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Peinture : Doualla Manfred dans l’étau de la tradition

L’artiste plasticien revisite les valeurs sociales de l’Afrique sur 23 toiles élaborées à l’aide de matériaux du terroir. –

Pour sa première exposition en solo, Doualla Manfred n’a pas choisi un décor anodin. Le cadre du palais Dika à Akwa se prête visiblement au style traditionnel de l’artiste. Les tableaux rectangulaires de Doualla Manfred épousent admirablement l’univers de chasse-mouches et de lampes tempêtes du siège social du Ngondo. Sous son pinceau, le jeune peintre milite en effet pour un retour aux sources. Son doigté dessine la femme africaine, la nature, le monde tout court. Celui qui perd ses repères. Ici, l’individualisme prend le pas sur les valeurs sociales, tandis que l’égoïsme supplante la solidarité. "Soir au village" rappelle bien l’ambiance qui prévalait dans la société d’antan, du temps de nos pères. La fresque simule l’ambiance fraternelle autour du feu, faite essentiellement de contes et de musiques. Pour recréer le décor de l’Afrique profonde, le peintre use de matériaux singuliers. Bambous de chine, calebasses, peaux de bêtes, cauris, bois d’ébène, argile, charbon…, se fondent ainsi dans la peinture semi figurative de Doualla Manfred.

Le choix des couleurs concourt également à présenter l’africanité de ce digne fils Sawa. Des couleurs ternes, pour la plupart. Du noir, du gris, du marron. Souvent des tons dégradés. Le bleu ciel est récurrent. Surtout dans "Jengu", une toile représentant la "reine de l’eau", qui semble veiller sur un village. Une reconnaissance de l’omniprésence des esprits de l’eau dans la vie du peuple Sawa. Au-delà des valeurs religieuses, la peinture de Doualla Manfred revisite le fondement de la famille. "Portrait familial", par exemple, reflète pour ainsi dire le lien invisible qui unit les membres d’une famille. L’artiste présente aussi sa vision de l’évolution du monde, aussi bien sur l’aspect matériel qu’humain. L’éruption volcanique, la fécondation, la traite négrière, etc., sont autant de sujets que le plasticien aborde à coups de pinceaux. Son message sur l’Afrique anti conformiste, Doualla Manfred le porte depuis quatre ans. C’est en effet en 2004 que ce trentenaire se familiarise à l’odeur de l’acrylique. Aux côtés de ses aînés, notamment les "frères Dipoko’s", Manfred apprend à composer les couleurs, entre autres pré-requis de la peinture classique. Mais depuis, le jeune artiste a trouvé son style. Ce dernier est exposé au palais Dika depuis le 12 août dernier. L’exposition prend fin le 23 août prochain. D’ici là, l’auteur des toiles se prête volontiers aux questions des visiteurs et des éventuels acheteurs.

Monique Ngo Mayag

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