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Thierry Michel : Je n’ai fait le procès de personne dans mon film

Le réalisateur de Katanga Business explique la signification qu’il donne à son œuvre. –

D’où vous est venue l’idée du film ?
C’est mon 6ème film en Rdc et mon 9ème en tout. Plusieurs raisons étaient au départ de cette idée. D’abord, le Katanga est sans doute la plus zone la plus riche par son sous-sol au monde. Elle regorge en effet de plusieurs matières premières (cobalt, uranium, germanium, etc.), à tel point qu’on l’appelle un scandale géologique. C’est un coffre-fort de l’humanité du point de vue des minerais qui sont hautement indispensables au développement industriel et technologique des pays occidentaux, mais aussi asiatiques et principalement la Chine aujourd’hui. Ensuite, il y a que je voulais filmer cette province depuis longtemps. J’ai d’ailleurs été arrêté par deux fois (en 1993 et en 1994) avant d’être expulsé. Je suis néanmoins revenu lors du tournage de Congo River et me suis rendu compte qu’on connaît l’Afrique sur beaucoup d’aspects (guerres, famine, chanson ou sport), mais qu’on ne connaît pas tellement l’Afrique industrielle. De plus, on a très peu de films africains qui montrent des capitaines d’industrie qui essaient de se partager les richesses du continent et qui se font une guerre économique sans merci.

Quel message voulez-vous véhiculer à travers Katanga Business ?
Je dois dire que c’est tout l’ensemble précédemment évoqué qui m’a motivé à dire qu’il y avait sûrement une leçon de choses à faire et une sorte de parabole cinématographique, mais sous la forme esthétique d’une épopée industrielle, d’un thriller westernien avec quelques personnages haut en couleurs. Je voulais aussi voir comment les Congolais essayaient d’avoir leur part du gâteau que représente le Katanga.

Est-ce que votre film a contribué à améliorer alors leurs conditions de travail ?
Je ne suis pas politicien, encore moins homme d’affaires. Donc je n’ai pas les clés pour changer l’histoire d’un pays. Je suis juste un artiste qui observe et qui essaye de faire un récit avec des personnages et des situations réels. Je voudrais souligner qu’au cœur du film se trouve un personnage intéressant qui est le gouverneur Moïse Katumbi de la province du Katanga, élu à la majorité absolue aux dernières élections et qui est un businessman richissime.

D’aucuns à la sortie de la projection de vendredi dernier ont estimé que vous avez fait une critique de l’exploitation asiatique du Katanga en éludant celle de l’Occident. Que leur répondez-vous ?
Ce que je retiens de cette projection c’est que beaucoup ont rigolé su les Chinois qui font le trafic, exploitent les gens ou créent des entreprises illégales. Je pense que les formes d’exploitation asiatiques ne sont pas semblables aux autres. Les firmes occidentales, parce qu’elles sont contrôlées par les Etats et les Ong, sont obligées d’avoir un minimum de bonne gouvernance, c’est-à-dire qu’elles doivent faire attention en terme de dégâts écologiques, montrer qu’elles respectent la législation sociale. Je n’ai fait aucun procès dans le film, mais simplement observé les choses. Je n’étais ni procureur ni avocat. Et j’ai observé des situations de révolte populaires, comment les Katangais vivent aujourd’hui, comment il y a une misère alors que la zone est très riche. J’ai constaté que les sociétés indiennes n’ont aucun respect pour les conditions de vie des travailleurs. Il y en qui utilisent des travailleurs comme journaliers pendant cinq ans et ça il fallait le dire.

Propos recueillis par Parfait Tabapsi

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