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Jany Le Pen : C’est Chantal Biya qui a demandé à me voir

Pour l’épouse de Jean-Marie Le Pen, la « présidente » du Cameroun est une femme « merveilleuse », « généreuse”.
Propos recueillis à Paris, par Serge Alain Godong –


Vous avez récemment été au Cameroun : dans quel cadre vous y êtes-vous rendue ?
Nous sommes retournés au Cameroun, en réalité. L’année dernière, nous étions déjà au Cameroun : moi, présidente d’honneur et Mme Donano, présidente effective de l’association Fraternité française.

Comment était composée votre délégation ?
De Mireille Donano, présidente de Fraternité française, de moi-même, présidente d’honneur, ainsi que de Jean-Michel Dubois, le politique de l’étape, qui était là pour des choses plus sérieuses. On m’avait demandé à moi personnellement d’être la marraine d’une école qui en avait grand besoin, qui est très éloignée de la ville et – une chose qui nous a beaucoup touché – ils avaient besoin de locaux ; nous leur avons donc fait un don qui leur a permis de construire des classes saines, sèches avec des planchers ; en tout cas pas inondées, alors qu’il s’agissait de locaux très insalubres. Et on nous avait sensibilisé sur le fait que de pauvres petits enfants, de tout petits même, devaient marcher deux à trois heures le matin, cinq à six kilomètres pour arriver à l’école.
En plus, les routes sont extrêmement dangereuses là-bas ; donc il y a une mortalité infantile énorme, proportionnellement aux tués sur la route, aux adultes. Et ils n’avaient jamais rêvé un jour, même en priant le ciel, d’avoir un minibus qui les emmène à l’école. Pendant toute l’année, tout le monde s’est mobilisé, on a fait des quêtes et Mireille m’a annoncé il y a un mois que le minibus était achetable. Ça a donc été une grande joie de pouvoir emmener ce minibus et contribuer ainsi à changer la vie d’une toute petite population.

C’est la première fois que vous intervenez ainsi au Cameroun ?
Fraternité française aide davantage les Français. On est souvent saisi de cas bouleversants, graves et urgents auxquels nous devons faire face. Mais là au Cameroun, ça été une cause quelque peu gratuite dans ce sens que, très directement, elle ne nous procure pas de satisfaction nationale. Sauf que nous aussi nous pouvons être émus par d’autres peuples, d’autres façons de vivre, d’autres communautés. Et j’ajoute que le Cameroun est francophone, que les gens sont très aimables, et vous accueillent avec une chaleur particulière […]. Là, j’ai senti que c’était des gens tout à fait comme nous, très très proches de nous.

Et, est-ce donc tout cela qui a fait en sorte que vous soyez reçus, tel que vous l’avez été, à un si haut niveau ?
A vrai dire, on ne pouvait pas faire mieux ! Après avoir remis notre autobus à Foumban, après avoir inauguré un pont – il y a un pont à Dschang qui, une fois terminé, portera son nom ; je ne le prends pas pour moi directement, mais vous n’ignorez pas que Jany le Pen signifie surtout "Le Pen"… A Dschang aussi, nous avons assisté à un spectacle folklorique d’une qualité exceptionnelle, artistique étonnante. Ensuite, nous sommes allé s voir les pygmées dans le fin fond du Cameroun, après Kribi et ses belles plages, après deux heures de pirogue et une heure de marche à pied dans une espèce de jungle qui est très bizarre, très hostile à nous autres Européens.

Vous êtes donc partie de loin, pour vous retrouver au palais d’Etoudi…
C’est après ce périple que nous avons eu la surprise merveilleuse que madame Chantal Biya, l’épouse du président, qui avait su que nous étions-là, a demandé à nous voir, sans que nous n’ayons rien demandé, ni cette année, ni l’année d’avant.

C’est la première fois qu’elle entendait parler de vous, et que vous la rencontriez ?
Mon association avait déjà envoyé, au courant de l’année dernière à la Fondation Chantal Biya, qui est très active, comme on sait dans le domaine de la santé publique et notamment, du sida. Nous avons donc envoyé là-bas des équipements très pointus pour l’hôpital. Mme Chantal Biya voulait donc me remercier depuis six mois ; et dès qu’on lui a dit que nous étions revenus avec fidélité – elle ne pouvait pas s’y attendre, puisque nous n’avions rien prévu de manière très précise – elle nous a invité au palais présidentiel où elle nous a reçus de manière merveilleuse, généreuse comme les Camerounais savent l’être. Et même, avec une déclaration à la télévision locale. Nous y étions à 15h 30 et nous en sommes repartis à 19h 30, de manière très pressée. Elle nous a d’ailleurs fait escorter par sa voiture personnelle et son chauffeur, ce qui était quand même très agréable.

A-t-elle apporté son soutien à votre mari ou pas ?
Ce que je dis aujourd’hui, je l’ai dit sur les marches, à la sortie du palais présidentiel, et ces propos sont passés à la télévision, largement, sans coupure, sans en prendre des extraits. On a passé tout ce que j’avais dit, de sorte que, lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport, à l’enregistrement, le public, tout le monde me saluait en me disant, "on vous a vue à la télévision ; vous aidez le Cameroun, c’est bien, merci, longue vie et bonne chance au président". C’était très agréable pour Jean-Marie, évidemment.

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Interview Jacky Toto Acte 1

camer.be:cameroun

Interview Jacky Toto  Acte 1: «Le nom de Manu Dibango a été utilisé. Il est tombé dans un guet-apens»
Le producteur de Samy Diko revient sur la tentative d’humiliation du célèbre musicien Manu Dibango par les dinosaures du pourvoir non sans défendre le bilan de leur équipe.

Jacky heureux de vous retrouver à Bruxelles
Naturellement! La Belgique et surtout Bruxelles c’est ma seconde patrie en Europe. Quand je suis arrivé en France, j’habitais à deux pas, près de Roubaix. Je fréquentais au lycée Pasteur de Lille au début des années 80.

Que nous vaut votre visite à Bruxelles aujourd’hui?
J’ai ma belle famille ici. J’ai beaucoup d’amis aussi ici et j’aime bien passer les fêtes à Bruxelles. Je retrouve un climat que j’aime beaucoup et ça me change un peu.

Nous en profitons pour savoir ce que devient Jacky Toto sur le plan professionnel
J’ai toujours plusieurs cartes dans ma poche. Si vous voulez aborder l’aspect musical, j’ai un peu levé le pied. Mais, j’ai une maison de production, Jacky Toto Production, qui sera toujours là. J’ai opté pour le volet droits d’auteur et droits voisins annexes à la musique. Je pense que c’est une bonne option parce que nous devons sensibiliser les ayant droits, les musiciens sur ce volet de la chose. J’ai compris qu’en fermant l’œil sur ce côté-là on passe à côté de beaucoup de choses.

Droits d’auteur au Cameroun, parlons-en. Quelle est la situation de la gestion des droits d’auteurs dans votre pays d’origine ?
Je suis l’un des fondateurs de la CMC avec Manu Dibango. La CMC a été créée il y a quelques années au forceps parce que la situation n’était pas du tout paisible. On n’a pas travaillé dans la sérénité, mais on a quand même créé cette CMC. Au départ, ça c’est très bien passé. Le Cameroun étant ce qu’il est, il s’avère qu’il y a des gens qui étaient tapis dans l’ombre, des gens pas très contents de nous voir impliqué dans cette histoire là et du coup, on a monté tout ce qui s’est passé pour créer une ambiance assez délétère.

« Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris »

Dans quel contexte la CMC a-t-elle été créée précisément?
C’était dans un contexte préélectoral (en rapport avec les présidentielles du 11 octobre 2004 ndlr). Dès qu’au Cameroun on a su que Manu était arrivé pour la création de la nouvelle société des droits d’auteur des musiciens, on s’est rendu compte que son nom était cité dans tous les discours présidentiels lors de la campagne électorale. Le nom de Manu Dibango a été utilisé. On est tombé dans un guet-apens parce qu’on ne savait pas. Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris. Après les élections, avec tout ce qui s’est passé, les problèmes naissant de la CMC, il y a eu l’éviction de Manu.

Certains estiment que l’équipe Manu Dibango n’a rien fait à la CMC, d’où la disgrâce après 18 mois d’inertie. C’est vrai ?
Moi je pense qu’on ne peut pas parler de disgrâce car c’est ignorer les choses au niveau de la gestion d’une société comme la CMC que j’ai créée avec  Manu Dibango en tête. J’ai rédigé les statuts de la CMC. Je suis gestionnaire d’une société que j’ai mise sur pied et qui a pignon sur rue en France. Je sais de quoi je parle.
Quand on créé une société, il faut l’asseoir à la base. 18 mois c’est rien et en plus les conditions n’étaient pas réunies. On n’avait même pas de fonds de roulement. On a dû mettre la main dans nos poches pour assoir une société qui n’existait pas. Il fallait par exemple trouver une logistique qui est une lourde machine pour la direction générale, les agences provinciales. On s’est battu pour ces structures dans un premier temps. On savait que ça devait rouler calmement mais on nous a balancé les peaux de banane. Bref, on a passé 90% de notre temps à éviter les peaux de banane qui n’ont pas arrêté en amont comme en aval.

« On me fait un procès d’intention »

Aviez-vous des pressions gouvernementales ?
Non, je ne mélange pas le gouvernement comme on a tendance à le faire avec le ministère de culture. Personnellement je n’ai jamais eu de problème avec le gouvernement. J’ai eu un malentendu avec le ministère de la culture parce que j’ai réagi. J’ai dit ce que je pensais du ministre de la culture au Cameroun et je persiste et signe là-dessus compte tenu du fonctionnement de ce ministère avec Oyono Ferdinand à sa tête. Nous pouvons en parler si vous voulez.

Nous allons revenir sur ce volet plus loin. Vous avez mis sur pied une mauvaise fondation et la maison CMC est dès lors fragile selon certains observateurs.
Je pense que c’est trop facile de faire une telle déclaration. Ceux qui se sentent à l’aise autour d’un chantier sont ceux-là même qui ne mettent pas la main à la pâte, ceux qui ne se salissent pas les mains. Ils ont facile à critiquer dans leurs coins. Il faut aller au four.

Vos pourfendeurs disent que vous avez surfacturé la logistique de la CMC naissante notamment ses ordinateurs. Que leur répondez-vous?
Je pense que c’est un procès d’intention qui marche pour celui qui veut entretenir cela. Personnellement, j’ai donné un coup de main à la CMC. Je n’ai jamais été payé.

Combien d’ordinateurs avez-vous livré et quel était le prix de l’unité à la CMC ?
Il y a avait quatre, du matériel performant. Il y avait des logiciels, des accessoires avec.
 
Combien avez-vous investi dans l’achat des ordinateurs de la CMC ?
Je ne peux pas vous le dire parce que je n’ai pas les chiffres en tête. Je ne me rappelle donc pas. Je suis en vacances ; je ne peux pas vous dire précisément combien. J’ai mes factures. C’est bien marqué noir sur blanc dans les comptes que la CMC a publiés.

Comment se fait-il que vous ne soyez pas payé à ce jour si l’affaire était claire ?
Je ne faisais pas une affaire. Je donnais un coup de main à une maison que j’ai créée en attendant qu’elle devienne rentable afin que je récupère mon investissement.

Les factures n’ont-elles pas été bloquées pour des raisons de surfacturation et donc de détournement déguisée ?
Pas du tout. La preuve c’est que dans leurs états financiers publiés pour incriminer l’équipe Manu, les 02 factures que j’avais émises par rapport à la livraison de ce matériel ne souffrent de rien. La seule chose que le cabinet Bekolo me reproche c’est au niveau du libellé de la facturation. Clairement, ils disent qu’au niveau du papier à en-tête du fournisseur, la société qui m’appartient, certaines informations manquent.

Quelles sont les mentions qui n’apparaissent pas sur votre papier à en-tête ?
Ils disent que dans l’en-tête de mon entreprise il n’y avait pas mon numéro de TVA intercommunautaire. Quelque chose de ce goût-là. 

Il ne vous reproche pas une prise d’intérêt dans ce marché-là ?
Je vous dis que s’agissant de son libellé, l’état financier du cabinet Bekolo Partner ne me le reproche pas dans leurs conclusions.

Il ne s’agit donc pas d’une société fictive ?
Pas du tout! Ma société est légalement reconnue. Vous n’avez pas besoin de Jacky Toto pour savoir si je suis actionnaire ou gérant d’une société en Europe.  Vous rentrez dans le site de la chambre de commerce de Paris, vous tapez Toto et ça vous sort tout ce que j’ai comme intérêts ou actions dans x ou y société. Ce n’est pas compliqué.
Qu’allez-vous faire à présent de votre argent ?
Je vais m’en occuper et je sais comment. Pour moi ce n’est pas un problème.

Est-ce que c’est vrai ?
Entre nous, je ne suis pas à ça prêt. La preuve ? Je ne les ai pas encore assigné.

Donnez nous votre plan de bataille
Non, je vais m’occuper de ce recouvrement et je sais comment ça va se passer.

C’est pour bientôt ?
J’ai tout mon temps. Ca fait deux ans que je n’ai pas touché cet argent, mais j’ai tout mon temps.

« Manu ne voulait pas du Cameroun »

Votre équipe avait-elle mis sur pied un système de gestion flou pour détourner d’énormes sommes d’argent à la CMC?
Quand on parle de détournement, il faudrait déjà qu’il y ait de l’argent. Connaissant tout ce qui s’est passé avec la Socinada, on est quand même au Cameroun et on parle de quelques bricoles, de quelques millions de francs CFA qu’il fallait déjà percevoir.

Combien ?
Le problème c’est qu’au départ je ne suis pas d’accord qu’on parle de détournement. La fondation a été mise sur pied par moi personnellement. J’ai mis mes sous dans cette histoire, plusieurs dizaines de millions de Francs CFA que je n’ai jamais récupérés jusqu’aujourd’hui.

Pour quels postes budgétaires avez-vous dépensez au tant d’argent ?
J’ai acquis le matériel pour assoire la CMC. On ne compte pas mes déplacements. J’ai fait beaucoup de choses en tant que membres fondateurs de cette CMC, donc j’ai agit par rapport à moi personnellement d’abord. Je l’ai fait aussi en l’honneur du doyen Manu Dibango que j’ai ramené au Cameroun, Manu qui ne voulait d’ailleurs pas entendre parler du Cameroun.

Manu ne voulait pas gérer la CMC ?
Il m’a dit ‘’fiston, j’ai eu assez de merdes au Cameroun’’. J’ai eu du mal à le convaincre pour qu’il vienne nous donner un coup de main. Pour nous, on est tombé dans un guet-apens. On ne maîtrisait pas le réseau. C’est après qu’on a compris qu’une mafia avait décidé de faire main basse sur l’argent que génèrent les droits d’auteurs au Cameroun.

Comment s’est-il alors retrouvé à la tête d’une société qu’il ne voulait?
Au départ, C’est F. Oyono qui est venu nous chercher à Paris. Il est passé par moi pour que je leur amène Manu qui ne voulait même pas du Cameroun. Oyono ne l’intéresse même pas parce qu’il le connaît depuis des années. J’ai servi à ramener Manu au Cameroun parce que je savais qu’il y avait un problème de droits d’auteur à arranger absolument du fait que la Socinada était en liquidation. La commission de liquidation n’arrivait pas à boucler son travail. Il y avait une impasse et on est venu nous chercher à Paris où j’habite.

Le public camerounais sait que Manu Dibango qui vit en France percevait un salaire mirobolant au Cameroun. Vous confirmez?
Ca tombe bien! Quelques temps après, on se rend compte que l’équipe qui soi-disant a remplacé Manu a fait faire un faux bilan, des faux comptes pour diaboliser Manu et insulter son équipe d’où moi. Après le 16 avril 2005 (date de l’éviction de l’équipe Manu Dibango à la tête de la CMC ndlr) nous étions les 1ers à assigner cette équipe qui est arrivée et assigner le ministre de la culture en justice. Le juge s’est déclaré non compétent. On sait que le juge était sous pression. Le ministre d’Etat Oyono a fait de la pression pour que ce dossier soit muselé. Si on se reprochait quelque chose on n’allait  pas porter plainte. On sait comment ça se passe au Cameroun.

Vous n’avez pas répondu à ma préoccupation. Manu Dibango a-t-il pillé les caisses de la CMC?
Je suis désolé ! Manu c’est quand même une icône au Cameroun,  en Europe et partout dans le monde entier. Ce qui s’est passé c’est qu’au Cameroun, il y a une bande  qui a décidé de profaner même nos monuments et c’est pour ça qu’on ne s’étonne pas que telles intentions soient prêtées à Manu Dibango. Celui qui a écrit l’hymne nationale du Cameroun a-t-il été honoré ? Y a–t-il une rue au Cameroun qui porte son nom ? Il n’y a qu’au pays qu’on voit tout ça. C’est une bande qui a décidé de profaner la culture, c’est tout.

Je vous repose la question d’une autre façon. L’argent de la CMC a-t-il servi à Manu Dibango ?
J’ai lu les interviewes de celui qui est le PDG de la CMC aujourd’hui Sam Mbendé dans les journaux Nyanga et compagnies, où il déclarait que Manu Dibango qui a quitté le Cameroun est venu toucher la sécurité sociale à la CMC. Manu n’a jamais été payé à la CMC, il a toujours payé ses billets d’avion comme moi pour se rendre au Cameroun. On les voit, ils touchent des millions de francs CFA par mois, ils ont des avantages en nature qu’on ne compte pas et Manu qui est le doyen de la musique camerounaise se fait vilipender par ce qu’il a dit non à la spoliation des artistes, ce n’est pas compliqué.

Avez-vous présenté votre  bilan de gestion ?
Nous l’avons présenté et nous l’avons envoyé partout, même dans les instances internationales.

L’équipe de la CMC actuelle affirme le contraire
Ils ont tout confondu comme ils prennent les artistes pour des analphabètes. Malicieux qu’il est Sam Mbendé allait foutre tout le monde en taule. Les faux comptes de Manu Dibango. C’était fabriqué ! Ce n’est ni Jacky Toto, ni Manu Dibango qui géraient la CMC. Il y avait un DG, Monsieur Ndin Manga qui a été claire dans sa gestion. La preuve c’est qu’il est Cameroun. A-t-il fui ? S’il avait détourné, on sait où le trouver. Il est libre de tous ses mouvements. Nous avons assigné cette équipe et le juge s’est déclaré incompétent sous pression du ministère de la culture.

Vous perdez la tête de la CMC et vous attaquez les nouveaux dirigeants au tribunal. Pour quelle raison ?
Cette équipe a été imposée aux artistes et nous dénonçons la mascarade du 16 avril 2005 en invoquant la loi. Nous sommes la CMC légale et nous allons réhabiliter l’honneur de notre doyen Manu Dibango.

Note de la rédaction : L’équipe Manu Dibango a été évincée lors de l’Assemblée générale de la CMC le 16 Avril 2005. Sam Mbendé a hérité d’une boîte en pleine construction. Quel regard porte l’équipe déchue sur la maison qu’elle a fondée ? Sur le ministre Ferdinand Oyono ? Quelle est la place de la CPMC sur le paysage des droits d’auteurs au Cameroun ? La suite avec le président de l’ADMC dans nos prochaines éditions.

Camer.be : Interview réalisée par Hermann Oswald G’nowa

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Interview Jacky Toto Acte 1

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Interview Jacky Toto  Acte 1: «Le nom de Manu Dibango a été utilisé. Il est tombé dans un guet-apens»
Le producteur de Samy Diko revient sur la tentative d’humiliation du célèbre musicien Manu Dibango par les dinosaures du pourvoir non sans défendre le bilan de leur équipe.

Jacky heureux de vous retrouver à Bruxelles
Naturellement! La Belgique et surtout Bruxelles c’est ma seconde patrie en Europe. Quand je suis arrivé en France, j’habitais à deux pas, près de Roubaix. Je fréquentais au lycée Pasteur de Lille au début des années 80.

Que nous vaut votre visite à Bruxelles aujourd’hui?
J’ai ma belle famille ici. J’ai beaucoup d’amis aussi ici et j’aime bien passer les fêtes à Bruxelles. Je retrouve un climat que j’aime beaucoup et ça me change un peu.

Nous en profitons pour savoir ce que devient Jacky Toto sur le plan professionnel
J’ai toujours plusieurs cartes dans ma poche. Si vous voulez aborder l’aspect musical, j’ai un peu levé le pied. Mais, j’ai une maison de production, Jacky Toto Production, qui sera toujours là. J’ai opté pour le volet droits d’auteur et droits voisins annexes à la musique. Je pense que c’est une bonne option parce que nous devons sensibiliser les ayant droits, les musiciens sur ce volet de la chose. J’ai compris qu’en fermant l’œil sur ce côté-là on passe à côté de beaucoup de choses.

Droits d’auteur au Cameroun, parlons-en. Quelle est la situation de la gestion des droits d’auteurs dans votre pays d’origine ?
Je suis l’un des fondateurs de la CMC avec Manu Dibango. La CMC a été créée il y a quelques années au forceps parce que la situation n’était pas du tout paisible. On n’a pas travaillé dans la sérénité, mais on a quand même créé cette CMC. Au départ, ça c’est très bien passé. Le Cameroun étant ce qu’il est, il s’avère qu’il y a des gens qui étaient tapis dans l’ombre, des gens pas très contents de nous voir impliqué dans cette histoire là et du coup, on a monté tout ce qui s’est passé pour créer une ambiance assez délétère.

« Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris »

Dans quel contexte la CMC a-t-elle été créée précisément?
C’était dans un contexte préélectoral (en rapport avec les présidentielles du 11 octobre 2004 ndlr). Dès qu’au Cameroun on a su que Manu était arrivé pour la création de la nouvelle société des droits d’auteur des musiciens, on s’est rendu compte que son nom était cité dans tous les discours présidentiels lors de la campagne électorale. Le nom de Manu Dibango a été utilisé. On est tombé dans un guet-apens parce qu’on ne savait pas. Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris. Après les élections, avec tout ce qui s’est passé, les problèmes naissant de la CMC, il y a eu l’éviction de Manu.

Certains estiment que l’équipe Manu Dibango n’a rien fait à la CMC, d’où la disgrâce après 18 mois d’inertie. C’est vrai ?
Moi je pense qu’on ne peut pas parler de disgrâce car c’est ignorer les choses au niveau de la gestion d’une société comme la CMC que j’ai créée avec  Manu Dibango en tête. J’ai rédigé les statuts de la CMC. Je suis gestionnaire d’une société que j’ai mise sur pied et qui a pignon sur rue en France. Je sais de quoi je parle.
Quand on créé une société, il faut l’asseoir à la base. 18 mois c’est rien et en plus les conditions n’étaient pas réunies. On n’avait même pas de fonds de roulement. On a dû mettre la main dans nos poches pour assoir une société qui n’existait pas. Il fallait par exemple trouver une logistique qui est une lourde machine pour la direction générale, les agences provinciales. On s’est battu pour ces structures dans un premier temps. On savait que ça devait rouler calmement mais on nous a balancé les peaux de banane. Bref, on a passé 90% de notre temps à éviter les peaux de banane qui n’ont pas arrêté en amont comme en aval.

« On me fait un procès d’intention »

Aviez-vous des pressions gouvernementales ?
Non, je ne mélange pas le gouvernement comme on a tendance à le faire avec le ministère de culture. Personnellement je n’ai jamais eu de problème avec le gouvernement. J’ai eu un malentendu avec le ministère de la culture parce que j’ai réagi. J’ai dit ce que je pensais du ministre de la culture au Cameroun et je persiste et signe là-dessus compte tenu du fonctionnement de ce ministère avec Oyono Ferdinand à sa tête. Nous pouvons en parler si vous voulez.

Nous allons revenir sur ce volet plus loin. Vous avez mis sur pied une mauvaise fondation et la maison CMC est dès lors fragile selon certains observateurs.
Je pense que c’est trop facile de faire une telle déclaration. Ceux qui se sentent à l’aise autour d’un chantier sont ceux-là même qui ne mettent pas la main à la pâte, ceux qui ne se salissent pas les mains. Ils ont facile à critiquer dans leurs coins. Il faut aller au four.

Vos pourfendeurs disent que vous avez surfacturé la logistique de la CMC naissante notamment ses ordinateurs. Que leur répondez-vous?
Je pense que c’est un procès d’intention qui marche pour celui qui veut entretenir cela. Personnellement, j’ai donné un coup de main à la CMC. Je n’ai jamais été payé.

Combien d’ordinateurs avez-vous livré et quel était le prix de l’unité à la CMC ?
Il y a avait quatre, du matériel performant. Il y avait des logiciels, des accessoires avec.
 
Combien avez-vous investi dans l’achat des ordinateurs de la CMC ?
Je ne peux pas vous le dire parce que je n’ai pas les chiffres en tête. Je ne me rappelle donc pas. Je suis en vacances ; je ne peux pas vous dire précisément combien. J’ai mes factures. C’est bien marqué noir sur blanc dans les comptes que la CMC a publiés.

Comment se fait-il que vous ne soyez pas payé à ce jour si l’affaire était claire ?
Je ne faisais pas une affaire. Je donnais un coup de main à une maison que j’ai créée en attendant qu’elle devienne rentable afin que je récupère mon investissement.

Les factures n’ont-elles pas été bloquées pour des raisons de surfacturation et donc de détournement déguisée ?
Pas du tout. La preuve c’est que dans leurs états financiers publiés pour incriminer l’équipe Manu, les 02 factures que j’avais émises par rapport à la livraison de ce matériel ne souffrent de rien. La seule chose que le cabinet Bekolo me reproche c’est au niveau du libellé de la facturation. Clairement, ils disent qu’au niveau du papier à en-tête du fournisseur, la société qui m’appartient, certaines informations manquent.

Quelles sont les mentions qui n’apparaissent pas sur votre papier à en-tête ?
Ils disent que dans l’en-tête de mon entreprise il n’y avait pas mon numéro de TVA intercommunautaire. Quelque chose de ce goût-là. 

Il ne vous reproche pas une prise d’intérêt dans ce marché-là ?
Je vous dis que s’agissant de son libellé, l’état financier du cabinet Bekolo Partner ne me le reproche pas dans leurs conclusions.

Il ne s’agit donc pas d’une société fictive ?
Pas du tout! Ma société est légalement reconnue. Vous n’avez pas besoin de Jacky Toto pour savoir si je suis actionnaire ou gérant d’une société en Europe.  Vous rentrez dans le site de la chambre de commerce de Paris, vous tapez Toto et ça vous sort tout ce que j’ai comme intérêts ou actions dans x ou y société. Ce n’est pas compliqué.
Qu’allez-vous faire à présent de votre argent ?
Je vais m’en occuper et je sais comment. Pour moi ce n’est pas un problème.

Est-ce que c’est vrai ?
Entre nous, je ne suis pas à ça prêt. La preuve ? Je ne les ai pas encore assigné.

Donnez nous votre plan de bataille
Non, je vais m’occuper de ce recouvrement et je sais comment ça va se passer.

C’est pour bientôt ?
J’ai tout mon temps. Ca fait deux ans que je n’ai pas touché cet argent, mais j’ai tout mon temps.

« Manu ne voulait pas du Cameroun »

Votre équipe avait-elle mis sur pied un système de gestion flou pour détourner d’énormes sommes d’argent à la CMC?
Quand on parle de détournement, il faudrait déjà qu’il y ait de l’argent. Connaissant tout ce qui s’est passé avec la Socinada, on est quand même au Cameroun et on parle de quelques bricoles, de quelques millions de francs CFA qu’il fallait déjà percevoir.

Combien ?
Le problème c’est qu’au départ je ne suis pas d’accord qu’on parle de détournement. La fondation a été mise sur pied par moi personnellement. J’ai mis mes sous dans cette histoire, plusieurs dizaines de millions de Francs CFA que je n’ai jamais récupérés jusqu’aujourd’hui.

Pour quels postes budgétaires avez-vous dépensez au tant d’argent ?
J’ai acquis le matériel pour assoire la CMC. On ne compte pas mes déplacements. J’ai fait beaucoup de choses en tant que membres fondateurs de cette CMC, donc j’ai agit par rapport à moi personnellement d’abord. Je l’ai fait aussi en l’honneur du doyen Manu Dibango que j’ai ramené au Cameroun, Manu qui ne voulait d’ailleurs pas entendre parler du Cameroun.

Manu ne voulait pas gérer la CMC ?
Il m’a dit ‘’fiston, j’ai eu assez de merdes au Cameroun’’. J’ai eu du mal à le convaincre pour qu’il vienne nous donner un coup de main. Pour nous, on est tombé dans un guet-apens. On ne maîtrisait pas le réseau. C’est après qu’on a compris qu’une mafia avait décidé de faire main basse sur l’argent que génèrent les droits d’auteurs au Cameroun.

Comment s’est-il alors retrouvé à la tête d’une société qu’il ne voulait?
Au départ, C’est F. Oyono qui est venu nous chercher à Paris. Il est passé par moi pour que je leur amène Manu qui ne voulait même pas du Cameroun. Oyono ne l’intéresse même pas parce qu’il le connaît depuis des années. J’ai servi à ramener Manu au Cameroun parce que je savais qu’il y avait un problème de droits d’auteur à arranger absolument du fait que la Socinada était en liquidation. La commission de liquidation n’arrivait pas à boucler son travail. Il y avait une impasse et on est venu nous chercher à Paris où j’habite.

Le public camerounais sait que Manu Dibango qui vit en France percevait un salaire mirobolant au Cameroun. Vous confirmez?
Ca tombe bien! Quelques temps après, on se rend compte que l’équipe qui soi-disant a remplacé Manu a fait faire un faux bilan, des faux comptes pour diaboliser Manu et insulter son équipe d’où moi. Après le 16 avril 2005 (date de l’éviction de l’équipe Manu Dibango à la tête de la CMC ndlr) nous étions les 1ers à assigner cette équipe qui est arrivée et assigner le ministre de la culture en justice. Le juge s’est déclaré non compétent. On sait que le juge était sous pression. Le ministre d’Etat Oyono a fait de la pression pour que ce dossier soit muselé. Si on se reprochait quelque chose on n’allait  pas porter plainte. On sait comment ça se passe au Cameroun.

Vous n’avez pas répondu à ma préoccupation. Manu Dibango a-t-il pillé les caisses de la CMC?
Je suis désolé ! Manu c’est quand même une icône au Cameroun,  en Europe et partout dans le monde entier. Ce qui s’est passé c’est qu’au Cameroun, il y a une bande  qui a décidé de profaner même nos monuments et c’est pour ça qu’on ne s’étonne pas que telles intentions soient prêtées à Manu Dibango. Celui qui a écrit l’hymne nationale du Cameroun a-t-il été honoré ? Y a–t-il une rue au Cameroun qui porte son nom ? Il n’y a qu’au pays qu’on voit tout ça. C’est une bande qui a décidé de profaner la culture, c’est tout.

Je vous repose la question d’une autre façon. L’argent de la CMC a-t-il servi à Manu Dibango ?
J’ai lu les interviewes de celui qui est le PDG de la CMC aujourd’hui Sam Mbendé dans les journaux Nyanga et compagnies, où il déclarait que Manu Dibango qui a quitté le Cameroun est venu toucher la sécurité sociale à la CMC. Manu n’a jamais été payé à la CMC, il a toujours payé ses billets d’avion comme moi pour se rendre au Cameroun. On les voit, ils touchent des millions de francs CFA par mois, ils ont des avantages en nature qu’on ne compte pas et Manu qui est le doyen de la musique camerounaise se fait vilipender par ce qu’il a dit non à la spoliation des artistes, ce n’est pas compliqué.

Avez-vous présenté votre  bilan de gestion ?
Nous l’avons présenté et nous l’avons envoyé partout, même dans les instances internationales.

L’équipe de la CMC actuelle affirme le contraire
Ils ont tout confondu comme ils prennent les artistes pour des analphabètes. Malicieux qu’il est Sam Mbendé allait foutre tout le monde en taule. Les faux comptes de Manu Dibango. C’était fabriqué ! Ce n’est ni Jacky Toto, ni Manu Dibango qui géraient la CMC. Il y avait un DG, Monsieur Ndin Manga qui a été claire dans sa gestion. La preuve c’est qu’il est Cameroun. A-t-il fui ? S’il avait détourné, on sait où le trouver. Il est libre de tous ses mouvements. Nous avons assigné cette équipe et le juge s’est déclaré incompétent sous pression du ministère de la culture.

Vous perdez la tête de la CMC et vous attaquez les nouveaux dirigeants au tribunal. Pour quelle raison ?
Cette équipe a été imposée aux artistes et nous dénonçons la mascarade du 16 avril 2005 en invoquant la loi. Nous sommes la CMC légale et nous allons réhabiliter l’honneur de notre doyen Manu Dibango.

Note de la rédaction : L’équipe Manu Dibango a été évincée lors de l’Assemblée générale de la CMC le 16 Avril 2005. Sam Mbendé a hérité d’une boîte en pleine construction. Quel regard porte l’équipe déchue sur la maison qu’elle a fondée ? Sur le ministre Ferdinand Oyono ? Quelle est la place de la CPMC sur le paysage des droits d’auteurs au Cameroun ? La suite avec le président de l’ADMC dans nos prochaines éditions.

Camer.be : Interview réalisée par Hermann Oswald G’nowa

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Non classé

Interview Jacky Toto Acte 1

camer.be:cameroun

Interview Jacky Toto  Acte 1: «Le nom de Manu Dibango a été utilisé. Il est tombé dans un guet-apens»
Le producteur de Samy Diko revient sur la tentative d’humiliation du célèbre musicien Manu Dibango par les dinosaures du pourvoir non sans défendre le bilan de leur équipe.

Jacky heureux de vous retrouver à Bruxelles
Naturellement! La Belgique et surtout Bruxelles c’est ma seconde patrie en Europe. Quand je suis arrivé en France, j’habitais à deux pas, près de Roubaix. Je fréquentais au lycée Pasteur de Lille au début des années 80.

Que nous vaut votre visite à Bruxelles aujourd’hui?
J’ai ma belle famille ici. J’ai beaucoup d’amis aussi ici et j’aime bien passer les fêtes à Bruxelles. Je retrouve un climat que j’aime beaucoup et ça me change un peu.

Nous en profitons pour savoir ce que devient Jacky Toto sur le plan professionnel
J’ai toujours plusieurs cartes dans ma poche. Si vous voulez aborder l’aspect musical, j’ai un peu levé le pied. Mais, j’ai une maison de production, Jacky Toto Production, qui sera toujours là. J’ai opté pour le volet droits d’auteur et droits voisins annexes à la musique. Je pense que c’est une bonne option parce que nous devons sensibiliser les ayant droits, les musiciens sur ce volet de la chose. J’ai compris qu’en fermant l’œil sur ce côté-là on passe à côté de beaucoup de choses.

Droits d’auteur au Cameroun, parlons-en. Quelle est la situation de la gestion des droits d’auteurs dans votre pays d’origine ?
Je suis l’un des fondateurs de la CMC avec Manu Dibango. La CMC a été créée il y a quelques années au forceps parce que la situation n’était pas du tout paisible. On n’a pas travaillé dans la sérénité, mais on a quand même créé cette CMC. Au départ, ça c’est très bien passé. Le Cameroun étant ce qu’il est, il s’avère qu’il y a des gens qui étaient tapis dans l’ombre, des gens pas très contents de nous voir impliqué dans cette histoire là et du coup, on a monté tout ce qui s’est passé pour créer une ambiance assez délétère.

« Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris »

Dans quel contexte la CMC a-t-elle été créée précisément?
C’était dans un contexte préélectoral (en rapport avec les présidentielles du 11 octobre 2004 ndlr). Dès qu’au Cameroun on a su que Manu était arrivé pour la création de la nouvelle société des droits d’auteur des musiciens, on s’est rendu compte que son nom était cité dans tous les discours présidentiels lors de la campagne électorale. Le nom de Manu Dibango a été utilisé. On est tombé dans un guet-apens parce qu’on ne savait pas. Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris. Après les élections, avec tout ce qui s’est passé, les problèmes naissant de la CMC, il y a eu l’éviction de Manu.

Certains estiment que l’équipe Manu Dibango n’a rien fait à la CMC, d’où la disgrâce après 18 mois d’inertie. C’est vrai ?
Moi je pense qu’on ne peut pas parler de disgrâce car c’est ignorer les choses au niveau de la gestion d’une société comme la CMC que j’ai créée avec  Manu Dibango en tête. J’ai rédigé les statuts de la CMC. Je suis gestionnaire d’une société que j’ai mise sur pied et qui a pignon sur rue en France. Je sais de quoi je parle.
Quand on créé une société, il faut l’asseoir à la base. 18 mois c’est rien et en plus les conditions n’étaient pas réunies. On n’avait même pas de fonds de roulement. On a dû mettre la main dans nos poches pour assoir une société qui n’existait pas. Il fallait par exemple trouver une logistique qui est une lourde machine pour la direction générale, les agences provinciales. On s’est battu pour ces structures dans un premier temps. On savait que ça devait rouler calmement mais on nous a balancé les peaux de banane. Bref, on a passé 90% de notre temps à éviter les peaux de banane qui n’ont pas arrêté en amont comme en aval.

« On me fait un procès d’intention »

Aviez-vous des pressions gouvernementales ?
Non, je ne mélange pas le gouvernement comme on a tendance à le faire avec le ministère de culture. Personnellement je n’ai jamais eu de problème avec le gouvernement. J’ai eu un malentendu avec le ministère de la culture parce que j’ai réagi. J’ai dit ce que je pensais du ministre de la culture au Cameroun et je persiste et signe là-dessus compte tenu du fonctionnement de ce ministère avec Oyono Ferdinand à sa tête. Nous pouvons en parler si vous voulez.

Nous allons revenir sur ce volet plus loin. Vous avez mis sur pied une mauvaise fondation et la maison CMC est dès lors fragile selon certains observateurs.
Je pense que c’est trop facile de faire une telle déclaration. Ceux qui se sentent à l’aise autour d’un chantier sont ceux-là même qui ne mettent pas la main à la pâte, ceux qui ne se salissent pas les mains. Ils ont facile à critiquer dans leurs coins. Il faut aller au four.

Vos pourfendeurs disent que vous avez surfacturé la logistique de la CMC naissante notamment ses ordinateurs. Que leur répondez-vous?
Je pense que c’est un procès d’intention qui marche pour celui qui veut entretenir cela. Personnellement, j’ai donné un coup de main à la CMC. Je n’ai jamais été payé.

Combien d’ordinateurs avez-vous livré et quel était le prix de l’unité à la CMC ?
Il y a avait quatre, du matériel performant. Il y avait des logiciels, des accessoires avec.
 
Combien avez-vous investi dans l’achat des ordinateurs de la CMC ?
Je ne peux pas vous le dire parce que je n’ai pas les chiffres en tête. Je ne me rappelle donc pas. Je suis en vacances ; je ne peux pas vous dire précisément combien. J’ai mes factures. C’est bien marqué noir sur blanc dans les comptes que la CMC a publiés.

Comment se fait-il que vous ne soyez pas payé à ce jour si l’affaire était claire ?
Je ne faisais pas une affaire. Je donnais un coup de main à une maison que j’ai créée en attendant qu’elle devienne rentable afin que je récupère mon investissement.

Les factures n’ont-elles pas été bloquées pour des raisons de surfacturation et donc de détournement déguisée ?
Pas du tout. La preuve c’est que dans leurs états financiers publiés pour incriminer l’équipe Manu, les 02 factures que j’avais émises par rapport à la livraison de ce matériel ne souffrent de rien. La seule chose que le cabinet Bekolo me reproche c’est au niveau du libellé de la facturation. Clairement, ils disent qu’au niveau du papier à en-tête du fournisseur, la société qui m’appartient, certaines informations manquent.

Quelles sont les mentions qui n’apparaissent pas sur votre papier à en-tête ?
Ils disent que dans l’en-tête de mon entreprise il n’y avait pas mon numéro de TVA intercommunautaire. Quelque chose de ce goût-là. 

Il ne vous reproche pas une prise d’intérêt dans ce marché-là ?
Je vous dis que s’agissant de son libellé, l’état financier du cabinet Bekolo Partner ne me le reproche pas dans leurs conclusions.

Il ne s’agit donc pas d’une société fictive ?
Pas du tout! Ma société est légalement reconnue. Vous n’avez pas besoin de Jacky Toto pour savoir si je suis actionnaire ou gérant d’une société en Europe.  Vous rentrez dans le site de la chambre de commerce de Paris, vous tapez Toto et ça vous sort tout ce que j’ai comme intérêts ou actions dans x ou y société. Ce n’est pas compliqué.
Qu’allez-vous faire à présent de votre argent ?
Je vais m’en occuper et je sais comment. Pour moi ce n’est pas un problème.

Est-ce que c’est vrai ?
Entre nous, je ne suis pas à ça prêt. La preuve ? Je ne les ai pas encore assigné.

Donnez nous votre plan de bataille
Non, je vais m’occuper de ce recouvrement et je sais comment ça va se passer.

C’est pour bientôt ?
J’ai tout mon temps. Ca fait deux ans que je n’ai pas touché cet argent, mais j’ai tout mon temps.

« Manu ne voulait pas du Cameroun »

Votre équipe avait-elle mis sur pied un système de gestion flou pour détourner d’énormes sommes d’argent à la CMC?
Quand on parle de détournement, il faudrait déjà qu’il y ait de l’argent. Connaissant tout ce qui s’est passé avec la Socinada, on est quand même au Cameroun et on parle de quelques bricoles, de quelques millions de francs CFA qu’il fallait déjà percevoir.

Combien ?
Le problème c’est qu’au départ je ne suis pas d’accord qu’on parle de détournement. La fondation a été mise sur pied par moi personnellement. J’ai mis mes sous dans cette histoire, plusieurs dizaines de millions de Francs CFA que je n’ai jamais récupérés jusqu’aujourd’hui.

Pour quels postes budgétaires avez-vous dépensez au tant d’argent ?
J’ai acquis le matériel pour assoire la CMC. On ne compte pas mes déplacements. J’ai fait beaucoup de choses en tant que membres fondateurs de cette CMC, donc j’ai agit par rapport à moi personnellement d’abord. Je l’ai fait aussi en l’honneur du doyen Manu Dibango que j’ai ramené au Cameroun, Manu qui ne voulait d’ailleurs pas entendre parler du Cameroun.

Manu ne voulait pas gérer la CMC ?
Il m’a dit ‘’fiston, j’ai eu assez de merdes au Cameroun’’. J’ai eu du mal à le convaincre pour qu’il vienne nous donner un coup de main. Pour nous, on est tombé dans un guet-apens. On ne maîtrisait pas le réseau. C’est après qu’on a compris qu’une mafia avait décidé de faire main basse sur l’argent que génèrent les droits d’auteurs au Cameroun.

Comment s’est-il alors retrouvé à la tête d’une société qu’il ne voulait?
Au départ, C’est F. Oyono qui est venu nous chercher à Paris. Il est passé par moi pour que je leur amène Manu qui ne voulait même pas du Cameroun. Oyono ne l’intéresse même pas parce qu’il le connaît depuis des années. J’ai servi à ramener Manu au Cameroun parce que je savais qu’il y avait un problème de droits d’auteur à arranger absolument du fait que la Socinada était en liquidation. La commission de liquidation n’arrivait pas à boucler son travail. Il y avait une impasse et on est venu nous chercher à Paris où j’habite.

Le public camerounais sait que Manu Dibango qui vit en France percevait un salaire mirobolant au Cameroun. Vous confirmez?
Ca tombe bien! Quelques temps après, on se rend compte que l’équipe qui soi-disant a remplacé Manu a fait faire un faux bilan, des faux comptes pour diaboliser Manu et insulter son équipe d’où moi. Après le 16 avril 2005 (date de l’éviction de l’équipe Manu Dibango à la tête de la CMC ndlr) nous étions les 1ers à assigner cette équipe qui est arrivée et assigner le ministre de la culture en justice. Le juge s’est déclaré non compétent. On sait que le juge était sous pression. Le ministre d’Etat Oyono a fait de la pression pour que ce dossier soit muselé. Si on se reprochait quelque chose on n’allait  pas porter plainte. On sait comment ça se passe au Cameroun.

Vous n’avez pas répondu à ma préoccupation. Manu Dibango a-t-il pillé les caisses de la CMC?
Je suis désolé ! Manu c’est quand même une icône au Cameroun,  en Europe et partout dans le monde entier. Ce qui s’est passé c’est qu’au Cameroun, il y a une bande  qui a décidé de profaner même nos monuments et c’est pour ça qu’on ne s’étonne pas que telles intentions soient prêtées à Manu Dibango. Celui qui a écrit l’hymne nationale du Cameroun a-t-il été honoré ? Y a–t-il une rue au Cameroun qui porte son nom ? Il n’y a qu’au pays qu’on voit tout ça. C’est une bande qui a décidé de profaner la culture, c’est tout.

Je vous repose la question d’une autre façon. L’argent de la CMC a-t-il servi à Manu Dibango ?
J’ai lu les interviewes de celui qui est le PDG de la CMC aujourd’hui Sam Mbendé dans les journaux Nyanga et compagnies, où il déclarait que Manu Dibango qui a quitté le Cameroun est venu toucher la sécurité sociale à la CMC. Manu n’a jamais été payé à la CMC, il a toujours payé ses billets d’avion comme moi pour se rendre au Cameroun. On les voit, ils touchent des millions de francs CFA par mois, ils ont des avantages en nature qu’on ne compte pas et Manu qui est le doyen de la musique camerounaise se fait vilipender par ce qu’il a dit non à la spoliation des artistes, ce n’est pas compliqué.

Avez-vous présenté votre  bilan de gestion ?
Nous l’avons présenté et nous l’avons envoyé partout, même dans les instances internationales.

L’équipe de la CMC actuelle affirme le contraire
Ils ont tout confondu comme ils prennent les artistes pour des analphabètes. Malicieux qu’il est Sam Mbendé allait foutre tout le monde en taule. Les faux comptes de Manu Dibango. C’était fabriqué ! Ce n’est ni Jacky Toto, ni Manu Dibango qui géraient la CMC. Il y avait un DG, Monsieur Ndin Manga qui a été claire dans sa gestion. La preuve c’est qu’il est Cameroun. A-t-il fui ? S’il avait détourné, on sait où le trouver. Il est libre de tous ses mouvements. Nous avons assigné cette équipe et le juge s’est déclaré incompétent sous pression du ministère de la culture.

Vous perdez la tête de la CMC et vous attaquez les nouveaux dirigeants au tribunal. Pour quelle raison ?
Cette équipe a été imposée aux artistes et nous dénonçons la mascarade du 16 avril 2005 en invoquant la loi. Nous sommes la CMC légale et nous allons réhabiliter l’honneur de notre doyen Manu Dibango.

Note de la rédaction : L’équipe Manu Dibango a été évincée lors de l’Assemblée générale de la CMC le 16 Avril 2005. Sam Mbendé a hérité d’une boîte en pleine construction. Quel regard porte l’équipe déchue sur la maison qu’elle a fondée ? Sur le ministre Ferdinand Oyono ? Quelle est la place de la CPMC sur le paysage des droits d’auteurs au Cameroun ? La suite avec le président de l’ADMC dans nos prochaines éditions.

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Interview Jacky Toto Acte 1

camer.be:cameroun

Interview Jacky Toto  Acte 1: «Le nom de Manu Dibango a été utilisé. Il est tombé dans un guet-apens»
Le producteur de Samy Diko revient sur la tentative d’humiliation du célèbre musicien Manu Dibango par les dinosaures du pourvoir non sans défendre le bilan de leur équipe.

Jacky heureux de vous retrouver à Bruxelles
Naturellement! La Belgique et surtout Bruxelles c’est ma seconde patrie en Europe. Quand je suis arrivé en France, j’habitais à deux pas, près de Roubaix. Je fréquentais au lycée Pasteur de Lille au début des années 80.

Que nous vaut votre visite à Bruxelles aujourd’hui?
J’ai ma belle famille ici. J’ai beaucoup d’amis aussi ici et j’aime bien passer les fêtes à Bruxelles. Je retrouve un climat que j’aime beaucoup et ça me change un peu.

Nous en profitons pour savoir ce que devient Jacky Toto sur le plan professionnel
J’ai toujours plusieurs cartes dans ma poche. Si vous voulez aborder l’aspect musical, j’ai un peu levé le pied. Mais, j’ai une maison de production, Jacky Toto Production, qui sera toujours là. J’ai opté pour le volet droits d’auteur et droits voisins annexes à la musique. Je pense que c’est une bonne option parce que nous devons sensibiliser les ayant droits, les musiciens sur ce volet de la chose. J’ai compris qu’en fermant l’œil sur ce côté-là on passe à côté de beaucoup de choses.

Droits d’auteur au Cameroun, parlons-en. Quelle est la situation de la gestion des droits d’auteurs dans votre pays d’origine ?
Je suis l’un des fondateurs de la CMC avec Manu Dibango. La CMC a été créée il y a quelques années au forceps parce que la situation n’était pas du tout paisible. On n’a pas travaillé dans la sérénité, mais on a quand même créé cette CMC. Au départ, ça c’est très bien passé. Le Cameroun étant ce qu’il est, il s’avère qu’il y a des gens qui étaient tapis dans l’ombre, des gens pas très contents de nous voir impliqué dans cette histoire là et du coup, on a monté tout ce qui s’est passé pour créer une ambiance assez délétère.

« Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris »

Dans quel contexte la CMC a-t-elle été créée précisément?
C’était dans un contexte préélectoral (en rapport avec les présidentielles du 11 octobre 2004 ndlr). Dès qu’au Cameroun on a su que Manu était arrivé pour la création de la nouvelle société des droits d’auteur des musiciens, on s’est rendu compte que son nom était cité dans tous les discours présidentiels lors de la campagne électorale. Le nom de Manu Dibango a été utilisé. On est tombé dans un guet-apens parce qu’on ne savait pas. Ferdinand Oyono sait pourquoi il est venu chercher Manu à Paris. Après les élections, avec tout ce qui s’est passé, les problèmes naissant de la CMC, il y a eu l’éviction de Manu.

Certains estiment que l’équipe Manu Dibango n’a rien fait à la CMC, d’où la disgrâce après 18 mois d’inertie. C’est vrai ?
Moi je pense qu’on ne peut pas parler de disgrâce car c’est ignorer les choses au niveau de la gestion d’une société comme la CMC que j’ai créée avec  Manu Dibango en tête. J’ai rédigé les statuts de la CMC. Je suis gestionnaire d’une société que j’ai mise sur pied et qui a pignon sur rue en France. Je sais de quoi je parle.
Quand on créé une société, il faut l’asseoir à la base. 18 mois c’est rien et en plus les conditions n’étaient pas réunies. On n’avait même pas de fonds de roulement. On a dû mettre la main dans nos poches pour assoir une société qui n’existait pas. Il fallait par exemple trouver une logistique qui est une lourde machine pour la direction générale, les agences provinciales. On s’est battu pour ces structures dans un premier temps. On savait que ça devait rouler calmement mais on nous a balancé les peaux de banane. Bref, on a passé 90% de notre temps à éviter les peaux de banane qui n’ont pas arrêté en amont comme en aval.

« On me fait un procès d’intention »

Aviez-vous des pressions gouvernementales ?
Non, je ne mélange pas le gouvernement comme on a tendance à le faire avec le ministère de culture. Personnellement je n’ai jamais eu de problème avec le gouvernement. J’ai eu un malentendu avec le ministère de la culture parce que j’ai réagi. J’ai dit ce que je pensais du ministre de la culture au Cameroun et je persiste et signe là-dessus compte tenu du fonctionnement de ce ministère avec Oyono Ferdinand à sa tête. Nous pouvons en parler si vous voulez.

Nous allons revenir sur ce volet plus loin. Vous avez mis sur pied une mauvaise fondation et la maison CMC est dès lors fragile selon certains observateurs.
Je pense que c’est trop facile de faire une telle déclaration. Ceux qui se sentent à l’aise autour d’un chantier sont ceux-là même qui ne mettent pas la main à la pâte, ceux qui ne se salissent pas les mains. Ils ont facile à critiquer dans leurs coins. Il faut aller au four.

Vos pourfendeurs disent que vous avez surfacturé la logistique de la CMC naissante notamment ses ordinateurs. Que leur répondez-vous?
Je pense que c’est un procès d’intention qui marche pour celui qui veut entretenir cela. Personnellement, j’ai donné un coup de main à la CMC. Je n’ai jamais été payé.

Combien d’ordinateurs avez-vous livré et quel était le prix de l’unité à la CMC ?
Il y a avait quatre, du matériel performant. Il y avait des logiciels, des accessoires avec.
 
Combien avez-vous investi dans l’achat des ordinateurs de la CMC ?
Je ne peux pas vous le dire parce que je n’ai pas les chiffres en tête. Je ne me rappelle donc pas. Je suis en vacances ; je ne peux pas vous dire précisément combien. J’ai mes factures. C’est bien marqué noir sur blanc dans les comptes que la CMC a publiés.

Comment se fait-il que vous ne soyez pas payé à ce jour si l’affaire était claire ?
Je ne faisais pas une affaire. Je donnais un coup de main à une maison que j’ai créée en attendant qu’elle devienne rentable afin que je récupère mon investissement.

Les factures n’ont-elles pas été bloquées pour des raisons de surfacturation et donc de détournement déguisée ?
Pas du tout. La preuve c’est que dans leurs états financiers publiés pour incriminer l’équipe Manu, les 02 factures que j’avais émises par rapport à la livraison de ce matériel ne souffrent de rien. La seule chose que le cabinet Bekolo me reproche c’est au niveau du libellé de la facturation. Clairement, ils disent qu’au niveau du papier à en-tête du fournisseur, la société qui m’appartient, certaines informations manquent.

Quelles sont les mentions qui n’apparaissent pas sur votre papier à en-tête ?
Ils disent que dans l’en-tête de mon entreprise il n’y avait pas mon numéro de TVA intercommunautaire. Quelque chose de ce goût-là. 

Il ne vous reproche pas une prise d’intérêt dans ce marché-là ?
Je vous dis que s’agissant de son libellé, l’état financier du cabinet Bekolo Partner ne me le reproche pas dans leurs conclusions.

Il ne s’agit donc pas d’une société fictive ?
Pas du tout! Ma société est légalement reconnue. Vous n’avez pas besoin de Jacky Toto pour savoir si je suis actionnaire ou gérant d’une société en Europe.  Vous rentrez dans le site de la chambre de commerce de Paris, vous tapez Toto et ça vous sort tout ce que j’ai comme intérêts ou actions dans x ou y société. Ce n’est pas compliqué.
Qu’allez-vous faire à présent de votre argent ?
Je vais m’en occuper et je sais comment. Pour moi ce n’est pas un problème.

Est-ce que c’est vrai ?
Entre nous, je ne suis pas à ça prêt. La preuve ? Je ne les ai pas encore assigné.

Donnez nous votre plan de bataille
Non, je vais m’occuper de ce recouvrement et je sais comment ça va se passer.

C’est pour bientôt ?
J’ai tout mon temps. Ca fait deux ans que je n’ai pas touché cet argent, mais j’ai tout mon temps.

« Manu ne voulait pas du Cameroun »

Votre équipe avait-elle mis sur pied un système de gestion flou pour détourner d’énormes sommes d’argent à la CMC?
Quand on parle de détournement, il faudrait déjà qu’il y ait de l’argent. Connaissant tout ce qui s’est passé avec la Socinada, on est quand même au Cameroun et on parle de quelques bricoles, de quelques millions de francs CFA qu’il fallait déjà percevoir.

Combien ?
Le problème c’est qu’au départ je ne suis pas d’accord qu’on parle de détournement. La fondation a été mise sur pied par moi personnellement. J’ai mis mes sous dans cette histoire, plusieurs dizaines de millions de Francs CFA que je n’ai jamais récupérés jusqu’aujourd’hui.

Pour quels postes budgétaires avez-vous dépensez au tant d’argent ?
J’ai acquis le matériel pour assoire la CMC. On ne compte pas mes déplacements. J’ai fait beaucoup de choses en tant que membres fondateurs de cette CMC, donc j’ai agit par rapport à moi personnellement d’abord. Je l’ai fait aussi en l’honneur du doyen Manu Dibango que j’ai ramené au Cameroun, Manu qui ne voulait d’ailleurs pas entendre parler du Cameroun.

Manu ne voulait pas gérer la CMC ?
Il m’a dit ‘’fiston, j’ai eu assez de merdes au Cameroun’’. J’ai eu du mal à le convaincre pour qu’il vienne nous donner un coup de main. Pour nous, on est tombé dans un guet-apens. On ne maîtrisait pas le réseau. C’est après qu’on a compris qu’une mafia avait décidé de faire main basse sur l’argent que génèrent les droits d’auteurs au Cameroun.

Comment s’est-il alors retrouvé à la tête d’une société qu’il ne voulait?
Au départ, C’est F. Oyono qui est venu nous chercher à Paris. Il est passé par moi pour que je leur amène Manu qui ne voulait même pas du Cameroun. Oyono ne l’intéresse même pas parce qu’il le connaît depuis des années. J’ai servi à ramener Manu au Cameroun parce que je savais qu’il y avait un problème de droits d’auteur à arranger absolument du fait que la Socinada était en liquidation. La commission de liquidation n’arrivait pas à boucler son travail. Il y avait une impasse et on est venu nous chercher à Paris où j’habite.

Le public camerounais sait que Manu Dibango qui vit en France percevait un salaire mirobolant au Cameroun. Vous confirmez?
Ca tombe bien! Quelques temps après, on se rend compte que l’équipe qui soi-disant a remplacé Manu a fait faire un faux bilan, des faux comptes pour diaboliser Manu et insulter son équipe d’où moi. Après le 16 avril 2005 (date de l’éviction de l’équipe Manu Dibango à la tête de la CMC ndlr) nous étions les 1ers à assigner cette équipe qui est arrivée et assigner le ministre de la culture en justice. Le juge s’est déclaré non compétent. On sait que le juge était sous pression. Le ministre d’Etat Oyono a fait de la pression pour que ce dossier soit muselé. Si on se reprochait quelque chose on n’allait  pas porter plainte. On sait comment ça se passe au Cameroun.

Vous n’avez pas répondu à ma préoccupation. Manu Dibango a-t-il pillé les caisses de la CMC?
Je suis désolé ! Manu c’est quand même une icône au Cameroun,  en Europe et partout dans le monde entier. Ce qui s’est passé c’est qu’au Cameroun, il y a une bande  qui a décidé de profaner même nos monuments et c’est pour ça qu’on ne s’étonne pas que telles intentions soient prêtées à Manu Dibango. Celui qui a écrit l’hymne nationale du Cameroun a-t-il été honoré ? Y a–t-il une rue au Cameroun qui porte son nom ? Il n’y a qu’au pays qu’on voit tout ça. C’est une bande qui a décidé de profaner la culture, c’est tout.

Je vous repose la question d’une autre façon. L’argent de la CMC a-t-il servi à Manu Dibango ?
J’ai lu les interviewes de celui qui est le PDG de la CMC aujourd’hui Sam Mbendé dans les journaux Nyanga et compagnies, où il déclarait que Manu Dibango qui a quitté le Cameroun est venu toucher la sécurité sociale à la CMC. Manu n’a jamais été payé à la CMC, il a toujours payé ses billets d’avion comme moi pour se rendre au Cameroun. On les voit, ils touchent des millions de francs CFA par mois, ils ont des avantages en nature qu’on ne compte pas et Manu qui est le doyen de la musique camerounaise se fait vilipender par ce qu’il a dit non à la spoliation des artistes, ce n’est pas compliqué.

Avez-vous présenté votre  bilan de gestion ?
Nous l’avons présenté et nous l’avons envoyé partout, même dans les instances internationales.

L’équipe de la CMC actuelle affirme le contraire
Ils ont tout confondu comme ils prennent les artistes pour des analphabètes. Malicieux qu’il est Sam Mbendé allait foutre tout le monde en taule. Les faux comptes de Manu Dibango. C’était fabriqué ! Ce n’est ni Jacky Toto, ni Manu Dibango qui géraient la CMC. Il y avait un DG, Monsieur Ndin Manga qui a été claire dans sa gestion. La preuve c’est qu’il est Cameroun. A-t-il fui ? S’il avait détourné, on sait où le trouver. Il est libre de tous ses mouvements. Nous avons assigné cette équipe et le juge s’est déclaré incompétent sous pression du ministère de la culture.

Vous perdez la tête de la CMC et vous attaquez les nouveaux dirigeants au tribunal. Pour quelle raison ?
Cette équipe a été imposée aux artistes et nous dénonçons la mascarade du 16 avril 2005 en invoquant la loi. Nous sommes la CMC légale et nous allons réhabiliter l’honneur de notre doyen Manu Dibango.

Note de la rédaction : L’équipe Manu Dibango a été évincée lors de l’Assemblée générale de la CMC le 16 Avril 2005. Sam Mbendé a hérité d’une boîte en pleine construction. Quel regard porte l’équipe déchue sur la maison qu’elle a fondée ? Sur le ministre Ferdinand Oyono ? Quelle est la place de la CPMC sur le paysage des droits d’auteurs au Cameroun ? La suite avec le président de l’ADMC dans nos prochaines éditions.

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