Yaoundé : Le gospel en spectacle
Six groupes étaient à l’affiche pour une première dimanche dernier dans le cadre du Gospel Jam. –
Le cabaret Mi-sahel situé à Elig-essono à Yaoundé a fait le plein, dimanche 30 août 2009. Au début, les spectateurs venus nombreux ont du faire le pied de grue devant la salle, le temps que les organisateurs effectuent des derniers réglages. Les habitués en ont profité pour faire la propagande du Gospel Jam aux nouveaux. "Tu ne peux pas rentrer avant la fin du spectacle. Le Gospel Jam est captivant", promet une jeune fille à sa camarade qui comptait s’éclipser après la première partie du concert. Plus loin, certains affichaient un air mécontent. Pour eux, l’attente était trop longue alors qu’ils souhaitaient que le spectacle commence au plus vite. "Ils vont me rembourser", menaçait un jeune homme, en galante compagnie. Protestations qu’ils ont oublié dés la présentation des différents groupes.
Le public a été immédiatement émerveillé par la beauté des tenues des choristes. Et lorsque les solistes ont élevé leurs voix, le public sous le charme, ne quittait plus la scène du regard. Les yeux rivés sur le podium, les bras levés vers le ciel, les spectateurs ont repris en chœur les refrains des chorales: "vainqueur, toujours vainqueur en Jésus", ou "Jésus est sur le trône et parce qu’il est sur le trône, tout va bien". Le tout dans une atmosphère bon enfant qui a même fait fondre en larmes certains. Pour leur part, les choristes ont présenté au public leur répertoire de chants qu’ils ont exécuté avec passion et d’énergie. Les spectateurs n’avaient plus que leurs mains pour ovationner les artistes à l’annonce de leurs noms (Mary mandi, Dick L’ephphata, Price, Kannae zamba, The same j et Fa#).
Les groupes ont interprété les musiques en anglais et surtout en langues vernaculaires. Ainsi, le célèbre titre "Happy day" a été transformé en genre bikutsi. La salle était en ébullition, le public a dansé tout en fredonnant "Amen, oui c’est vrai" Ils ont également loué l’éternel avec des rythmes, embas bey, benskin. Les jeunes talents ont montré qu’ils peuvent s’imprégner de la culture des autres sans en perdre la leur. Ce dimanche 30 août était également l’anniversaire du créateur du concept gospel camerounais, communément appelé Papi Bass. Odile Ngaska, Pca de la Socam coupera même le gâteau!
Ce concert est le quatrième du genre en un an. Les membres du Gospel Jam multiplient les concerts car le public en redemande. Son président fondateur, Serge Tchuembo, a voulu que le gospel camerounais sorte de l’ombre et invité les jeunes de toutes les obédiences religieuses à mettre leur talent au service du Très haut, "car Il est au centre de toute chose". Si le billet d’accès n’a coûté que 2.000 Fcfa, il n’est pas exclu qu’au vu de l’affluence les concerts les prix grimpent prochainement. "Il faudra être riche pour y avoir accès. Car le billet se vendra à 1.000 dollars", a même renchérit l’évêque Christian Raymond Nguw avant de procéder à la prière de clôture.
Nadine Guepi Kenfack (Stagiaire)

