue qu’il te donne ses news. Il faut qu’on apprenne à être sérieux. Cessez de reprocher aux hommes de médias de parler beaucoup plus des stars internationales qui elles, ont des sites web up date, prenez la peine de nous nourrir en infos. Dans ce sens, je félicite le groupe S-TEAM qui fait des efforts pour communiquer. Mais disons qu’au fil du temps, j’ai pu me constituer un carnet d’adresses aussi bien sur le plan local qu’international. Je n’hésite pas à l’utiliser pour avoir des news.

As-tu l’impression que les gens (artistes et public) te sont reconnaissant ?
Oui, et c’est très touchant. Je fais un métier très difficile contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser et j’avoue que ça fait toujours chaud au cœur de tomber sur des gens qui apprécient le travail que je fais et qui n’hésite pas à m’encourager sincèrement. De l’autre côté, il faut dire que pour être animateur de hip hop, il avoir beaucoup une bonne dose de courage et toujours se dire qu’on le fait  par passion car le milieu du hip hop, je suis désolé de le dire, est particulièrement ingrat. Les gars généralement viennent vers nous, quand ils ont besoin de nos services. Une fois le service rendu, ils disparaissent dans la nature. Ils se croient très malins mais en réalité, ils ne le sont pas. Ca me fait simplement rigoler. Rares sont ceux là qui prennent la peine de passer un coup de fil à un animateur juste pour prendre de ses  nouvelles. Ils le font quand ils ont une actualité et c’est dommage. Pourtant, je suis de ceux qui pensent qu’en dehors de l’antenne, on pourrait développer d’autres relations plus humaines avec les artistes. C’est à leur avantage en tout cas.

Et qu’en est-il avec les promoteurs de hip hop ?
Pour moi, il n’y a pas de vrais promoteurs de hip hop au Kamer. Je reconnais qu’il existe quelques personnes qui se battent comme ils peuvent pour faire avancer les choses (Ajajo avec son Kamer Groove, Axe jeunes du côté de Yaoundé, Sly, etc.…) mais ils sont vites rattrapés par des problèmes de sous. Les Ministères de la Culture et de la Jeunesse devraient penser à leur apporter une aide, puisque ces personnes ont l’expérience du terrain. Quant à la promotion musicale, il y’a encore du chemin à faire. Certains se démarquent : Dania, Tony Nobody, Tito, Pablo, Dexter, Serge Tamba, etc.… Le rap n’est pas une musique de seconde zone et mérite vraiment qu’on y mette des moyens.

Un mot aux internautes de Kamerhiphop.com ?
Je remercie les initiateurs du projet Kamerhiphop.com et je souhaite vivement que le projet puisse durer le plus longtemps possible. Ne vous découragez surtout pas et sachez que mon modeste soutien vous est acquis. Si je peux faire quelque chose pour vous, ce serait avec un immense plaisir. Quant aux internautes, juste vous demander de continuer à soutenir le hip hop kamer. Pour relever tous les défis qui nous interpellent, on a besoin de tous les maillons de la chaîne. Chacun à son niveau peut faire quelque chose. J’attends vos réactions à ericchristian2006@yahoo.fr. Peace, love et que DIEU vous garde.

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Non classé

Eric Christian NYA : Le hip hop kamer manque de di

Eric Christian Nya : Le hip hop kamer manque de discipline..

Transfuge de la RTM (Real Time Music) des artistes Tom et Dinaly Yom’s,  Eric Christian (Nya) s’illustre aujourd’hui comme l’un des animateurs radio qui s’incruste davantage dans le mouvement  hip hop, lui donnant une bonne visibilité et dès fois, une critique acerbe pour son évolution saine. Il revient sur ses motivations, ses ambitions….

kamerhiphop.com : Etait-ce ton rêve de devenir animateur radio ?
Eric Christian : Oui, j’avoue que j’ai toujours voulu faire ce métier. Je m’y sens vraiment à l’aise. J’ai toujours adoré exercer un métier public et pour moi il n’y a pas mieux que l’audiovisuel. C’est mon rêve de gosse qui est devenu réalité, même si j’estime n’avoir pas encore tout donner. J’emprunte toujours cette formule qui veut que «le meilleur reste à venir», évidemment par la grâce de Dieu, j’atteindrai la vitesse de croisière.

Pourquoi avoir gardé ton nom véritable en lieu et place d’un pseudo comme le font certains ?
Je n’ai pas vu la nécessité d’utiliser un pseudo car, j’estime que mon  nom (NYA) et mes deux prénoms (ERIC CHRISTIAN) ne sont pas difficiles à retenir et la prononciation n’est pas compliquée du tout. En plus, ça fait très star… (Rires)

Animateur fan de hip hop d’abord. Qu’est-ce qui te passionne dans cette musique ?
J’admire surtout le côté dénonciateur, militant et engagé de cette musique. J’adore les textes bien élaborés. Evidemment quand les musiques sont bien faites, c’est la totale quoi ! Le hip hop à travers le rap  est un puissant vecteur qui doit servir à passer des messages. C’est en fait tout cela qui me passionne dans ce courant culturel. Puisqu’il faut dire que le hip hop englobe plusieurs réalités (rap, street wear, graffitis, break dance, deejaying, etc.…)

Serais-tu d’avis avec ceux qui arguent que le Kamer a du hip hop de bonne qualité ?
C’est vrai qu’au Kamer, il existe de nombreux talents. Seulement, les conditions dans lesquelles on évolue, à mon avis, ne permettent pas dès fois que le hip hop qu’on nous sert soit de très bonne qualité. J’avoue qu’il y’en a qui font des efforts avec peu de moyens, qui arrivent à  marquer les esprits, à séduire le public de façon unanime. Mais d’une manière générale, beaucoup reste à faire. Si on essaye de comparer avec ce qui est fait par exemple en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso etc..), je crois qu’on peut dire sans risque de choquer que l’on  a encore du chemin à faire.

A ton avis quels sont les problèmes des artistes de hip hop au Kamer ?
Le gros problème est celui du manque criard de moyens financiers. Ce qui a forcément une grande incidence sur un certain nombre de choses. On a par exemple des gars bourrés de talents qui, faute d’argent n’auront jamais la chance de produire leurs albums. A côté de cela, il y’a pleins de jeunes qui tombent le plus souvent sur des pseudo producteurs qui ne respectent jamais leurs engagements. Il n’y a pas longtemps, je suis tombé sur un jeune rappeur talentueux, que j’ai plusieurs fois reçu à mon émission. Il m’a annoncé qu’il allait désormais se mettre au Makossa car il estimait qu’en tant que rappeur, il n’y a pas d’avenir pour lui. Et je trouve cela vraiment dommage. Il faut travailler dans le sens du développement de carrière. Dès fois, il y’a juste des actions qui ne s’inscrivent pas dans la durée. Souhaitons qu’un jour les choses aillent mieux. On connaît tous le fameux slogan « One day, one day, ça va payer ». Ailleurs, c’est une véritable industrie qui génère des revenus et fait vivre des familles entières. Au Sénégal par exemple, Didier Awadi pour qui j’ai beaucoup de respect, est un monsieur avec grand M.

A qui la faute ?
La faute est à ceux là qui par égoïsme, n’ont pas envie d’aider la jeunesse. C’est quand même choquant que dans un pays comme le Cameroun, il n’y ait pas suffisamment de bonnes volontés quand il s’agit d’aider les jeunes à émerger surtout dans le domaine du hip hop. Malheureusement en 2006, il y’en a encore qui croulent sous le poids des préjugés, qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez. D’aucuns pensent que les animateurs de hip hop sont des personnes qui n’ont rien dans la tête et qui sont là pour amuser la galerie. Je prépare un master en communication ! Il faut aider les jeunes qui ont choisi le hip hop. L’avenir d’un pays, c’est sa jeunesse. On a tort de ne pas y penser.

As-tu déjà été victime des arrogances et insouciances des rappeurs ?
Oui, malheureusement c’est arrivé quelques fois. Le constat que je fais, c’est qu’il manque beaucoup de discipline dans le hip hop. Certains ne se prennent pas très au sérieux, ils ne respectent pas les rendez-vous lorsqu’il s’agit de participer à des émissions. Dès fois, ils se prennent la tête, font des caprices de stars. D’aucuns se permettent de dire aux hommes de médias ce qu’ils ont à faire. Il arrive que certains rappeurs disent du mal des hommes de médias parce qu’ils n’ont pas voulu diffuser leurs maquettes à l’antenne pour des soucis de qualité. Personnellement, je n’ai jamais demandé 5 f CFA à un artiste pour qu’il soit diffusé dans mon émission. Ce que je privilégie c’est la qualité, si un artiste n’est pas capable de donner des émotions fortes lorsqu’ écoute, et si l’œuvre qu’il propose n’est pas ok d’un point de vue technique, je ne diffuse pas. Peu importe ce qu’il dira. On n’a pas le droit d’encourager la médiocrité en plus, il y va de ma crédibilité.

On leur colle cette étiquette de vantards, d’irrespectueux… toi qui les côtoient que dis-tu ?
Oui, ce n’est pas totalement faux. Il est important que les gars se prennent au sérieux. Qu’ils soient plus disciplinés. Une bonne discipline est gage de réussite. Je trouve que c’est ridicule de vouloir se comporter comme 50 cent ou Jay Z alors qu’on n’a pas les moyens de pouvoir vivre comme eux. La priorité des gars est de se battre pour se faire une place au soleil. Le reste n’a pas d’importance. Il y’en a qui se font la guerre entre eux. De telles attitudes ne servent pas la cause. Pour relever les défis qui sont les leurs, les hip hoppeurs doivent être unis et avoir le courage de se dire des vérités en face. Toutefois, il y’en a qui sont cool.

Comment juges-tu la qualité de la musique hip hop locale ?
De plus en plus, la scène s’enrichie d’œuvres de qualité. Avec peu de moyens, certains arrivent à faire des choses bien. Je vais citer Krotal, Koppo, Big Bzy, Roggy Stentor, Ak sang Grave, Sultan Oshiminh, Valséro, Le So Sound Crew, X-Maleya, S-Team, Sydney,Toopy 4 Ever, Obidy Style, Kund Eyala, Akwastik, Big Boos entertainment kamer, Lady B et bien d’autres encore. Vraiment maximum de respect, ne vous arrêtez surtout pas en si bon chemin. Il est important de savoir que l’un des défis à relever aussi, c’est d’offrir au public des œuvres de qualité. Vous en avez les potentialités.

Et comment apprécies-tu les quantités et les fréquences de production ?
Bah, j’avoue que la scène n’est pas très dynamique en matière des sorties discographiques. Il faut attendre plusieurs mois pour assister à quelques sorties c’est compréhensible ! De plus, la production musicale coûte chère. Conséquence au niveau des radios, nous sommes obligés de diffuser les mêmes musiques pendant de longues périodes.

D’aucuns ont la fâcheuse habitude d’opposer Scène hip hop Douala à celle de Yaoundé, objectivement est-ce deux poids, deux mesures ?
Je crois qu’on devrait éviter ce genre de comparaison. Cela ne fait pas avancer les choses. Chaque ville a sa sensibilité, ses réalités et c’est normal que cela se ressente au niveau des œuvres. On devrait plutôt être fier de cette grande diversité. On est content de dire que le Cameroun, c’est l’Afrique en miniature, pourquoi ne pas être content aussi que le hip hop kamer ait plusieurs couleurs.

Parle nous de ton programme Groove, depuis quand existe-t-il ?
GROOVE existe depuis début septembre 2006 à la faveur de la nouvelle grille des programmes de CRTV FM 105 SUELLABA. En réalité, le nom GROOVE est nouveau. Car depuis plus de 2 ans je m’occupe des musiques urbaines (hip hop) sur la chaîne. J’ai d’abord animé en soirée MAXIGROOVE puis, il y’ a eu la LE CLASH en duo avec Nabil qui nous a permis d’être sacré Meilleurs animateurs Hip hop Radio du Cameroun au cours de l’événement baptisé THE SLYK, qui a connu la participation en mai 2006 de Princess Aniès, Salif, Antilop Sa, etc… Aujourd’hui, GROOVE est l’émission de référence du hip hop, R’nb au niveau de la province du Littoral, sans exagération aucune. Je suis quelqu’un de humble (Rires). GROOVE est diffusé lundi, mardi, jeudi et vendredi de 15h30 à 17h. Les auditeurs peuvent écrire à l’émission à l’adresse ericchristian2006@yahoo.fr. GROOVE est une réalisation de Achille K.

Quel est à ton avis l’impact et la portée de ce programme sur la musique en elle-même, sur les rappeurs ensuite et sur les populations ?
L’émission est bien accueillie aussi bien par les auditeurs que par les acteurs de la scène hip hop. J’essaye de leur offrir un programme qui répond à leurs attentes. C’est la raison pour laquelle je laisse toujours le loisir aux gens de me dire ce qu’ils pensent de ce que je fais à la radio. Alors, grâce à cette émission et au travail que j’abats au quotidien, il y’a beaucoup de personnes qui ont désormais un regard différent du hip hop ou des rappeurs. Je les sens plus réceptifs. C’est pas encore gagné, c’est un travail de longue haleine. Et il y’a également des jeunes qui ont pu sortir de l’ombre (Karnatox, Rabelux, etc…). L’émission a un volet « découvertes » . C’est quelque chose qui me tient à cœur C’est important de dénicher de nouveaux talents.

Dans ton programme quelle est la place que tu accordes à la musique hip hop locale ?
Le hip hop local occupe une place de choix dans mon émission. GROOVE s’est fixé comme objectif de promouvoir le hip hop et singulièrement les talents locaux qui ont un potentiel et qui n’ont pas accès à des espaces d’expression. Alors en plus de la sélection 10% Kamer que je propose tous les après midis, je donne la possibilité à tous les acteurs du milieu (rappeurs, chanteurs de R’nb, producteurs, Dj, animateurs hip hop TV et radios, etc..) de pouvoir s’exprimer.
Je profiter de l’occasion pour demander à tous de saturer ma boîte électronique car le problème auquel je fais face, c’est que, rares sont par exemple les artistes locaux, confirmés ou en herbe, qui prennent la peine d’envoyer leurs news. Conséquence, dans l’espace info de GROOVE, je suis obligé de filer plus d’infos internationales. Mon défi est de renverser la tendance pour cela je compte sur tout le monde.

Serais-tu prêt à jouer n’importe quelle musique hip hop locale dans ton programme ? Ou prêt à recevoir n’importe quel artiste hip hop ? Quels sont tes critères de choix ?
Non, je suis catégorique. J’ai bien envie de donner un coup de main, mais je ne peux pas recevoir un artiste qui n’est pas capable d’offrir des émotions fortes aux mélomanes. Un artiste qui n’a rien à dire, qui a une voix pas terrible, qui n’a aucune démarche artistique, qui ne sens pas la chose, qui n’a pas le soucis de la perfection. Je  suis plutôt exigeant.

Comment t’y prends-tu pour être au fait de l’actualité culturelle hip hop ? Vas-tu vers eux ou viennent-ils vers toi ?
Ce n’est pas très évident. Les artistes du Mboa ne communiquent pas beaucoup. Je crois que par ignorance et/ou négligence ils oublient de filer les infos. Il n’y a pas longtemps Big Bzy a perdu son père, et c’est par hasard que je suis tombé sur l’info ! C’est le plus  souvent quand tu croises de manière fortuite un artiste dans la rue qu’il te donne ses news. Il faut qu’on apprenne à être sérieux. Cessez de reprocher aux hommes de médias de parler beaucoup plus des stars internationales qui elles, ont des sites web up date, prenez la peine de nous nourrir en infos. Dans ce sens, je félicite le groupe S-TEAM qui fait des efforts pour communiquer. Mais disons qu’au fil du temps, j’ai pu me constituer un carnet d’adresses aussi bien sur le plan local qu’international. Je n’hésite pas à l’utiliser pour avoir des news.

As-tu l’impression que les gens (artistes et public) te sont reconnaissant ?
Oui, et c’est très touchant. Je fais un métier très difficile contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser et j’avoue que ça fait toujours chaud au cœur de tomber sur des gens qui apprécient le travail que je fais et qui n’hésite pas à m’encourager sincèrement. De l’autre côté, il faut dire que pour être animateur de hip hop, il avoir beaucoup une bonne dose de courage et toujours se dire qu’on le fait  par passion car le milieu du hip hop, je suis désolé de le dire, est particulièrement ingrat. Les gars généralement viennent vers nous, quand ils ont besoin de nos services. Une fois le service rendu, ils disparaissent dans la nature. Ils se croient très malins mais en réalité, ils ne le sont pas. Ca me fait simplement rigoler. Rares sont ceux là qui prennent la peine de passer un coup de fil à un animateur juste pour prendre de ses  nouvelles. Ils le font quand ils ont une actualité et c’est dommage. Pourtant, je suis de ceux qui pensent qu’en dehors de l’antenne, on pourrait développer d’autres relations plus humaines avec les artistes. C’est à leur avantage en tout cas.

Et qu’en est-il avec les promoteurs de hip hop ?
Pour moi, il n’y a pas de vrais promoteurs de hip hop au Kamer. Je reconnais qu’il existe quelques personnes qui se battent comme ils peuvent pour faire avancer les choses (Ajajo avec son Kamer Groove, Axe jeunes du côté de Yaoundé, Sly, etc.…) mais ils sont vites rattrapés par des problèmes de sous. Les Ministères de la Culture et de la Jeunesse devraient penser à leur apporter une aide, puisque ces personnes ont l’expérience du terrain. Quant à la promotion musicale, il y’a encore du chemin à faire. Certains se démarquent : Dania, Tony Nobody, Tito, Pablo, Dexter, Serge Tamba, etc.… Le rap n’est pas une musique de seconde zone et mérite vraiment qu’on y mette des moyens.

Un mot aux internautes de Kamerhiphop.com ?
Je remercie les initiateurs du projet Kamerhiphop.com et je souhaite vivement que le projet puisse durer le plus longtemps possible. Ne vous découragez surtout pas et sachez que mon modeste soutien vous est acquis. Si je peux faire quelque chose pour vous, ce serait avec un immense plaisir. Quant aux internautes, juste vous demander de continuer à soutenir le hip hop kamer. Pour relever tous les défis qui nous interpellent, on a besoin de tous les maillons de la chaîne. Chacun à son niveau peut faire quelque chose. J’attends vos réactions à ericchristian2006@yahoo.fr. Peace, love et que DIEU vous garde.

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Eric Christian NYA : Le hip hop kamer manque de di

Eric Christian Nya : Le hip hop kamer manque de discipline..

Transfuge de la RTM (Real Time Music) des artistes Tom et Dinaly Yom’s,  Eric Christian (Nya) s’illustre aujourd’hui comme l’un des animateurs radio qui s’incruste davantage dans le mouvement  hip hop, lui donnant une bonne visibilité et dès fois, une critique acerbe pour son évolution saine. Il revient sur ses motivations, ses ambitions….

kamerhiphop.com : Etait-ce ton rêve de devenir animateur radio ?
Eric Christian : Oui, j’avoue que j’ai toujours voulu faire ce métier. Je m’y sens vraiment à l’aise. J’ai toujours adoré exercer un métier public et pour moi il n’y a pas mieux que l’audiovisuel. C’est mon rêve de gosse qui est devenu réalité, même si j’estime n’avoir pas encore tout donner. J’emprunte toujours cette formule qui veut que «le meilleur reste à venir», évidemment par la grâce de Dieu, j’atteindrai la vitesse de croisière.

Pourquoi avoir gardé ton nom véritable en lieu et place d’un pseudo comme le font certains ?
Je n’ai pas vu la nécessité d’utiliser un pseudo car, j’estime que mon  nom (NYA) et mes deux prénoms (ERIC CHRISTIAN) ne sont pas difficiles à retenir et la prononciation n’est pas compliquée du tout. En plus, ça fait très star… (Rires)

Animateur fan de hip hop d’abord. Qu’est-ce qui te passionne dans cette musique ?
J’admire surtout le côté dénonciateur, militant et engagé de cette musique. J’adore les textes bien élaborés. Evidemment quand les musiques sont bien faites, c’est la totale quoi ! Le hip hop à travers le rap  est un puissant vecteur qui doit servir à passer des messages. C’est en fait tout cela qui me passionne dans ce courant culturel. Puisqu’il faut dire que le hip hop englobe plusieurs réalités (rap, street wear, graffitis, break dance, deejaying, etc.…)

Serais-tu d’avis avec ceux qui arguent que le Kamer a du hip hop de bonne qualité ?
C’est vrai qu’au Kamer, il existe de nombreux talents. Seulement, les conditions dans lesquelles on évolue, à mon avis, ne permettent pas dès fois que le hip hop qu’on nous sert soit de très bonne qualité. J’avoue qu’il y’en a qui font des efforts avec peu de moyens, qui arrivent à  marquer les esprits, à séduire le public de façon unanime. Mais d’une manière générale, beaucoup reste à faire. Si on essaye de comparer avec ce qui est fait par exemple en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso etc..), je crois qu’on peut dire sans risque de choquer que l’on  a encore du chemin à faire.

A ton avis quels sont les problèmes des artistes de hip hop au Kamer ?
Le gros problème est celui du manque criard de moyens financiers. Ce qui a forcément une grande incidence sur un certain nombre de choses. On a par exemple des gars bourrés de talents qui, faute d’argent n’auront jamais la chance de produire leurs albums. A côté de cela, il y’a pleins de jeunes qui tombent le plus souvent sur des pseudo producteurs qui ne respectent jamais leurs engagements. Il n’y a pas longtemps, je suis tombé sur un jeune rappeur talentueux, que j’ai plusieurs fois reçu à mon émission. Il m’a annoncé qu’il allait désormais se mettre au Makossa car il estimait qu’en tant que rappeur, il n’y a pas d’avenir pour lui. Et je trouve cela vraiment dommage. Il faut travailler dans le sens du développement de carrière. Dès fois, il y’a juste des actions qui ne s’inscrivent pas dans la durée. Souhaitons qu’un jour les choses aillent mieux. On connaît tous le fameux slogan « One day, one day, ça va payer ». Ailleurs, c’est une véritable industrie qui génère des revenus et fait vivre des familles entières. Au Sénégal par exemple, Didier Awadi pour qui j’ai beaucoup de respect, est un monsieur avec grand M.

A qui la faute ?
La faute est à ceux là qui par égoïsme, n’ont pas envie d’aider la jeunesse. C’est quand même choquant que dans un pays comme le Cameroun, il n’y ait pas suffisamment de bonnes volontés quand il s’agit d’aider les jeunes à émerger surtout dans le domaine du hip hop. Malheureusement en 2006, il y’en a encore qui croulent sous le poids des préjugés, qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez. D’aucuns pensent que les animateurs de hip hop sont des personnes qui n’ont rien dans la tête et qui sont là pour amuser la galerie. Je prépare un master en communication ! Il faut aider les jeunes qui ont choisi le hip hop. L’avenir d’un pays, c’est sa jeunesse. On a tort de ne pas y penser.

As-tu déjà été victime des arrogances et insouciances des rappeurs ?
Oui, malheureusement c’est arrivé quelques fois. Le constat que je fais, c’est qu’il manque beaucoup de discipline dans le hip hop. Certains ne se prennent pas très au sérieux, ils ne respectent pas les rendez-vous lorsqu’il s’agit de participer à des émissions. Dès fois, ils se prennent la tête, font des caprices de stars. D’aucuns se permettent de dire aux hommes de médias ce qu’ils ont à faire. Il arrive que certains rappeurs disent du mal des hommes de médias parce qu’ils n’ont pas voulu diffuser leurs maquettes à l’antenne pour des soucis de qualité. Personnellement, je n’ai jamais demandé 5 f CFA à un artiste pour qu’il soit diffusé dans mon émission. Ce que je privilégie c’est la qualité, si un artiste n’est pas capable de donner des émotions fortes lorsqu’ écoute, et si l’œuvre qu’il propose n’est pas ok d’un point de vue technique, je ne diffuse pas. Peu importe ce qu’il dira. On n’a pas le droit d’encourager la médiocrité en plus, il y va de ma crédibilité.

On leur colle cette étiquette de vantards, d’irrespectueux… toi qui les côtoient que dis-tu ?
Oui, ce n’est pas totalement faux. Il est important que les gars se prennent au sérieux. Qu’ils soient plus disciplinés. Une bonne discipline est gage de réussite. Je trouve que c’est ridicule de vouloir se comporter comme 50 cent ou Jay Z alors qu’on n’a pas les moyens de pouvoir vivre comme eux. La priorité des gars est de se battre pour se faire une place au soleil. Le reste n’a pas d’importance. Il y’en a qui se font la guerre entre eux. De telles attitudes ne servent pas la cause. Pour relever les défis qui sont les leurs, les hip hoppeurs doivent être unis et avoir le courage de se dire des vérités en face. Toutefois, il y’en a qui sont cool.

Comment juges-tu la qualité de la musique hip hop locale ?
De plus en plus, la scène s’enrichie d’œuvres de qualité. Avec peu de moyens, certains arrivent à faire des choses bien. Je vais citer Krotal, Koppo, Big Bzy, Roggy Stentor, Ak sang Grave, Sultan Oshiminh, Valséro, Le So Sound Crew, X-Maleya, S-Team, Sydney,Toopy 4 Ever, Obidy Style, Kund Eyala, Akwastik, Big Boos entertainment kamer, Lady B et bien d’autres encore. Vraiment maximum de respect, ne vous arrêtez surtout pas en si bon chemin. Il est important de savoir que l’un des défis à relever aussi, c’est d’offrir au public des œuvres de qualité. Vous en avez les potentialités.

Et comment apprécies-tu les quantités et les fréquences de production ?
Bah, j’avoue que la scène n’est pas très dynamique en matière des sorties discographiques. Il faut attendre plusieurs mois pour assister à quelques sorties c’est compréhensible ! De plus, la production musicale coûte chère. Conséquence au niveau des radios, nous sommes obligés de diffuser les mêmes musiques pendant de longues périodes.

D’aucuns ont la fâcheuse habitude d’opposer Scène hip hop Douala à celle de Yaoundé, objectivement est-ce deux poids, deux mesures ?
Je crois qu’on devrait éviter ce genre de comparaison. Cela ne fait pas avancer les choses. Chaque ville a sa sensibilité, ses réalités et c’est normal que cela se ressente au niveau des œuvres. On devrait plutôt être fier de cette grande diversité. On est content de dire que le Cameroun, c’est l’Afrique en miniature, pourquoi ne pas être content aussi que le hip hop kamer ait plusieurs couleurs.

Parle nous de ton programme Groove, depuis quand existe-t-il ?
GROOVE existe depuis début septembre 2006 à la faveur de la nouvelle grille des programmes de CRTV FM 105 SUELLABA. En réalité, le nom GROOVE est nouveau. Car depuis plus de 2 ans je m’occupe des musiques urbaines (hip hop) sur la chaîne. J’ai d’abord animé en soirée MAXIGROOVE puis, il y’ a eu la LE CLASH en duo avec Nabil qui nous a permis d’être sacré Meilleurs animateurs Hip hop Radio du Cameroun au cours de l’événement baptisé THE SLYK, qui a connu la participation en mai 2006 de Princess Aniès, Salif, Antilop Sa, etc… Aujourd’hui, GROOVE est l’émission de référence du hip hop, R’nb au niveau de la province du Littoral, sans exagération aucune. Je suis quelqu’un de humble (Rires). GROOVE est diffusé lundi, mardi, jeudi et vendredi de 15h30 à 17h. Les auditeurs peuvent écrire à l’émission à l’adresse ericchristian2006@yahoo.fr. GROOVE est une réalisation de Achille K.

Quel est à ton avis l’impact et la portée de ce programme sur la musique en elle-même, sur les rappeurs ensuite et sur les populations ?
L’émission est bien accueillie aussi bien par les auditeurs que par les acteurs de la scène hip hop. J’essaye de leur offrir un programme qui répond à leurs attentes. C’est la raison pour laquelle je laisse toujours le loisir aux gens de me dire ce qu’ils pensent de ce que je fais à la radio. Alors, grâce à cette émission et au travail que j’abats au quotidien, il y’a beaucoup de personnes qui ont désormais un regard différent du hip hop ou des rappeurs. Je les sens plus réceptifs. C’est pas encore gagné, c’est un travail de longue haleine. Et il y’a également des jeunes qui ont pu sortir de l’ombre (Karnatox, Rabelux, etc…). L’émission a un volet « découvertes » . C’est quelque chose qui me tient à cœur C’est important de dénicher de nouveaux talents.

Dans ton programme quelle est la place que tu accordes à la musique hip hop locale ?
Le hip hop local occupe une place de choix dans mon émission. GROOVE s’est fixé comme objectif de promouvoir le hip hop et singulièrement les talents locaux qui ont un potentiel et qui n’ont pas accès à des espaces d’expression. Alors en plus de la sélection 10% Kamer que je propose tous les après midis, je donne la possibilité à tous les acteurs du milieu (rappeurs, chanteurs de R’nb, producteurs, Dj, animateurs hip hop TV et radios, etc..) de pouvoir s’exprimer.
Je profiter de l’occasion pour demander à tous de saturer ma boîte électronique car le problème auquel je fais face, c’est que, rares sont par exemple les artistes locaux, confirmés ou en herbe, qui prennent la peine d’envoyer leurs news. Conséquence, dans l’espace info de GROOVE, je suis obligé de filer plus d’infos internationales. Mon défi est de renverser la tendance pour cela je compte sur tout le monde.

Serais-tu prêt à jouer n’importe quelle musique hip hop locale dans ton programme ? Ou prêt à recevoir n’importe quel artiste hip hop ? Quels sont tes critères de choix ?
Non, je suis catégorique. J’ai bien envie de donner un coup de main, mais je ne peux pas recevoir un artiste qui n’est pas capable d’offrir des émotions fortes aux mélomanes. Un artiste qui n’a rien à dire, qui a une voix pas terrible, qui n’a aucune démarche artistique, qui ne sens pas la chose, qui n’a pas le soucis de la perfection. Je  suis plutôt exigeant.

Comment t’y prends-tu pour être au fait de l’actualité culturelle hip hop ? Vas-tu vers eux ou viennent-ils vers toi ?
Ce n’est pas très évident. Les artistes du Mboa ne communiquent pas beaucoup. Je crois que par ignorance et/ou négligence ils oublient de filer les infos. Il n’y a pas longtemps Big Bzy a perdu son père, et c’est par hasard que je suis tombé sur l’info ! C’est le plus  souvent quand tu croises de manière fortuite un artiste dans la rue qu’il te donne ses news. Il faut qu’on apprenne à être sérieux. Cessez de reprocher aux hommes de médias de parler beaucoup plus des stars internationales qui elles, ont des sites web up date, prenez la peine de nous nourrir en infos. Dans ce sens, je félicite le groupe S-TEAM qui fait des efforts pour communiquer. Mais disons qu’au fil du temps, j’ai pu me constituer un carnet d’adresses aussi bien sur le plan local qu’international. Je n’hésite pas à l’utiliser pour avoir des news.

As-tu l’impression que les gens (artistes et public) te sont reconnaissant ?
Oui, et c’est très touchant. Je fais un métier très difficile contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser et j’avoue que ça fait toujours chaud au cœur de tomber sur des gens qui apprécient le travail que je fais et qui n’hésite pas à m’encourager sincèrement. De l’autre côté, il faut dire que pour être animateur de hip hop, il avoir beaucoup une bonne dose de courage et toujours se dire qu’on le fait  par passion car le milieu du hip hop, je suis désolé de le dire, est particulièrement ingrat. Les gars généralement viennent vers nous, quand ils ont besoin de nos services. Une fois le service rendu, ils disparaissent dans la nature. Ils se croient très malins mais en réalité, ils ne le sont pas. Ca me fait simplement rigoler. Rares sont ceux là qui prennent la peine de passer un coup de fil à un animateur juste pour prendre de ses  nouvelles. Ils le font quand ils ont une actualité et c’est dommage. Pourtant, je suis de ceux qui pensent qu’en dehors de l’antenne, on pourrait développer d’autres relations plus humaines avec les artistes. C’est à leur avantage en tout cas.

Et qu’en est-il avec les promoteurs de hip hop ?
Pour moi, il n’y a pas de vrais promoteurs de hip hop au Kamer. Je reconnais qu’il existe quelques personnes qui se battent comme ils peuvent pour faire avancer les choses (Ajajo avec son Kamer Groove, Axe jeunes du côté de Yaoundé, Sly, etc.…) mais ils sont vites rattrapés par des problèmes de sous. Les Ministères de la Culture et de la Jeunesse devraient penser à leur apporter une aide, puisque ces personnes ont l’expérience du terrain. Quant à la promotion musicale, il y’a encore du chemin à faire. Certains se démarquent : Dania, Tony Nobody, Tito, Pablo, Dexter, Serge Tamba, etc.… Le rap n’est pas une musique de seconde zone et mérite vraiment qu’on y mette des moyens.

Un mot aux internautes de Kamerhiphop.com ?
Je remercie les initiateurs du projet Kamerhiphop.com et je souhaite vivement que le projet puisse durer le plus longtemps possible. Ne vous découragez surtout pas et sachez que mon modeste soutien vous est acquis. Si je peux faire quelque chose pour vous, ce serait avec un immense plaisir. Quant aux internautes, juste vous demander de continuer à soutenir le hip hop kamer. Pour relever tous les défis qui nous interpellent, on a besoin de tous les maillons de la chaîne. Chacun à son niveau peut faire quelque chose. J’attends vos réactions à ericchristian2006@yahoo.fr. Peace, love et que DIEU vous garde.

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