Pius Njawé et Jean-Pierre Biyiti Bi Essam se querellent pour Chantal Biya
En marge du sommet des premières dames africaines sous la houlette des Synergies africaines, la première dame du Cameroun n’a pas résisté à la tentation de se laisser aller au show et d’inviter Paris Hilton à Etoudi. Retour sur un séjour sulfureux.
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1. La pomme de discorde : Les mauvaises fréquentations de Chantal Biya
En marge du sommet des premières dames africaines sous la houlette des Synergies africaines, la première dame du Cameroun n’a pas résisté à la tentation de se laisser aller au show et d’inviter Paris Hilton à Etoudi. Retour sur un séjour sulfureux.
C’est un trio dont tout parent prudent en Amérique se donne le devoir de tenir à bonne distance de sa progéniture.
Si Lindsay Lohan et Britney Spear n’étaient pas là, Paris Hilton quant à elle n’a pas loupé l’occasion de se pointer à la soirée de gala baptisée "gala des premières daines d’Afrique pour le sommet de la santé", offerte par Chantal Biya à la tête d’une dizaine d’autres femmes de chefs d’Etats et de gouvernements africains, organisée à l’hôtel Hilton de Hollywood le 22 avril 2009 avec le soutien de Exxon Mobil comme sponsor.
Et la fêtarde Paris Hilton, dont le sénateur McCain, candidat à la dernière élection américaine s’était servie du nom et des gaffes pour tenter de dérouter Barack Obama son vis-à-vis, ne semble pas avoir souffert de l’absence du reste des membres de ce qui pourrait s’appeler a juste titre "thé bad girl’s club". L’œil brillant de plaisir et large sourire quand elle débarque sur les lieux de la fête à Beverly Hills, elle a instantanément trouvé une copine ou pourquoi pas, une rivale de moufle, en la personne de Chantal Biya.. Srrante à souriante et révérencieuse, la première dame du Cameroun arrivant à la soirée de gala s’est accrochée sur le bras de l’actrice du film pornographique. Puis, buste contre buste, les deux ont pris une photo qui n’en finit pas de susciter des commentaires dégradants dans de nombreux blogs. Avec sa ébouriffante semblable à la crinière de ses ongles effilés ; ses habits chics, le moins qu’on puisse dire est que Chantal Biya n’a pas l’allure moins hollywoodienne. On peut (…) dire qu’elle honorait ainsi merveilleusement la plus sexy des femmes des chefs d’Etats africains que lui collent, non sans ironie, certains journaux occidentaux.
Et il se pourrait que de tels tête-à-tête Chantal Biya-Paris Hilton ne feraient que com¬mencer. En effet, dans une récente interview sur le site internet Radar Online.com, Paris Hilton a annoncé son voyage pour le Cameroun très prochainement. "La Première dame du Cameroun en personne m’a invitée dans son pays et ça, c’est quelque chose que je tiens à honorer. C’est une priorité pour moi", a-t-elle déclaré. Paris Hilton dont on se rappelle toujours la fameuse phrase : "j’aime l’Afrique en général. L’Afrique du Sud et l’Afrique de l’Ouest. Ce sont deux grands pays" ; sa dernière sortie gaffeuse vient de se passer devant un juge quand elle reconnaissait ne pas savoir comment on règle une facture de téléphone. De ce fait, Paris Hilton peut-elle servir de modèle au point d’être invitée par la première dame du Cameroun ? Si Chantal Biya le croit, n’y a-t-il pas lieu de vivement s’inquiéter, surtout pour la qualité d’éducation et la sensibilisation contre les maladies (notamment le Vih-Sida) dont elle a fait son cheval de bataille ? Ainsi tirée à quatre épingles et tenant " glamoureusement " tête à Paris Hilton, sans compter le coup en espèces sonnantes et trébuchantes du cadre Hollywoodien où elle s’est retrouvée avec une délégation pléthorique -comptant même des diplomates en poste à New York auprès de la mission de l’Onu – pendant deux jours au moins, la femme de Paul Biya a vite fait comprendre aux observateurs que le sort des malades de Sida et la mauvaise éducation de la jeune fille africaine dont elle se servira de prétexte pour s’afficher dans l’illustre cour des acteurs de cinéma, n’avaient pas la peau dure par faute de moyens des Etats africains ; mais de l’usage de l’argent du peuple par les dictateurs et leur entourage.En fait, Chantal Biya est arrivée aux Usa avec une renommée dévastée. Il y a quelques mois, le Daily News new yorkais commentait sur son penchant au mascara, sa coiffure spectaculaire et son habillement coûteux. C’était quelques jours avant l’entrée de Michelle Obama à la Maison Blanche, et le journal new yorkais affichait la première dame du Cameroun comme un exemple à ne pas suivre par l’épouse de Barack..
Par-dessus le marché, elle est des plus grands profiteurs du système de son époux PaulBiya qui a fait main basse sur le Cameroun depuis 26 ans et est, selon un récent rapport du département d’Etat américain, classé au dix-neuvième rang des dictateurs actuels des Etats dans le monde. Mais c’est depuis très longtemps qu’à Hollywood, on sait de quel poids financier pèsent les proches des dictateurs africains. En effet, les journaux ont vite fait de se souvenir de Teodoro Nguema Obiang l’un des fils du dicta¬teur de Guinée équatoriale, qui en 2001 acheta pour 5,8 millions dollars (près de 3 milliards Fcfa) une villa à Bel Air non loin de Los Angeles et planifia de se lancer dans la carrière de producteur de Rap. En 2006, il se fit encore illustrer en dépensant 35 millions de dollars (plus de 17 milliards Fcfa) pour s’offrir un lopin de terre à Malibu ! Peut-être est-ce cette sale révélation qui a fait annuler à la dernière minute le débar¬quement de Constancia Mengue de Obiang, l’épouse de Obiang Nguema lui-même indexé par la presse américaine stupéfaite comme l’homme qui tua son propre oncle pour parvenir au pouvoir.
Mengue de Obiang n’était pas la seule absente de la liste des premières dames africaines lancées à la conquête de Hollywood. Annoncées pour rassembler plus de 22 premières dames pendant la conférence de presse tenue le 16 avril au cours de laquelle Jean Stéphane Mbiatcha (secrétaire exécutif de Synergies afri¬caines), s’est chargé de parler à la place de Chantal Biya, c’est finalement une dizaine seulement qui s’est pointée avec cette curiosité venue du Kenya qui était représenté en même temps par les épouses du président de la République et du Premier ministre. Si Gordon Brown n’était pas actuellement un Premier ministre quasiment vomi des siens, l’on pourrait dire que la présence de sa femme constitue un lot de consolation à la fête que Synergies africaines a tenu à donner à Hollywood. Quoi qu’il en soit, les Britanniques ont vite fait de l’identifier comme n’étant pas celle à qui revient, chez eux, le titre de première dame ; et qu’elle agissait non pas au nom du gouvernement de son mari, mais comme fondatrice d’une organisation mondiale vouée à aider la femme à l’accouchement. Michelle Obama et Laura Bush quant à elles, ont dit un non catégorique au "cinéma".
Si on a assez vu de la fameuse soirée de gala, quasiment rien n’a filtré du forum à proprement parler qui justifiait le séjour hollywoodien de Chantal Biya et de ses amies ponceuses du budget des pauvres Etats africains. Une odeur d’échec.
2. l’attaque : Peut-on empêcher les étoiles de resplendir ?
par Jean-Pierre Biyiti Bi Essam *
D’aucuns pourraient se poser des questions, de prime abord saugrenues, comme de savoir si l’on peut empêcher la terre de tourner autour du soleil, les fleuves de se jeter à la mer, et les étoiles de resplendir au firmament.
Nous sommes en effet quelques uns à nous poser ces questions-là, après avoir parcouru la livraison du journal Le Messager du mercredi 13 mai 2009, n°2854, dont la première page nous donne à voir un instantané : la pose photographique de la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal Biya, avec une star – étoile en anglais – américaine comme son prénom ne l’indique pas : Paris Hilton.
L’article, annoncé à la Une, et signé en page intérieure (p.4) par un certain Célestin Ngoa Balla à New York, parle de « fréquentations, au sens péjoratif, indubitablement induit par le sur-titre de la Une : Frasques, et l’adjectif du titre en page 4, mauvaises.
Du mot fréquentation le petit Larousse illustré, 2007, p. 484 donne la signification suivante : « action de fréquenter un lieu, une personne » ; ce qui nous renvoie à fréquenter qui veut dire, toujours selon le petit Larousse, « aller souvent, habituellement, dans un lieu ; avoir des relations suivies avec quelqu’un ».
On aurait presqu’envie, à la très prochaine distribution de l’aide publique à la presse privée, de faire don… de quelques dictionnaires français car, de se retrouver quelque part en Amérique, à Hollywood ou ailleurs peu importe, dans le cadre d’une cérémonie publique ponctuelle, n’est évidemment pas, si les mots ont encore un sens, fréquenter l’Amérique.
Encore qu’il n’y ait aucun mal à fréquenter les Etats-Unis d’Amérique, ou leurs Ambassades et autres chancelleries étrangères ici et là, assidûment fréquentées au demeurant par ceux qui ont choisi l’ignoble commerce de vendre à l’encan leur pays, contre un passeport, contre une carte de séjour, du froment…Un Ambassadeur US en poste à Yaoundé a eu en son temps à s’émouvoir de ce trafic honteux; ceci n’est pas pour insinuer que M. Ngoa Balla Célestin en aurait bénéficié.
De se retrouver incidemment, de façon impromptue, par hasard, nez à nez avec une personne, en l’occurrence belle et célèbre, donc, permanemment assaillie par les paparazzis, et qui sollicite une pose photographique avec vous ne saurait signifier fréquenter cette personne.
Peut-on prétendre que la Première Dame du Cameroun fréquente toutes ces Dames qui, systématiquement, lors des cérémonies de présentation des vœux au Palais de l’Unité, demandent à poser avec elle ? La Première Dame doit-elle refuser de poser avec ces Dames, pour quelque raison que ce soit ? Non, évidemment ; c’est leur droit de réclamer une pose avec la Première Dame, c’est le devoir de la Première Dame, que lui impose sa charge, d’accepter de bon cœur.
C’est pourquoi, pour dire le moins, on est plutôt surpris par le titre du journal Le Messager ; titre d’autant plus fantasque qu’il concerne une Dame fantastique, récemment reconnue aux yeux du monde dans ce qu’elle est, dans ce qu’elle fait, et dans ce qu’elle apporte par un organisme du système des Nations Unies, l’UNESCO en l’occurrence, que l’on ne saurait soupçonner de complaisance. Pour le Cameroun, pour les Camerounais de bonne foi de toutes conditions et des toutes opinions, c’est un capital essentiel, mieux, une valeur refuge.
Le Ruy Blas des cavernes de New York, qui entend imputer à la Première Dame du Cameroun, les frasques, vraies ou supposées, les propos, vrais ou supposés, de ceux et celles qu’elle vient à croiser sur son chemin, a tout l’air de jalouser les étoiles qui resplendissent au firmament; M. Célestin Ngoa Balla doit se rendre à cette évidence élémentaire que c’est le Destin des étoiles de resplendir au firmament. Paris Hilton, que M. Ngoa Balla ne peut voir qu’à la télé, ne peut être que ce qu’elle est ; ce n’est la faute, ni à Voltaire, ni à Rousseau, ni à Madame Gordon Brown, ni même à M. Célestin Ngoa Balla, encore moins, à la Première Dame du Cameroun.
Cependant que l’importance que le comité éditorial du Journal le Messager a cru devoir donner au point de vue burlesque du héros hugolien qui le représente à New York ne manque pas, elle aussi, de surprendre. Cette importance laisse clairement entrevoir – parce que les fantômes ne sauraient, comme on dit chez nous, jouer à cache cache – la main du Directeur de publication soi-même.
Et le Directeur de publication du Journal le Messager me permettra alors de prolonger ici un entretien privé commencé l’autre jour à Douala, au cours d’une audience, lors de la dernière visite de travail du Ministre de la Communication. La question à lui posée était la suivante : « Pourquoi avez-vous choisi de sacrifier le journalisme sur l’autel du parti pris politique ? » Question de conscience qu’il est grand temps, nous semble-t-il, de poser à la presse camerounaise dans son ensemble car, le public de la presse est comme pris en tenaille dans une alternative récurrente dont les deux termes sont : ignorer royalement tout ce qui se fait de bien, premier terme ; et second terme : jeter l’opprobre, le discrédit, l’ordure et la salissure sur tout ce qui se fait de bien.
Est-ce donc le rôle de la presse que de tout peindre en noir ? Pourquoi l’éphémère et volatile correspondant new yorkais du Messager, sans doute adepte de l’underground press, ne nous a-t-il pas servi un reportage de choses vues pendant la cérémonie organisée par la Présidente de Synergies africaines ? En fait il n’a rien vu parce qu’il n’était pas là; il est ce correspondant de guerre qui vous fait le récit d’un combat de chars depuis sa chambre d’hôtel new yorkaise. Et c’est ici que l’escroquerie se mêle à la mauvaise foi pour finalement, empester « une odeur d’échec » de la presse à parti pris. Le public camerounais de la presse mérite mieux que ça.
Pour l’heure, la Première Dame du Cameroun, Présidente de Synergies africaines, prend activement part à une réunion des Ambassadeurs de bonne volonté de l’UNESCO./-
3. la riposte : Lettre à un journaliste exilé au gouvernement
Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute
Par pius n. njawe *
Monsieur le ministre de la Communication,
Je me suis permis de vous appeler sur l’un de vos nombreux téléphones portables vendredi après-midi, après avoir lu dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune et dans le quotidien privé Le Jour, le papier que vous avez commis en réaction à un article paru le 13 mai dernier dans… Le Messager. Malheureusement, vous avez refusé de décrocher, avant d’éteindre votre téléphone par la suite. M’obligeant ainsi à vous laisser un message dans lequel je vous promettais une réaction ce lundi.
J’ai lu en effet avec un intérêt certain vous vous en doutez, ce pamphlet dans lequel vous vous attaquez gratuitement et inopportunément au Messager, à l’un de ses journalistes, à son comité éditorial, à son directeur de publication et à l’ensemble de la presse camerounaise, au sujet d’un article de notre correspondant à New-York, Célestin Ngoa Mballa, sur le récent séjour de Chantal Biya aux Etats-Unis d’Amérique. Dans cette lettre d’opinion intitulée « Peut-on empêcher les étoiles de resplendir ?», vous accusez Le Messager d’avoir inopportunément utilisé le terme « fréquentation » pour exprimer les relations (éphémères ?) entre Chantal Biya et des artistes d’une autre classe – dont l’actrice pornographique Paris Hilton – à New-York aux Etats-Unis lors d’une soirée de gala des premières dames d’Afrique à l’Hôtel Hilton de Hollywood le 22 avril 2009. Vous dites que ces dernières se sont retrouvées nez à nez avec l’épouse du chef de l’Etat camerounais et ont sollicité une pause photographique que Mme Biya n’avait pas le droit de refuser. Vous concluez sur ce point en affirmant que dénoncer cela, au nom de la très haute idée que nous avons de la première dame (de surcroît ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco), c’est « jalouser une étoile qui resplendit au firmament ».
Vous poursuivez votre chef-d’œuvre en mettant en relief l’importance que le comité éditorial du Messager aurait donné à cette attitude de Mme Biya. Et pour vous, « cette importance laisse clairement entrevoir […] la main du directeur de publication soi-même ». Comme quoi cet article a été commandé à dessein par le comité éditorial et que Célestin Ngoa Mballa, son auteur, s’il n’est pas un prête-nom, ne serait qu’un instrument aux mains de Pius N. Njawé. Et puis vous passez du coq à l’âne en évoquant « un entretien privé » que nous aurions commencé à Douala au sujet du parti pris politique de la presse au détriment du journalisme. Vous dites précisément que la presse ignore tout ce qui se fait bien ou jette l’opprobre sur tout ce qui se fait de bien. Et puis, vous concluez en déclarant que notre correspondant que vous qualifiez d’éphémère et de volatile n’a pas produit plutôt un reportage sur la fameuse soirée de gala parce qu’il n’était pas là. Votre lettre d’opinion – elle ressemble fort curieusement à un faux droit de réponse, à un droit de rectification déguisé, ou alors à une mise au point travestie – a été publié vendredi dernier dans Cameroon tribune, Le jour, et à la Crtv-Poste national (radio et télé). Cela témoigne de l’importance que vous y accordez. Mais je constate simplement que vous ne l’avez pas envoyée au Messager comme le prescrit la déontologie d’un métier dont vous avez fui la pratique quotidienne. L’intention était-elle vraiment de corriger ?
Monsieur le ministre de la Communication, avant de penser à nous offrir un dictionnaire pour nous renseigner sur le mot fréquentation, vous feriez mieux d’en acheter déjà pour vous-même pour vous renseigner suffisamment sur certains termes que vous utilisez abusivement dans ces diatribes dont vous êtes devenu un champion ? Le Messager aurait pu vous en offrir, mais il ne vous manque pas de l’argent pour cela ; les caisses noires du ministère et autres allocations spéciale comme par exemple les 750 millions de la visite du pape, ne sauraient souffrir d’un prélèvement pour l’achat d’un dictionnaire au Mincom. Ceci étant, Célestin Ngoa Mballa n’est pas un correspondant éphémère. Il n’est non plus volatile ! Ephémère signifie en effet, dans le plus commun des dictionnaires, «qui ne dure qu’un jour » ou « qui dure peu ». Volatile, quant à lui, veut dire « qui se transforme facilement en vapeur, en gaz ». Au sens figuré, le terme renvoie à fluctuant. Monsieur le ministre, soit vous ne connaissez pas Le Messager, soit vous voulez trompez Chantal Biya, ou alors le peuple camerounais. Célestin Ngoa Mballa a longtemps travaillé au Messager à Yaoundé, avant de s’envoler, mobilité sociale et professionnelle oblige, pour les Etats-Unis d’Amérique où il est notre correspondant permanent à New-York. Si vous n’étiez pas plus occupé à écouter les ragots, vous vous seriez rendu compte qu’il nous envoie permanemment des articles pour toutes actualités qu’il trouve intéressantes pour Le Messager.
Quant aux fréquentations dont vous parlez, je voudrais croire que vous n’avez pas le monopole de la lecture de dictionnaires. Une fréquentation est une relation sociale habituelle. On peut aussi avoir de fréquentes relations avec quelqu’un, avec un genre de personnes. Est dit fréquent ce qui arrive souvent, ce qui se répète. Pour le cas d’espèce, Mme Biya a rencontré Paris Hilton à New-York. Mais la même artiste pornographique affirme que la première dame du Cameroun l’a invitée en personne au Cameroun. La relation, à ce moment, devient suivie. Tout va se répéter. Y a-t-il fréquentation, du moins une perspective de fréquentation ou pas, monsieur le sorcier du français ? Dites-nous, Jean-Pierre Biyiti bi Essam : est-ce « jalouser les étoiles qui resplendissent au firmament », que de dire aussi simplement les choses récoltées par l’observation du comportement des personnages ?
C’est l’occasion ici de vous rappeler que le comité éditorial du Messager n’est pas là pour commander des articles, ou faire des titres à la une, mais pour donner les grandes orientations semestrielles ; et les autres gèrent le reste au jour le jour. Par ailleurs, je suis un directeur qui sait ce que veut dire déléguer des responsabilités. Quand je nomme des collaborateurs, ils assument pleinement leurs fonctions en toute liberté, quitte à en répondre devant leur hiérarchie qui, à son tour, assume devant les tiers. Interrogez n’importe quel responsable du journal, ancien ou nouveau, il vous le dira. Je sais que de là où vous êtes, vous télé dirigez des rédactions, notamment à Mvog-Mbi, Longkak et Mballa 2, où siègent les médias d’Etat dont vous abusez si souvent. Sachez qu’il ne s’agit que de méthodes moyenâgeuses que Le Messager ne pourrait tolérer. Au Messager, nous avons le tort de dire ce que nous pensons et la joie d’avoir des ennemis. Donc, nous n’avons pas besoin de nous cacher derrière des prête-noms pour critiquer les tares de notre société ; d’où l’un de nos slogans : « Quand on a du caractère, on l’affiche ! »
De plus, affirmer que nous ignorons royalement tout ce qui se fait de bien en parlant notamment de Chantal Biya est d’une inexactitude tendancieuse ; puisqu’à plusieurs reprises dans les colonnes du Messager, nous avons mis en « Coup de châpeau » l’épouse du président pour des choses qu’elle avait faites de bien. Au demeurant, il en est de même pour des membres du gouvernement et autres commis de l’Etat.
Mais là où vous vous rendez détestatble, c’est quand vous osez mettre des entretiens privés sur la place publique. Vous auriez dû alors avoir le courage de révéler aux Camerounais tout le contenu de cet entretien privé que nous avons eu ! Voyez-vous, cher ex-confrère : si j’étais comme vous un petit esprit, je ferais comme vous en révélant ici même tout ce que vous m’avez dit au cours de cet entretien privé, et, croyez-moi, cela vous précipiterait certainement vers la sortie de la mangeoire. Mais je ne vous suivrez pas dans la félonie, parce que cela n’est pas professionnel.
Tout ceci témoigne bien du genre de journaliste que vous avez été. Cette anti qualité transparaît d’ailleurs un peu partout dans votre texte, lorsque vous prêtez des intentions aux gens, prononcez des sentences sans juger, énoncer des faits sans recoupez, etc. Voyez-vous, c’est exactement ce que vous reprochez à ceux qui ont encore le courage d’exercer ce métier, puisque vous l’avez fui depuis longtemps en vous réfugiant dans la sécurité prébendière d’un système liberticide. Feriez-vous alors de la projection ?
Vous masquez probablement vos desseins pour ce que vous appelez le parti pris. Mais rappelez-vous, Jean-Pierre, qu’un journal sérieux a toujours un parti pris. Le nôtre découle du parti pris de l’humanité contre les misanthropes. Pratiquement, nous sommes attachés à tout ce qui nuit à la République, dans le sens où comme de tradition, seul le train qui arrive en retard intéresse le journaliste. C’est ce train-là qui l’intéresse parce que son souhait est que le train n’arrive jamais en retard.
On vous comprend, pauvre Jean-Pierre, mais soyez souvent modestes. Le contexte dans lequel vous faites cette sortie médiatique vous donne des insomnies. Vous êtes désormais un ministre qui fait profil bas. Vous avez transformé votre ministère en pandémonium pour l’essentiel de vos collaborateurs qui prient nuit et jour pour que le remaniement ministériel arrive au plus vite et que l’on vous ôte de leur vue. Vous avez des démêlées avec la justice qui veut savoir clairement comment vous avez géré l’argent de la visite du pape. Vos arguments, que seul Le Messager a suffisamment relayés, ne semblent pas toujours convaincre. Selon certains de vos collaborateurs, vous vous trouvez dans une posture de reconquête de la confiance du couple présidentiel. Vous êtes donc prêt à user de tous les moyens. Ici convient bien la fable de La Fontaine selon laquelle « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute », et vous espérez que cette leçon vaudra sans doute le sauvetage de votre strapontin ministériel. Pensez-vous que les attaques contre Le Messager, son reporter et même l’ensemble de la presse soient les lieux idoines pour faire démonstration de votre capacité à défendre les hérésies présidentielles ?
Monsieur le ministre de la Communication, Chantal Biya ne vous sauvera pas. Même si vous êtes maintenus dans vos fonctions pour combien de temps encore je ne sais, vous finirez par être livré à la vindicte de l’opinion. Quand on vous a nommé ministre, seuls les naïfs et les hypocrites ont applaudi ; aujourd’hui eux-mêmes sont exaspérés et le jour où on vous chassera de là, ils applaudiront probablement plus fort que tout le monde. Jour après jour, vous tombez progressivement le masque, vous révélant pour ceux qui ne vous connaissaient pas encore bien comme un assassin du journalisme, un ennemi de la communication, et un adversaire des autres administrateurs de la communication. Et, pour tout dire, un obscur défenseur de l’ordre inique établi.
*directeur de la publication du Messager
LEJOUR

